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Evénements sanglants en France

Evénements sanglants en France: La Tunisie endeuillée

Dimanche 11 Janvier 2015
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• Trois personnes parmi les victimes sont d’origine tunisienne
Evénements sanglants en France: La Tunisie endeuillée

L’année 2015 avait pourtant commencé dans la joie et l’allégresse mais c’était sans compter sur les desseins machiavéliques des trois djihadistes qui ont retenu la France en otage durant trois jours. Croyant, à tort, venger le prophète et défendre l’Islam, les frères Kouachi et Coulibaly ont perpétré des crimes atroces et retenu en otage des hommes, des femmes et des enfants, victimes collatérales de leur fuite en avant. Avant d’être abattus vendredi, ces trois présumés terroristes ont lâchement assassiné dix-sept personnes en tout. Parmi ces victimes, au moins trois personnes d’origine tunisienne.

Wolinski, le croque-vivant

D’abord Georges Wolinski, le caricaturiste de Charlie Hebdo et dessinateur érotomane. Il se décrivait comme suit: « Je suis un dessinateur de presse avant tout, un chroniqueur de l’actualité, de la politique, du temps qui passe ». Né à Tunis le 28 juin 1934, il n’a jamais coupé les ponts avec son pays natal. Sa mère était juive italienne, née Benbaron et son père, juif polonais, était le patron d’une petite entreprise de ferronnerie d’art à Tunis. Ironie du sort, ce même père a été tué par balle dans son bureau par l’un de ses employés qui refusait son licenciement. Le petit Georges n’avait alors que deux ou trois ans. Son dernier livre, publié il y a à peine quelques mois, était intitulé «Le pire a de l’avenir». Simple hasard ou prémonition ? Critique acerbe et farouchement attachée à sa liberté de penser, il prenait un malin plaisir à croquer les travers de la société et à les mettre en dessin. Sarcastique, il fait dire à l’un de ses personnages, le Roi des cons: « Monsieur, je suis pour la liberté de la presse à condition que la presse n’en profite pas pour dire n’importe quoi ! »

Elsa Cayat, la psy de Charlie

Deuxième victime d’origine tunisienne de ces trois jours d’horreur en France, Elsa Cayat qui tenait la rubrique « Charlie Divan ». Psychiatre et psychanaliste, elle est née en 1960 en France mais son père, Georges Khayat était originaire de Sfax et auteur de « Jeunesse », le premier volume d’une trilogie sur la vie juive en Tunisie sous la colonisation. Femme émancipée et à l’esprit libre, Elsa Cayat revendiquait son exubérance. Elle est la seule femme à avoir été abattue dans les locaux de Charlie Hebdo. Une autre femme était pourtant présente lors de la funeste réunion de rédaction, Ségolène Vinson mais elle a été épargnée. A elle, l’un des djihadistes, pointant un pistolet sur sa temps, dira: « Toi on te tuera pas, car on ne tue pas les femmes. Mais tu liras le Coran”.

Ahmed Merabet, mort en héros

Quatrième victime de ces drames parisiens, Ahmed Merabet, abattu d’une balle à bout portant à la tête alors qu’il était à terre, après avoir été touché une première fois. Si certains médias affirment que ce policier du commissariat du XIe arrondissement était d’origine tunisienne, d’autres soutiennent qu’il serait originaire d’Algérie. Rappelons que les frères Kouachi, suspectés d’être les principaux auteurs du carnage de Charlie Hebdo, sont aussi d’origine algérienne. Mais quel que soit son pays natal, ce courageux policier maghrébin a fait preuve, selon de nombreux témoignage, d’un courage extraordinaire et exemplaire face aux présumés terroristes, ne reculant pas devant le danger. Simone, une retraitée de 67 ans, a suivi toute la scène de son balcon. Elle témoigne avoir vu le policier descendre de son vélo et a remarqué qu’il boitait. Selon la dame, Ahmed s’est mis derrière un arbre, a sorti son arme et a tiré en direction du passage vers la rue Nicolas Appert. Il a tout fait pour protéger les gens dans la rue et leur criait: “Reculez! Rentrez chez vous!”. Ahmed Merabet, né en 1974 et papa de deux enfants, était décrit par ses collègues comme un homme bon et juste. Il est mort en héros quand ses assassins sont morts en monstres, lâches et barbares. S’ils ont voulu défendre l’Islam, ces terroristes ont nui à plus de 1,6 milliard de musulmans dans le monde, aujourd’hui plus que jamais exposés à une islamophobie grandissante. S’ils ont voulu faire la une des médias, mission réussie. Toutefois, leur quart d’heure de gloire est vite passé. La France panse déjà ses plaies et ils seront bientôt jetés aux oubliettes de l’histoire car l’Histoire avec un grand « H » ne retient, elle, que les noms des grands.

Rym BENAROUS

          

Yoav Hattab, le Tunisien mort en héros. Il voulait neutraliser Koulibaly

Yoav Hattab, est juif tunisien et fils du directeur de l’école israélite à Tunis.

Après avoir décroché son bac, il choisit de faire ses études supérieures à Paris, là où il dénicha un boulot pour étudiants pour subvenir à ses besoins, et terminer ses études.

C’était par hasard qu’il s’était trouvé parmi les quatre personnes prises en otages dans une épicerie casher se trouvant Porte de Vincennes à Paris, par un certain Amedy Coulibaly, qui a fini par ouvrir le feu pour les tuer, avant d’être abattu à son tour par les forces de l’ordre.

D’après des sources proches de la victime, Yoav qui se trouvait par hasard dans l’épicerie casher se trouvant à Vincennes, pour faire quelques courses, avait commis un acte héroïque qui lui acouté d’être abattu par le terroriste Koulibaly qui avait investi le magasin, muni de deux fusils mitrailleurs, pour prendre des personnes en otage, en menaçant de tirer au moindre geste. Semant la terreur, il somma une des dames qui se trouvait au magasin d’aller au sous-sol, et appelait les hommes qui s’y trouvait à regagner le rez-de chaussée . Il avait posé l’un des deux fusils sur le comptoir du magasin, question de s’alléger un peu. Yoav l’avait remarqué et profitant d’un moment d’inattention, alors que Koulibaly avait le dos tourné car d’adressant à la dame en question, il avait saisi le fusil posé sur le comptoir et appuyé sur la gâchette. Hélas, le cran de sécurité était enclenché, et il n’avait pas pu tirer pour cette raison. Koulibaly se retourna et vit Yoav qui avait la main posée sur la gâchette ; il tira alors une rafale dans sa direction.

Il est ainsi mort en héros. Son père s’est déplacé à Paris afin d’accomplir les formalités du rapatriement du corps de son fils en essayant de demander de lui éviter l’autopsie.

La nouvelle de sa mort est tombée comme un couperet aussi bien pour sa famille que pour ses amis à Tunis, où il était réputé pour son dévouement son bon caractère, son affabilité et son sérieux.il avait d’ailleurs passé une excellente scolarité durant ses études primaires et secondaires en Tunisie.