L’éditorial:La main invisible - Le Temps Tunisie
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L’éditorial

L’éditorial:La main invisible

Dimanche 11 Janvier 2015
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La scène politique nationale actuelle est pleine de brouillard. Certes, le peuple a dit son mot, fier qu’il est de la nouvelle force acquise depuis la Révolution du 17 décembre 2010 – 14 janvier 2014, à savoir, le pouvoir d’éjecter de Carthage, de la Kasbah et du Bardo, tous ceux qui n’ont plus sa faveur.

Il a porté au Ciel les Nahdhaouis et leurs satellites en 2011 et il les a démis en 2014, en reléguant le parti de Rached Ghannouchi aux secondes loges, avec quelques strapontins pour ses deux humbles et grands serviteurs : le CPR et ses ramifications. Mustapha Ben Jaâfar, (le grand silencieux), trop attaché à Carthage et même totalement obsédé par la magistrature suprême, au point de tout lâcher pour prendre sa revanche contre Ennahdha du Cheikh Ghannouchi, qui lui avait préféré Mohamed Moncef Marzouki le lendemain de la proclamation des résultats des premières législatives. La suite est connue de tous.

La Troïka a fait son propre lit, en son temps qui s’était allongé de un à trois ans. Allons-nous vivre une nouvelle Troïka avec d’autres cartes ?

Rien ne l’indique, mais le risque pris, au cas où cela se reproduirait, serait fatal, aussi bien pour Nidaâ que pour ses éventuels alliés, le peuple souverain n’adhérera jamais à un remake troïkiste.

Mais où allons-nous ? Et où va le pays ?

Rien n’est clair et il ne faut surtout pas que la situation devienne ingérable.

En effet, tous les grands leaders de Nidaâ ont été placés à Carthage et le parti de Béji Caïd Essebsi pourrait redevenir ce qu’il était originellement, une coquille quasiment vide, totalement liée et accrochée à son leader et créateur… l’ancien compagnon de Bourguiba et ses différents successeurs… le dernier des Mohicans… devenu, le préféré de l’électorat féminin et adulte… Sans être le porte-drapeau des jeunes…

Une main, disons invisible, pas la main de Dieu, certes, mais totalement incomprise par les élites est en train de tout décider…

Celle du peuple, fort aguerri des leçons de 23 ans de dictature, qui lui ont permis de mesurer la grande force et le grand pouvoir qu’il détient est capable démettre par les urnes ceux qui auront la maladresse de ne pas répondre à ses attentes.

Hassine BOUAZRA

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