A qui profite le crime ? - Le Temps Tunisie
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A qui profite le crime ?

A qui profite le crime ?

Samedi 10 Janvier 2015
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Au-delà de son horreur et de son atrocité, l’attentat terroriste commis, mercredi dernier, contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo est non seulement un crime contre l’humanité mais aussi un acte criminel impardonnable contre la liberté d’expression, base fondamentale de toute démocratie.
Si les institutions d’expression, défendeur essentiel de la société et principale voix des sans voix devenaient la cible déclarée du terrorisme sanguinaire et aveugle de tout bord, l’humanité se dirigerait vers un effritement misérable et un sort inconnu mais probablement négatif et malheureux.
L’acte, en lui-même, en dehors de toute considération culturelle, ethnique et religieuse est ignoble, injustifiable  et incompréhensible. Mais ne faudrait-il pas chercher les raisons majeures du déplacement de ces opérations terroristes, commises régulièrement dans des sphères géographiquement connues : l’Irak, la Syrie, le Yémen, l’Egypte et récemment la Libye à des pays puissants réputés pour une bonne organisation policière, des structures de renseignements efficaces et un verrouillage intérieur important sensé être capable de prévenir tout projet d’attentat ? En quoi consiste la faille qui a permis  à ce système presque inébranlable de connaitre une catastrophe nationale qui a endeuillé un pays important comme la France et qui se considère semblable aux événements qu’a connu les Etats-Unis le 11 septembre 2001 ?La stratégie adoptée par les puissances occidentales de lutter contre le terrorisme, qui consiste  en grande partie à le confiner dans ses régions d’origine négligeant ainsi les coups portés occasionnellement dans leur propre pays  n’a-t-elle pas montré ses limites ?
L’attentat contre Charlie Hebdo va certainement changer beaucoup de donnes .Ce ne sont plus les politiques seulement qui sont concernés par le combat entamé contre le terrorisme mais aussi les peuples. Les mentalités touchées dans leur fin fond ne vont certainement pas oublier de sitôt les images  d’un évènement extraordinairement développé par les média et  douloureusement  incrusté dans les âmes. C’est peut être  là que réside le grand tournant à prendre dans la lutte contre ce cancer moderne.
En effet la lutte contre le terrorisme n’est pas seulement une question de moyens  mais aussi et surtout l’union des efforts des Etats forts et des Etats faibles. Au Mali où les intérêts sont très importants, la France a déployé des moyens colossaux pour éradiquer un mal de plus en plus désastreux. Ne faudrait-il pas intervenir de la même manière dans d’autres pays où le terrorisme  prend de l’ampleur et devient de plus en plus  menaçant ?Le combat actuel résidant essentiellement dans des frappes aériennes est-il suffisant pour atteindre des objectifs satisfaisants ?
Renforcer la coalition internationale, en faisant fi de tous les différends pour établir une stratégie exclusive de lutte contre un ennemi commun : le terrorisme.

Leila SELMI