Epilogue dans le sang - Le Temps Tunisie
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2018

Traque des suspects de Charlie Hebdo

Epilogue dans le sang

Samedi 10 Janvier 2015
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• Les frères Kouachi tués dans l’assaut à Dammartin-en-Goële • L’otage libéré est indemne. A la porte de Vincennes, quatre otages ont été tués et quatre autres blessés

Un succès qui semble total pour les forces de l’ordre. Les deux suspects de Charlie Hebdo ont été tués dans l’assaut à Dammartin-en-Goële, selon des sources proches du dossier. L’otage des frères Kouachi a été libéré et indemne. Un membre du GIGN a été blessé dans l’opération, mais ses jours ne sont pas en danger.
Les deux suspects tués dans l’assaut, armés de kalachnikov, étaient sortis « en tirant sur les forces de l’ordre, ce qui a déclenché leur neutralisation immédiate, a déclaré cette source, ajoutant qu’un «gendarme du GIGN a été légèrement blessé». «L’otage, un homme de 26 ans, qui s’était cloîtré depuis le début dans une des pièces de l’entreprise, est indemne», a-t-elle ajouté.
Bernard Corneille, maire de la commune d’Othis, voisine de Dammartin, a déclaré à 20 Minutes après l’assaut: «C’est un vrai soulagement pour tous».
Le GIGN a lancé hier peu avant 17H00 un assaut contre les deux frères Chérif et Saïd Kouachi, auteurs présumés de la tuerie de Charlie Hebdo, et qui étaient retranchés avec un otage dans les locaux d’une petite imprimerie de la zone industrielle de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, au nord-est de Paris.
Le village de 8.000 habitants était depuis hier matin en état de siège, totalement bouclé par les forces de l’ordre. Des hélicoptères ont survolé durant la journée le site, encerclé par les hommes du GIGN et du Raid.
Plusieurs établissements scolaires de la zone ont été évacués, les commerces fermés et les habitants barricadés chez eux. Les vols sont légèrement perturbés à l’atterrissage sur l’aéroport international de Roissy situé à une vingtaine de kilomètres.
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé hier qu’il s’agissait de «neutraliser les auteurs» de l’attentat. Des négociateurs ont «tenté d’établir un contact», selon le ministère de l’Intérieur.
Avant de se retrancher dans l’imprimerie, les frères Kouachi avaient échangé vers 8h des tirs nourris avec des policiers sans faire de victime à un barrage non loin de Dammartin à une demi-heure de route de la zone où se concentraient jusqu’alors les recherches. Ils circulaient dans une Peugeot 206 tout juste volée à une automobiliste qui les a reconnus.
Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, Français nés à Paris de parents algériens, sont des jihadistes dont le nom est inscrit «depuis des années» sur la liste noire américaine du terrorisme, selon une source américaine. Au total, neuf personnes ont été placées en garde à vue dans l’enquête sur l’attentat, le plus meurtrier en France depuis un demi-siècle avec 12 morts
Une deuxième prise d’otage a eu lieu hier dans une épicerie casher à la porte de Vincennes. Pendant l’intervention de la police, plusieurs d’entre eux ont été libérés et sont indemnes. Ils sont sortis peu après l’assaut et ont été pris en charge.  Le preneur d’otages a été tué.
Au moins un policier a été blessé, selon une source proche du dossier.
Quatre personnes ont été tuées pendant la fusillade, quand Amedy Coulibaly est entré dans l’Hypercacher. Mais un doute persiste sur l’identité d’un de ces morts: il pourrait s’agir soit d’un otage soit d’un éventuel deuxième preneur d’otages. Par ailleurs, l’AFP révèle que quatre blessés seraient «en urgence absolue».
Amedy Coulibaly est soupçonné d’être impliqué dans une fusillade jeudi à Montrouge(Hauts-de-Seine) dans la banlieue sud de Paris, dans laquelle une jeune policière municipale a été tuée et un agent de la voirie blessé.
Les élèves confinés à la suite de la prise d’otages hier porte de Vincennes, à l’est de la capitale, ont tous été autorisés à quitter leurs établissements, a-t-on appris de sources concordantes.
A Paris, les mesures de confinement sont levées pour tous les établissements, selon le rectorat de Paris.

 

* Prise d’otages et braquage à Montpellier

Pendant qu’en Ile-de-France, le GIGN et le Raid donnaient l’assaut dans les deux prises d’otages de Dammartin-en-Goële et de la porte de Vincennes, la ville de Montpellier était confronté à un braquage.
Selon Midi Libre, un ou deux hommes ont fait irruption dans une bijouterie du centre-ville, près de la rue de la Loge, prenant une ou plusieurs personnes en otage. «Ils sont cernés par la police dans le magasin», précise le quotidien local.
«Nous nous sommes réfugiés dans notre magasin avec nos clients, d’autres commerçants en ont fait de même. Nous avons évacué depuis», précise au HuffPostun commerçant voisin.
Par ailleurs, le quartier de la gare est bouclé depuis quelques dizaines de minutes en raison de la découverte d’une valise suspecte.

 

* Convertis à l’islamisme radical
Amedy Coulibaly et Chérif Kouachi ne sont pas des inconnus l’un pour l’autre. Tous deux se sont convertis à l’islamisme radical. Tous deux ont eu affaire à la justice pour diverses raisons. Et tous deux sont morts ce vendredi des suites d’une prise d’otage, à Paris pour l’un et à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) pour l’autre.
Celui qui est soupçonné d’avoir été à l’origine de la fusillade de Montrouge et de la prise d’otage à Paris a été plusieurs fois condamné pour vol aggravé, puis pour vol à main armée et pour trafics de stupéfiants. Chérif Kouachi a quant à lui été condamné en 2005 à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour avoir voulu partir faire le djihad en Syrie.
En 2010, Amedy Coulibaly est arrêté par les services antiterroristes, soupçonné d’avoir participé à un projet d’évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, condamné à la perpétuité pour avoir été l’un des principaux auteurs de la vague d’attentat de 1995 dans le métro et RER parisien pour le compte du Groupe islamique Armé (GIA).
Chérif Kouachi aurait aussi participé à la préparation de l’évasion avortée. Arrêté avant l’exécution du projet par les policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) en 2010, il est mis en examen et incarcéré pendant six mois, mais bénéficiera toutefois d’un non-lieu, fautes de preuves.

 

Marche républicaine à Paris

La marche républicaine organisée demain à Paris à l’appel des partis politiques, à l’exception du FN, et des principaux syndicats et associations de défense des droits de l’homme aura trois parcours distincts en raison de l’affluence prévue, a-t-on appris hier auprès de la CFDT.
«Compte tenu de la très forte participation attendue» dimanche à la marche silencieuse qui débutera à 15 heures sur la place de la République, «trois parcours sont prévus»: par le boulevard Voltaire, par Bastille et par l’avenue Philippe Auguste, pour rejoindre Nation, a-t-on précisé.
Le carré de tête du cortège comptera, selon la CFDT, «des représentants des organisations signataires» de l’appel à la marche, dont font notamment partie l’ensemble des partis de gauche et de droite -excepté le FN- et des syndicats (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa).
Toutefois, les quatre organisations de défense des droits de l’homme (Ligue des droits de l’Homme, Licra, Mrap, SOS Racisme), également signataires, «ne participeront pas au carré, ni à la ligne de tête», a précisé Michel Tubiana, ancien président de la LDH, à l’AFP.
«Nous appelons toute la société civile à se réunir derrière la banderole que nous aurons en commun», a-t-il poursuivi. SOS Racisme, la Licra, le Mrap et la LDH ont appelé vendredi dans un communiqué commun à défiler «sans slogans, ni bannières» pour exprimer sa «peine» et affirmer son «adhésion à une République dans laquelle chacun peut, sans distinctions, se retrouver».
Selon la CFDT, à la suite du cortège viendra «une banderole des organisations syndicales de journalistes» (SNJ-CGT, SNJ et CFDT Journalistes), «puis des organisations syndicales de policiers», «des associations» et «des organisations syndicales de salariés».
Les militants syndicaux «sont invités à porter leur badge, mais il n’y aura pas d’affichage ostensible de type drapeaux», a précisé la CFDT. La banderole syndicale, qui ne comportera pas de logo, devrait simplement comporter le titre de l’appel intersyndical «Le monde du travail, ensemble, pour les libertés et la démocratie».
De son côté, Force ouvrière, qui n’est pas signataire de l’appel, a aussi appelé jeudi à «participer en tant que militant et citoyen aux marches démocratiques et républicaines qui auront lieu» face à «l’acte terroriste barbare contre la liberté, la démocratie et les valeurs républicaines dont la laïcité».