Consensus et fixation de cap - Le Temps Tunisie
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2018

L'éditorial

Consensus et fixation de cap

Samedi 3 Janvier 2015
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Après la passation très civilisée des pouvoirs, mardi dernier, toute l’attention des leaders d’opinion et des opérateurs politiques, s’est concentrée sur le nom du prochain locataire de La Kasbah. L’origine de cette fixation revient à un vieux réflexe de chez nous, où les noms passent avant les programmes. On dirait que les Tunisiens accepteraient, un Roi démocrate qui préside et ne gouverne pas. Toute l’histoire de la Nation est hachurée par des périodes successives de despotisme, paternaliste, féodal, éclairé, sinon franchement despotique. C’est la première fois, que le successeur ne commence pas son règne par l’assassinat du détenteur du trône.  Dans l’histoire des peuples quatre ou trois ans ne pèsent pas lourd. Toutefois, actuellement tout plaide pour une sortie du tunnel, après les tâtonnements et les errements connus par tout un chacun. Non seulement nous vivrons une transition générationnelle, mais tout un nouveau bouleversement dans l’histoire de la Tunisie moderne. La mosaïque tunisienne finira par avoir son reflet dans la composition de l’équipe qui dirigera notre pays, pour l’engager sur la voie des réformes progressives pour assainir finances et climat social, faire partager par tous les sacrifices nécessaires, dans un esprit de solidarité conséquent avec la nature des grands défis. L’apprentissage de la Démocratie, n’exclut pas les possibilités d’entente entre anciens rivaux, la Tunisie étant appelée à opérer un sauvetage lourd de conséquence. Le fait que le Sit-in Irrahil ait abouti, à une telle transformation du paysage politique, doit inciter nos futurs gouvernants à penser, à penser à ceux qui n’ont pas voté pour eux sans oublier leur électorat et ses attentes. Ne pas décevoir et ne pas brusquer, impliquer tous ceux qui acceptent de mouiller la chemise, est plus que salutaire. Le pays ne pourra supporter les frais d’une opposition négativiste, ni l’arrogance de nouveaux gagnants. Les déclarations des leaders de la majorité sortie des urnes sont rassurantes sur ce plan. Toutefois, il faut attendre la fin des tractations en cours pour s’édifier sur cette modestie affichée. L’unité nationale est à ce prix. La lutte contre le terrorisme, la réhabilitation de la valeur travail, la reconquête de nouveaux marchés, l’exploitation de tous les gisements de richesses  intellectuelle, scientifique et technique, la réforme de l’Education et la réhabilitation de l’Etat, garant et protecteur des Droits et des libertés, tout en servant le citoyen où qu’il soit et quel que soit son positionnement idéologique ou politique, prépareront les Tunisiens à en finir avec toute velléité d’injustice ou d’autoritarisme. Ni despotes éclairés, ni gouvernants  trop mous, par une recherche dogmatique d’un consensus, à tout prix qui se ferait sur le compte des attentes contradictoires des Tunisiens. Consensus, certes, mais avec un cap bien fixé.

Hassine BOUAZRA