Sur la voie de l’Histoire - Le Temps Tunisie
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L’éditorial

Sur la voie de l’Histoire

Mercredi 31 Décembre 2014
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2014, année charnière, entre une transition dirigée par la Troïka et une nouvelle recomposition du paysage politique national, suite à trois rendez-vous électoraux majeurs, que les Tunisiens ont honorés de façon très satisfaisante, avec dans chaque cas, une participation de l’ordre de 60% et ce,  dans des conditions sécuritaires bien maîtrisées, et des résultats non remis en cause, une transparence inhabituelle, en dépit de certains dépassements…Les Tunisiens,  les opérateurs politiques et autres intervenants et / ou intéressés par la chose publique ont de quoi être fiers. Toutefois, la situation héritée de trois années d’affaiblissement sans relâche de l’Etat, après deux décennies d’assujettissement de l’Administration publique aux intérêts de la famille régnante ont laissé prospérer la violence verbale, puis physique, jusqu’à ce que le terrorisme ait pu s’installer dans le pays, tirant profit de l’échec du pouvoir à tenir ses promesses de création  de  400 mille emplois /an, de remettre sur les rails l’économie et les finances publiques. Rien de tous ces rêves n’a vu le jour. Au contraire le pays a été pratiquement réduit, à mendier pour survivre, à contracter des crédits étrangers, non pour investir, mais pour faire face aux dépenses de fonctionnement inévitables, au lieu d’investir dans les infrastructures et les grands chantiers, à tel point qu’il a été mis à l’écart des notations des instituts étrangers de notation. La déconfiture était telle, que le peuple a choisi de voter pour la Tunisie du 16 Décembre 2010, la dictature en moins.

Avec ses hauts et ses bas, l’année s’achève avec  beaucoup d’espoirs. Une réconciliation du Tunisien avec son identité et ses  spécificités  est facilement lisible dans le score des élections. Il s’est montré pressé de connaître la suite des rendez-vous électoraux auxquels on l’avait convié. La victoire avec un score confortable, du président Béji Caïd Essebsi, peut se transformer en un virage définitif autorisant le retour à l’Histoire après 40 ans d’errements. En 1974, le pays avait connu trois évènements majeurs, avec au début de l’année l’affaire de Gafsa commanditée par des Libyens et exécutée par des jeunes apprentis terroristes qui voulaient  prendre d’assaut toute une ville et briser l’unité nationale, le grand marqueur de la Tunisie des années 60 et 70. Au moment de l’agression, Bourguiba avait refusé de quitter Nafta comme le lui suggéraient ses lieutenants, par souci exagéré pour sa sécurité. Le deuxième fait majeur était le congrès de Monastir du parti au pouvoir, une occasion saisie par les Mestiri, Ben Ammar, Essebsi, Ben Jaâfar….pour crier tout haut les 1ères revendications démocratiques du pays. Erraï, le Mouvement des Démocrates Socialistes, naîtra de ce processus déclenché par les Destouriens démocrates… En 1981, le pays aurait pu s‘engager dans la voie de la Démocratie active et agissante, si on avait pu convaincre Bourguiba de l’urgence de l’option démocratique. Nous aurions pu épargner au pays des décennies d’errements et d’espoirs toujours déçus de reprendre le chemin de la Démocratie, et donc, de l’Histoire. Toutes les péripéties de l’histoire des 40 dernières années, montrent l’importance du respect des droits de l’Homme et des libertés, dans la satisfaction des besoins du peuple toutes catégories sociales et régionales confondues. Que de sang, que de prisonniers et que de souvenirs de tortures, nous aurions pu éviter…

Maintenant Béji Caïd Essebsi, est à Carthage. Le peuple a dit son mot. Pas question d’un retour en arrière en matière de respect des libertés et droits humains.

 L’alternance politique pacifique est devenue une tradition. Le cap doit être, définitivement donné, pour concrétiser les attentes des Tunisiens et relever les défis. Le premier est la victoire à remporter dans la guerre contre le terrorisme et les fauteurs de troubles. C’est le dossier prioritaire du Président, en exercice. Le second est la Réforme de l’Etat, un chantier à ouvrir le plus tôt possible pour que le Tunisien Lambda, puisse s’identifier partiellement ou totalement dans le nouveau régime à mettre en place. C’est l’affaire du Gouvernement et son chef d’orchestre, de préférence, jeune et n’étant impliqué dans aucune gestion catastrophique des affaires de l’Etat. On ne peut faire du neuf avec de l’ancien et, de surcroît partisan. Et gare à celui qui oserait « mettre les bâtons dans les roues » et empêcher l’engagement effectif du pays sur la voie de l’Histoire, à savoir la Démocratie avec ses contraintes et opportunités par et pour tous. Les deux prochaines années sont décisives. Elles devraient définir la couleur de l’avenir de la Nation.

Hassine BOUAZRA