L’UGTT prône une réforme «globale» et «profonde» - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Mar.
19
2019

Sécurité sociale

L’UGTT prône une réforme «globale» et «profonde»

Mardi 30 Décembre 2014
نسخة للطباعة
Les trois caisses accusent un déficit de 281,6 millions de dinars en 2013
L’UGTT prône une réforme «globale» et «profonde»

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Hassine Abbassi, a annoncé, le week-end dernier en marge du congrès du syndicat général de la sécurité sociale,  le lancement imminent des négociations sur la réforme des régimes de sécurité sociale. 

«Des négociations sur la situation des caisses sociales seront lancées,  dès l’entrée en fonction du nouveau gouvernement issu des législatives du 26 octobre », a-t-il déclaré.  

«Les réformes réalisées jusqu’ici n’ont pas atteint les objectifs escomptés car elles ont été conçues de manière précipitée», a-t-il ajouté.

Plaidant pour une réforme «globale»  et «profonde », le responsable syndical a fait remarquer que la situation des trois caisses sociales n’est pas catastrophique. «La situation varie d’une caisse à l’autre, mais c’est la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS) qui souffre le plus », a-t-il indiqué.

En attendant le démarrage des négociations, le département de la couverture sociale de l’UGTT a déjà fixé les grandes lignes  de sa vision en matière de réforme des régimes de sécurité sociale

La centrale syndicale refuse, dans ce cadre, le projet de réforme élaboré par le ministère des Affaires sociales.  Ce projet s’articule autour de deux axes : l’augmentation de l’âge du départ à la retraite à 62 ans et à 65 ans  dans une étape ultérieure dans le but de  prendre  en compte les projections des indicateurs sociodémographiques à long terme (hausse constante de l’espérance de vie, vieillissement de la population, baisse de la fécondité etc..) et la révision à la hausse des  cotisations. 

L’UGTT plaide, en revanche, pour le maintien du système de financement par répartition, dans le cadre duquel les  pensions de retraite proviennent directement par les cotisations des salariés en activité au regard du danger que représente le système de capitalisation qui repose essentiellement sur le financement des pensions par les revenus des placements sur les marchés financiers. 

Un déficit cumulé de 281,6 millions de dinars 

L’organisation ouvrière propose, d’autre part, la  diversification des sources de financement des régimes de sécurité sociale  (nouvelles taxes sur certains produits, recours limité et contrôlé au marché financier, intervention de l’Etat…etc), la lutte contre la diffusion à large échelle du travail au noir dans le secteur privé, et le durcissement des procédures de recouvrement des créances des caisses sociales auprès des entreprises.   

A noter que le déficit cumulé  des trois caisses sociales (CNSS, CNRPS, CNAM) a atteint un montant record de 281,6 millions de dinars en 2013. 

Selon les prévisions du ministère des Affaires sociales, il devrait culminer à  400 millions de dinars en 2014,  à 700 millions de dinars en 2015 et à 1000 millions de dinars en 2016, si aucune réforme ne sera mise en œuvre rapidement.

En 2013, le déficit de la  CNRPS a atteint un niveau record de -212,8 millions de dinars, contre -124,9 millions de dinars en 2012 et -20,2 millions de dinars en 2009. 

De son côté, la CNSS a enregistré un déficit de -85,8 millions de dinars en 2013, contre un trou moins béant de  -81,8 millions de dinars en 2012 et un excédent de 5,9 millions de dinars en 2009. 

La CNAM a, quant à elle, remonté la pente en 2013,  en enregistrant un excédent de 17 millions de dinars après un déficit de -35,3 millions de dinars en 2012. En 2009, cette caisse était excédentaire de 16,8 millions de dinars. 

La principale raison de ce trou de plus en plus béant de la «sécu» réside dans les mutations démographiques et socio-économiques qu’a connues la Tunisie au cours des dernières décennies : vieillissement de la population, travail au noir, amélioration de l’espérance de vie, taux de chômage élevé, plans sociaux… etc.

Le ratio actifs/retraités (nombre de salariés en exercice qui paient grâce à leurs cotisations les pensions de salariés partis à la retraite, NDLR) a, en effet, baissé à une vitesse vertigineuse. Au niveau de la CNRPS, le ratio actifs/retraités  au niveau de la CNRPS a atteint  2,87 actifs pour un seul retraité en 2012,  contre 3,11 en 2008 et 5,3 en 1990.   Au niveau de la Caisse CNSS, la situation est légèrement meilleure, avec un ratio actifs/retraités  qui s’est établi à 4,29 en 2012, contre 4,47 en 2008 et 5,65 en 1995.

Walid KHEFIFI