Une visite pour fixer le cap - Le Temps Tunisie
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L'éditorial

Une visite pour fixer le cap

Samedi 27 Décembre 2014
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Les élections en Tunisie, n’intéressent pas que les Tunisiens. La région, les pays amis, proches ou lointains ont leurs calculs et intérêts stratégiques qu’ils tiennent à défendre en lançant des messages aux « opérateurs » de la scène politique.
 Dans l’ordre mondial actuel, la traque des fondamentalistes de Daech et autres extrémistes, « takfiristes »  et Jihadistes, est une option fondamentale qui relève de l’ordre de la sécurité nationale des Etats-Unis ainsi que de ses satellites européens. Sous cet angle, la présidentielle tunisienne a des répercussions partout dans le monde. Les ondes concentriques qui ont  suivi l’élection de Béji Caïd Essebsi, au deuxième tour, ont  transcendé toutes les frontières, jusqu’au bureau ovale de Barak Obama, un des premiers à avoir félicité le 1er président de la 2ème République tunisienne. C’est que l’exception tunisienne,  dans un Printemps en devenir, est par la nature des choses une grande opportunité pour servir la paix mondiale, toutes latitudes confondues, et pas seulement dans les pays arabes. La menace terroriste, étant internationale, elle suscite une réponse internationale adéquate et concertée. C’est dans ce cadre, que sera consacrée à l’Algérie, la première visite à l’étranger du nouveau chef de l’Etat. Certes, la sympathie réciproque entre BCE et Bouteflika, les impératifs du bon voisinage avec le « grand frère », les liens historiques, ainsi que la quasi-totale homogénéité entre les deux Nations y sont pour quelque chose. Mais les soucis communs y forment également un impératif majeur. Ainsi, à l’occasion de cette visite, les Tunisiens apprécieront que les accords militaires signés avec le 1er partenaire maghrébin, soient mis en pratique pour passer à l’étape de la conclusion d’un Pacte de défense commune avec l’Algérie, qui sera étendu au Maroc. Le Président a livré une fine analyse des enjeux géostratégiques, du moment, avant de gagner une large adhésion populaire, à travers les urnes. Le pari est grand pour que le locataire de Carthage, continue à traiter le dossier de la sécurité nationale du pays, dans son volet terroriste avec une vision totalement souveraine et lucide, sans tomber dans le jeu des uns, ni des autres. Un partenariat intégrant l’Algérie, dans  une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme, dont elle est déjà convaincue est l’une des premières priorités. Ainsi, avec l’Algérie et le Maroc la question du terrorisme devient une affaire maghrébine, permettant d’éviter les interventions militaires des puissances étrangères, y compris le Qatar, la Turquie et les Emirats Arabes Unis. Et tous leurs corollaires…
L’Islam politique n’a aucune chance de s’imposer en Tunisie. Car le pays, de par son Histoire, a prouvé qu’il était rétif à tous les embrigadements. Au final, la méthodologie bourguibienne privilégiant les tractations et le dialogue  lui aura survécue. Daech ne s’implantera pas intra-muros, tout simplement parce que le terreau ne s’y prête pas. C’est ainsi. On n’envoie pas valdinguer par-dessus bord, trois mille ans d’Histoire. Par contre, pour tous ceux qui avaient parié sur le contraire, l’effet « boomerang » est garanti. On ne sème que ce qu’on récolte…

Hassine BOUAZRA