Le présent est l’enclume où se fait l’avenir - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 20 Avril 2018

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L’éditorial

Le présent est l’enclume où se fait l’avenir

Mercredi 24 Décembre 2014
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Quand le peuple éduque ses élites… c’est, le cas de le dire depuis lundi dernier, que les héros et martyrs de la Révolution se retournent des dizaines de fois dans leurs tombes, c’est, encore plus compréhensible, sauf pour  un jusqu’à trois valeureux leaders, Habib Bourguiba, le « combattant suprême », bâtisseur de l’Etat moderne, libérateur de la femme, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, leaders effectifs de la Révolution du Jasmin, celle de la Liberté et de la Dignité. Qu’ils reposent en paix. 

Force est de constater que les marchandages des leaders des différents partis politiques et leurs bavardages pour essayer de flouer les électeurs en jouant sur la corde sensible du régionalisme ou celle des objectifs de la Révolution, oubliés lors de la parenthèse de la Troïka, et remis sur le plateau par les symboles de cet intermède…qui voulaient s’accaparer le costume des grands révolutionnaires 

Les utilisations abusives de l’histoire récente ou ancienne des années 60, devaient faire vibrer certains électeurs. Aucune de toutes les tentatives de conditionner les électeurs, n’a eu l’effet escompté que sur ceux qui voulaient le croire. Globalement, le Tunisien a eu la tête dure pour reproduire, tout en les renforçant, ses préférences exprimées au 1er tour de la présidentielle et aux législatives du 26 octobre dernier. Cinquante - six jours, ont séparé le lancement du processus électoral et la fermeture du dernier bureau de vote à San Francisco, à deux heures du matin (H.T) et nos leaders, à des degrés divers, ronronnaient ou répétaient comme un disque rayé, leur attachement à la victoire de la Tunisie, dans un aveuglement tel pour certains qu’ils la confondaient à leur propre victoire. Le problème est, d’abord de déchiffrer les raisons du refus de vote de quelque 2 millions de Tunisiens qui n’ont pas pris la peine de s’inscrire et les centaines de milliers de voix portées sur le candidat Mohamed Moncef Marzouki et les espérances de ceux qui lui ont préféré Béji Caïd Essebsi.… Les résultats unanimement salués, ont incité certains leaders lucides à faire leur mea-culpa. Ils n’ont pas hésité à avouer leurs limites et dire que depuis, le sit-in Errahil, ils ne cessent d’essayer de rattraper le peuple dans ses mouvements spontanés, le lendemain de l’odieux assassinat du Hadj Mohamed Brahmi. Les partis qui ont, partiellement compris, même de façon minime 5%, du message du peuple lors des législatives, ont pu rattraper le retard et permis à leur héros respectifs Mohamed Moncef Marzouki et Béji Caïd Essebsi, de devancer les 25 autres candidats.

Il incombe maintenant à ceux qui ont la charge de l’avenir de la Tunisie  d’abord d’éviter les erreurs de leurs prédécesseurs, et nous épargner les avanies subies à cause de leur ignorance et aveuglement, et de se rappeler que le peuple est vigilant. Une apparition très décontractée dans les médias de masse, du nouveau président avec son past-président, assis l’un à côté de l’autre et non l’un en face de l’autre, histoire de signifier que le temps des duels est révolu … Nous devons passer à la reconstruction de ce qui avait été démoli : un Etat digne de la 2ème République, juste et garant des libertés.

Hassine BOUAZRA