Recherche infructueuse ou projection dans l’avenir ? - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 19 Juillet 2018

Suivez-nous

Jul.
19
2018

L’éditorial

Recherche infructueuse ou projection dans l’avenir ?

Samedi 20 Décembre 2014
نسخة للطباعة

Les réminiscences de souvenirs entraînant dans leur sillage les réapparitions d’images du passé proche ou lointain, peuvent surgir à tout instant dans l’imaginaire collectif, et à fortiori, lors des dates à haute intensité émotionnelle ou politique, comme le rendez-vous électoral de demain. Si elles relèvent d’une logique d’évaluation du comportement et du bilan d’un candidat, c’est une chose ; par contre, si elles relèvent d’une tentative de condamnation de l’adversaire et d’un à priori subjectif ou idéologique d’exclusion, elles deviennent contre-productives. En toute logique les promesses doivent être examinées à la lumière, entre autres, des expériences passées. Ceci est valable dans tous les domaines. Il est, donc normal qu’il y ait réminiscence, laquelle devrait procéder d’une démarche analytique rationnelle qui soit capable d’éclairer tout le monde.  Malheureusement, cette réminiscence peut se baser, plutôt sur les expériences fraîches et récentes, que sur le long parcours, surtout que la mémoire est la plupart du temps, courte et sélective pour la majorité des citoyens.
Les souvenances peuvent remonter à un an, trois ans pour la phase de transition qui s’achève demain, comme elles peuvent explorer le passé lointain, avec des parcours qui semblent divergents. Le problème se pose à propos de l’impact des résurgences. Les parcours individuels des  grands hommes ou des citoyens Lambda, jeunes ou moins jeunes, des hautes ou des basses sphères peuvent résister à l’usure du temps et à l’évolution de chacun et à sa capacité de rester cohérent et conséquent avec ses débuts dans la vie, qu’elle soit publique ou privée. Ce qui n’exclut pas des évolutions, des ruptures et des négations. Seul le dogmatique et résigné ne change pas d’avis.
L’essentiel c’est l’avenir, vers lequel doit tendre, l’entreprise, l’institution ou la Patrie, tout en restant pragmatique et optimiste. Il y va de l’invulnérabilité du pays, des institutions de l’Etat et des établissements publics ou privés.
La réforme de ces institutions, touchant particulièrement les secteurs publics est la clef de voute du prochain quinquennat, car un regard furtif sur l’histoire de la Tunisie, post-indépendante, - en optant pour une réminiscence positive des évènements-montre que l’Etat national édifié patiemment, à partir de rien, en matière d’instruction et d’éducation des Tunisiens, a subi un sacré coup ces dernières années. Bourguiba en a fait une priorité absolue, nonobstant les valeurs démocratiques. L’usurpateur a fini  par « privatiser » l’Etat et l’assujettir au profit de la famille régnante. D’où la « floraison » de la corruption et des malversations à grande échelle.
L’Etat et ses institutions ont été mis au service d’un seul homme et sa cour, aux dépens des millions de citoyens résignés, sauf durant les deux dernières semaines du régime… Aujourd’hui, l’Etat est plus qu’affaibli.
Le remettre debout et sur les rails de la liberté, la Démocratie et au service des citoyens est la première des urgences, même si ce chantier demande du souffle et l’audace bien mesurée. Les citoyens et la société civile sont amenés, dès demain, à jouer pleinement leur rôle, dans ce grand chantier vital pour la pérennité de la Démocratie.
Lundi, ils doivent garder les yeux grands ouverts, quel que soit le vainqueur.

Hassine BOUAZRA