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Consommation: Freins à l’autoproduction électrique à partir de l’énergie solaire

Le soleil se lève toujours du côté de la STEG

Samedi 29 Novembre 2014
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Des procédures jugées lourdes et inadaptées freinent, encore, l’autoproduction de l’électricité à partir de l’énergie solaire ou rayonnement solaire à des fins de consommation propre, en Tunisie, selon des rapports présentés par des institutions
spécialisées, lors d’un colloque à ce sujet, tenu récemment, à Tunis. La production de l’électricité à partir de l’énergie solaire est plus connue sous le nom de technologie photovoltaïque, ou filière photovoltaïque.
Ces freins administratifs au développement du photovoltaïque touchent notamment le secteur résidentiel qui intéresse la grande masse des citoyens ordinaires.
Dans le cadre de la promotion des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire qui est très abondante et complètement gratuite en Tunisie, face à la hausse vertigineuse des prix du pétrole et du gaz, un programme national est engagé en Tunisie, depuis plusieurs années, sous le nom « Prosol Elec » dans le but d’encourager les propriétaires de logements dans l’ensemble du pays à équiper leurs logements de petites installations photovoltaïques , c’est-à-dire fonctionnant à l’énergie ou rayonnement solaire, pour autoproduire l’électricité à des fins de consommation propre.
Le programme prévoit des subventions étatiques et des facilités de crédits bancaires au profit des acquéreurs tandis que sa gestion a été confiée à la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) et l’Agence nationale de maîtrise
de l’énergie (ANME).
Cependant, afin de bénéficier des avantages de ce mécanisme et s’équiper d’une installation photovoltaïque, le propriétaire du logement doit être, au préalable, connecté au réseau basse tension de la STEG , c’est-à-dire qu’il doit, d’abord, être un abonné et un client de la STEG et avoir un compteur électrique raccordé au réseau de la STEG. Puis, l’électricité devant être produite par sa petite installation photovoltaïque à des fins de consommation propre est injectée dans le réseau de la STEG et il continue, lui, d’être alimenté à partir du même réseau, à l’aide d’un compteur spécial bidirectionnel. La STEG fournit, également, l’onduleur nécessaire au fonctionnement de l’installation photovoltaïque.
Au même moment, ces petites installations photovoltaïques résidentielles ne doivent pas dépasser une certaine puissance, juste pour couvrir les besoins d’une maison moderne.
L’objectif principal occulté
En effet, aussi bizarre que cela puisse paraître, le programme Prosol Elec est destiné à soutenir les petits consommateurs d’électricité distribuée par la STEG , sous prétexte que le montant de la subvention accordée par l’Etat, dans le cadre de son budget général, pour soutenir les prix de l’électricité en général au niveau de la consommation, est d’autant plus grand que la consommation est petite, car le prix du kWh, dans les factures de la STEG, augmente en fonction
du volume de la consommation. On approche autant du prix réel qu’on est gros consommateur.
Or, la stratégie générale vise à promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables,
dans tous les cas de figure.
Il serait, alors, plus logique de libérer l’emploi de ces installations photovoltaïques
pour l’autoproduction de l’électricité à partir du rayonnement solaire.
D’ailleurs, les installateurs agréés et certifiés de ces petites unités photovoltaïques,
 qui sont au nombre de 150 en Tunisie, sont favorables à cette libéralisation et ont même réclamé la suppression du mécanisme de subvention et de facilités de crédits bancaires mis en place, dans le cadre du programme Prosol Elec, estimant que ces subventions et ces facilités de crédits bancaires contrôlés ont faussé le marché et réduit la concurrence, ce qui a eu pour résultat le maintien des coûts des installations photovoltaïques à des niveaux élevés et supérieurs aux prix réels, en Tunisie. Ils pensent que la libéralisation du secteur contribuera à baisser les coûts actuels de ces installations variant entre 5000 et 10 mille dinars. La subvention atteint 30% du coût de l’investissement, mais son octroi est entouré de beaucoup de procédures et de contrôle de la part de la STEG et de l’Agence nationale de maitrise de l’énergie.
Le crédit bancaire accordé pour le reste de l’investissement est remboursable en 7 ans à travers  les factures d’électricité délivrées par la STEG, du moment que l’acquéreur continue toujours d’être un client de cette société.
Des programmes similaires ont été engagés au profit du secteur agricole (pompage d’eau des puits pour l’irrigation, notamment), ainsi que des secteurs industriel et tertiaire, et ils rencontrent les mêmes entraves.
Ainsi, à la fin de 2013, seules deux installations photovoltaïques avaient vu le jour dans le secteur industriel.

Salah  BEN  HAMADI

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