Enjeux et idéologies… - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 19 Janvier 2018

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Jan.
19
2018

L’éditorial

Enjeux et idéologies…

Mardi 25 Novembre 2014
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Justice doit d’abord être rendue à ceux qui ont rendu possible ce « petit miracle » tunisien. Il faut, en effet, avoir la décence de rendre grâce à ces milliers de sécuritaires (entre armée et forces de l’ordre intérieures) qui ont vaillamment veillé à la sécurisation de ces élections, pour dissuader les terroristes de saboter le processus. 

Il ne serait pas indifférent non plus de louer le sens patriotique de Mehdi Jomaâ que, pourtant, bien des parties de la société civile et même des observateurs étrangers, exhortaient à se présenter.

Toute notre déférence donc à toutes ces structures et à toutes ces personnes qui nous ont permis d’aller aux urnes, en toute sérénité.

Les urnes, justement. Si l’ont tient compte des « résultats » fournis par les instituts de sondage elles donnent une configuration à laquelle on s’attendait, mais en silence, alors que les bruits se faisaient stridents. C’est que la campagne descendait à des niveaux bas, à coups d’attaques et de contre-attaques, souvent basées sur le dénigrement de l’adversaire, plutôt que d’en critiquer le programme.

En attendant les résultats finaux de l’ISIE, il est clair que Béji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki s’affronteront au deuxième tour sauf qu’on ne peut pas parler de victoire à la première ronde ni de défaite. En un mois le jeu des alliances s’intensifiera davantage et l’on spécule déjà sur « une consigne » officielle que donnerait Ennahdha ou qu’il ne donnerait pas officiellement. Aux dernières nouvelles, la question ne sera pas tranchée de sitôt même si lors du premier tour, Marzouki aurait bénéficié du vote d’une bonne frange de la base nahdhaouie. Rached Ghannouchi pourrait se retrouver confronté à un dilemme : la tactique d’une cohabitation parlementaire et gouvernementale avec Nidaâ Tounès, ou les relents idéologiques avec ce que représente Marzouki comme « défenseur des droits de l’homme » et, donc, par ricochet comme allié des Islamistes lors des années de plomb.

Bon nombre de Tunisiens, pour la plupart des jeunes, et les laissés-pour-compte des zones déshéritées sont allés vers Hamma Hammami, pas forcément par penchants gauchistes. Mais le fait est-là : une troisième voie se dessine et elle pourrait s’amplifier dans l’avenir. 

Ceux qui y sont allés refusaient de devoir choisir entre Caïd Essebsi et Marzouki, entre « deux maux », à leurs yeux. Maintenant, on fait déjà les yeux doux, d’une partie, comme de l’autre, à Hamma Hammami. Il se peut que lui aussi choisisse la tactique politique au détriment de l’idéologie… Entre-temps, le Dialogue National, stabilisateur du pays, a dit son mot en ce qui concerne le Président qui désignera un Chef de Gouvernement… La justice transitionnelle est loin d’être achevée…

Raouf KHALSI