L’histoire de la commission de 2,2 millions d’euros consignés en Suisse et qui a fait l’objet d’un billet d’écrou - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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Détails sur les affaires retenues contre Slim Chiboub

L’histoire de la commission de 2,2 millions d’euros consignés en Suisse et qui a fait l’objet d’un billet d’écrou

Samedi 22 Novembre 2014
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Des sources judiciaires font état (d’après notre consœur Assabah) de 13 affaires de corruption instruites depuis 2011, 2012 et 2013. La dernière d’entre elles a été portée contre lui au mois de juillet 2014 et concerne le blanchiment d’argent. Dix parmi ces affaires sont pendantes  devant le Pôle judiciaire et les autres devant le Tribunal de première instance de Tunis.
Le mandat d’écrou concerne l’affaire n°19592, transmise le 23 juillet 2013, au bureau n°1, du juge d’instruction au sein du Pôle judiciaire et dans laquelle sont impliqués Zine El Abidine Ben Ali, Belhassan Trabelsi et tous ceux que révèlera l’instruction.
L’affaire est enclenchée sur la base de données selon lesquelles Slim Chiboub a établi des liens avec le groupe « Alstom », qui a beaucoup d’activités dont la plus importante concerne le domaine de l’énergie. Il apparaît qu’il a usé de son pouvoir (selon les données dans le dossier) pour obtenir des transactions, dont celle se référant à l’alimentation d’une station électrique à Sousse et une autre à Radès 2. Il est à préciser que de telles transactions sont du ressort du haut comité des marchés qui étudiait les transactions, mais les transmettaient dans des dossiers secrets à Ben Ali qui en déterminait les bénéficiaires.
L’enquête révèle qu’au vu d’une commission rogatoire suisse, il a été, découvert des comptes secrets sous couvert de sociétés écrans propriétés de Slim Chiboub. Il a été prouvé qu’un montant de 2,2 millions d’euros  a été transféré par « Alstom » au profit de Slim Chiboub. Dans l’interrogatoire mené par le juge d’instruction, Chiboub a reconnu avoir perçu ledit montant en contrepartie de services fournis à l’entreprise. Le juge d’instruction lui a demandé de prouver qu’il est expert en la matière, mais il a répliqué que c’était une affaire de confiance en sa personne et non pas d’expérience.
Chiboub est par ailleurs poursuivi dans deux autres affaires. La première plainte a été déposée en avril 2012 par le contentieux de l’Etat, aux mains du bureau 3 du juge d’instruction. Il s’agit d’un terrain de 10 hectares à Gammarth ayant fait l’objet d’un acte administratif en vertu duquel ledit terrain a été vendu à Chiboub au prix symbolique de 14 dinars le m2. Ce terrain a été déclassé, puisqu’il était du domaine public et a servi à aménager la « Marina de Gammarth ». Une autre affaire aux mains du juge d’instruction (bureau 20) à elle aussi fait l’objet d’une plainte du contentieux de l’Etat.
Il s’agit d’un terrain, appartenant à la société « Notre Dame de Tunis », sis à Kerch El Ghaba sur lequel est édifiée l’actuelle Maison de la télévision et ayant fait l’objet d’un échange (avec ladite société) de terrains à Nabeul, Hammamet et El Manar, d’une superficie de 7 hectares, expropriés par l’Etat avant d’être cédés.
Chiboub aura à répondre de ces affaires et d’autres dans les jours qui viennent.
La question reste cependant posée : pourquoi Chiboub a-t-il choisi ce timing pour revenir en Tunisie et qui lui aurait fourni des assurances ?  

HAFEDH