Un second Français parmi les bourreaux de Daech - Le Temps Tunisie
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Vidéo de la décapitation de 18 prisonniers syriens

Un second Français parmi les bourreaux de Daech

Jeudi 20 Novembre 2014
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Après le Normand Maxime Hauchard, un second Français de 22 ans, Mickaël Dos Santos, originaire du Val-de-Marne en région parisienne, a été identifié parmi les bourreaux du groupe jihadiste Etat islamique.
Ce jeune homme né à Champigny-sur-Marne, d’origine portugaise mais naturalisé en 2009, a adopté le nom de guerre d’Abou Othman, ont affirmé hier à l’AFP des sources proches du dossier. Son nom était apparu à l’automne 2013 dans l’enquête sur le démantèlement d’une filière d’envoi de jihadistes vers la Syrie.
Il apparaît dans la vidéo diffusée dimanche par les jihadistes de l’Etat islamique (EI) mettant en scène la mise à mort par décapitation de 18 prisonniers syriens et de l’otage américain Peter Kassig.
«L’homme concerné est connu par son engagement terroriste en Syrie et son comportement violent revendiqué sur les réseaux sociaux», a déclaré, sans le nommer, le Premier ministre Manuel Valls, tout en s’en remettant à la justice pour son «identification formelle».
Sollicité, le parquet de Paris se borne à faire état de «fortes présomptions» que cet homme soit bien le deuxième Français parmi les bourreaux évoqué lundi par le procureur François Molins qui parlait d’un jeune de 22 ans parti rejoindre l’EI en Syrie en août 2013.
Jean-Charles Brisard, expert des questions liées au terrorisme, a lui assuré à l’AFP que selon ses sources «il n’y a aucun doute, sa mère l’a reconnu sur la vidéo, et elle est effondrée».
«Abou Othman», regard sombre et collier de barbe drue sur les images de l’EI, présentait un profil très inquiétant, notamment en raison d’images choquantes postées sur les réseaux sociaux, a-t-on expliqué de source proche du dossier.
Selon une source du renseignement, les services sont remontés jusqu’à lui grâce à une vidéo diffusée mi-octobre sur internet dans laquelle, en français et à visage découvert, il appelait «tous les frères qui vivent en France» à «tuer n’importe quel civil» en représailles aux raids de l’armée française contre l’EI en Irak. Paris a annoncé mercredi de nouvelles frappes et un renforcement de son dispositif.
La radicalisation de ce jeune, qui vivait avec sa mère dans une petite barre d’immeuble devant la Marne, avait été relevée dès 2009, lorsqu’il était en première, par l’encadrement de son lycée de Champigny. Converti de fraîche date à l’islam et prosélyte, il apparaît alors comme le leader d’un trio qui prie dans les couloirs et fréquente une mosquée de la ville voisine de Villiers-sur-Marne. Une radicalisation notée par ses proches, notamment sa fréquentation de sites prônant le jihad.
Plusieurs membres de son entourage, originaires également du Val-de-Marne, département où ont déjà été démantelées plusieurs filières jihadistes, sont encore au Moyen-Orient, a précisé une autre source.
Dès lundi, le parquet de Paris avait annoncé que Maxime Hauchard, lui aussi âgé de 22 ans, lui aussi converti et qui a rejoint la Syrie au même moment, apparaissait dans la vidéo de l’EI.
Une enquête a été ouverte pour assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, visant les deux Français potentiellement impliqués dans les décapitations.
Pour Jean-Charles Brisard, la présence de Français «parmi les bourreaux apparaissant à visage découvert» est «un message très clair adressé à la France et aux Français» par l’EI.
Parmi les 16 autres combattants à visage découvert sur la vidéo, aucun n’a jusqu’ici été formellement identifié.
L’EI, qui comprend des centaines de combattants étrangers dont un gros contingent de Français, s’est emparé de larges pans de territoire en Syrie et en Irak, où il sème la terreur.
Les services spécialisés sont depuis longtemps convaincus de la participation de Français à des atrocités commises par différents groupes jihadistes, et avaient déjà identifié au moins un cas avant cette dernière vidéo, selon des sources proches du dossier.
Plus de 1.100 Français sont impliqués dans les filières jihadistes, dont près de 380 sont actuellement en Syrie ou en Irak, selon les autorités. Une cinquantaine y ont déjà trouvé la mort, a déclaré hier Manuel Valls.
Les convertis représentent 20% de ces jihadistes recrutés, dans leur écrasante majorité, sur internet.