Comme au cinéma - Le Temps Tunisie
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Chronique

Comme au cinéma

Jeudi 20 Novembre 2014
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Quand un film se joue à huis-clos, la projection nationale s’en ressent forcément puisqu’un hiatus suffit à la rendre bancale. Il y a alors une forme de déséquilibre qui s’installe, lequel est susceptible de déstabiliser toute entreprise de réhabilitation, laquelle à son tour, est vouée à l’échec le plus cuisant sous de pareils auspices, faisant perdurer le malaise, lors-même que les nuages, pour épais qu’ils soient, étaient sur le point de se dissiper. C’est du moins ce qu’avait annoncé la météo. Pour leur part, les astres ne se sont pas encore prononcés. Ils rendront leur verdict dans quelques jours…
Pour autant, faut-il arrêter le tournage ? Un second rôle restera un second rôle, et une figuration intelligente devra se contenter d’être, pour n’avoir jamais été qu’un passage furtif, le plus souvent voué à l’oubli, jusqu’à ce que le voile se déchire un jour pour que la lumière soit, et qu’elle s’y attarde de préférence. C’est les risques du métier et qui ne tente rien n’a rien de toute façon. Quant aux premiers rôles, ils sont distribués d’avance, et s’imposent d’emblée, la plus belle des belles ne pouvant donner, etc…, etc.
Mais l’outrecuidance, ô l’outrecuidance !, si elle fait partie du casting, c’est parce qu’il y a nécessité de diversifier les approches, de multiplier les angles de prise de vue, afin de brouiller les pistes, et de ménager le suspens. Le décor quant à lui, à quelques rares exceptions pré, n’a pas beaucoup changé.
Comme au cinéma, il faut beaucoup de moyens, et les bailleurs de fonds ne sont pas toujours ceux que l’on croit, ni certain qu’ils soient au rendez-vous, ou à l’heure juste. Heureux sont ceux qui ont su assurer leurs arrières avant d’amorcer les repérages. Ils auront gagné du terrain lorsque les autres improvisent encore. Les pieds dans la gadoue, ou comment tenter de faire du beau avec du laid ?
C’est un métier, et il faut un sacré souffle. Ceux qui l’aiment prendront le train ; et tant pis pour ceux qui n’ont pas pris leur ticket : ils resteront sur le carreau pour avoir voulu poursuivre des chimères. La question qui se pose est quel train faut-il prendre pour ne pas rester sur les quais ?
Il faut bien l’avouer, c’est un métier qui use le cinéma…

 

 Samia HARRAR

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