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Avec l’accumulation des surenchères : La Tunisie est-elle encore gouvernable ?

Mardi 18 Novembre 2014
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Avec l’accumulation des surenchères : La Tunisie est-elle encore gouvernable ?

Par Khaled Guezmir

« Demain, on rase gratis » écrivait le  barbier sur la devanture  de sa boutique, et c’est le cas  de ce pays confronté depuis bientôt  un trimestre  à une  accumulation sans précédent de surenchères électorales  promettant  des merveilles de lunes, des planètes et des paradis à un peuple désabusé, éreinté   et  pratiquement au bord du gouffre.

Ceci s’ajoute  à toutes  les destructurations  des mécanismes de production opérées par la Révolution,  puis à trois ans de « vacances » à bien  des niveaux, le tout arrosé par l’émergence  du  terrorisme matériel  et spirituel  et la montée vertigineuse de la revendication sociale.

Pourtant  les acteurs qui ont encore quelque  lucidité savent  très bien que la « pompe »  cardio-vasculaire  de ce pays et de son Etat affaibli   et traumatisé ne répond plus ou presque.

L’argent est le nerf  de la guerre, disait bien Richelieu, ministre français, mais  c’est aussi  le véhicule de la prospérité  de l’investissement et du développement en général.

On ne fait pas un barrage, une usine, un port, un aéroport  ou une autoroute, en chantant du matin au soir les refrains des cigales   étourdies,  mais en mobilisant   les capitaux publics  et privés, l’investissement  et en  engageant  le développement  régional et national à un rythme ascendant et soutenu. Pour cela, le pays  a besoin de calme et de concentration au sens  « sportif »  du terme, je dirai même de décontraction et non de turbulences  en cascade et de contractions ininterrompues.

Les dernières  grèves   des transports   montrent à quel point le personnel politique et aussi syndical  se trompe de priorités. Les campagnes électorales   et tous  ces « ténors »  asilés  d’Europe,  de Londres et, d’ailleurs, qui promettent monts et merveilles  à toutes les catégories  fragilisées de la population,  qui ne savent plus où donner  de la tête et qui  réellement croire,   ont mis la barre des revendications  et des aspirations, tellement haut, qu’aucun  gouvernement, fut-il    celui  de Mme Angela  Merkel,   du président chinois,  ou du Premier ministre japonais, ne pourrait y faire face et redresser  la situation d’un pays  en voie  d’implosion  économique  et financière. Ceux qui se présentent comme les « Beys des arabes » (« Bey El Aârab ») à l’image de Ali Ben  Ghdahom, en 1864) et joue les Jean  Valjean « présidents » des pauvres et des déshérités,  peuvent-ils nous dire  où vont-ils trouver  l’argent et les ressources  financières pour nous permettre   de « raser gratis » chaque matin !

Ce dont nous sommes sûrs et c’est qu’une  fois  la campagne terminée. Les « candidats présidents », auréolés de tout    ce tapage médiatique  reviendront à leurs « empires » pour  continuer  paisiblement leurs débats sur Abou Houraïra et Ibn Khafaja en bonne compagnie, dans des studios   très confortables  outre-mer  et laisser   ce pays  et son peuple à son destin ou comme le dit le proverbe arabe (Ahl El Bla… fil Bla !). Alors,  la laitière tunisienne de M. Lafontaine,  à Sidi Bouzid,  à Kasserine et   au « tiers-monde » de l’Ouest tunisien, n’aura qu’à constater et compter les dégâts, et surtout se réveiller avec des rêves  amputés, partis en fumée.

Tunisiennes… Tunisiens, ayez les pieds sur terre et dites-vous bien  que le futur gouvernement et le futur président de ce pays n’auront pas la tâche  facile, et ne  pourront  pas faire les miracles   promis   par les « troubadours »  de la  politique politicienne et surtout ceux qui n’ont aucune prise réelle  sur la réalité  des finances et de l’économie de ce pays en ce moment bien précis.

Le temps des « magiciens » a vécu !  qu’ils repartent là où ils sont mieux à même  de  diffuser leurs fantasmes et « raconter » leurs  histoires imaginaires.

La politique  c’est l’art du possible, du travail laborieux  et de la discipline. A chacun sa vocation !

Les « chansonniers » de Roland   seront mieux au théâtre !

Tiens, il y en a  un tout prêt  de Carthage… mais construit  par les Romains-bâtisseurs et non par des « troubadours » !

K.G