Les étudiants «mangeront des brioches»… - Le Temps Tunisie
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Pour un oui, pour un non... Les dix restaurants universitaires de Sfax en grève…

Les étudiants «mangeront des brioches»…

Mardi 18 Novembre 2014
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À Sfax le personnel ouvrier des institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ont entamé hier une grève de quatre jours sur fond de revendications syndicales.

Les dix restaurants universitaires de Sfax sont fermés depuis hier. Ainsi, plusieurs milliers d’étudiants sont soumis à la diète forcée qui plus est pour une période qui pourrait s’étaler sur quatre jours. D’autre part, dans les 19 institutions de l’enseignement supérieur, les dix restaurants et les quinze foyers universitaires ainsi que tous les bâtiments de l’Université de Sfax, les opérations de nettoyage sont également à l’arrêt depuis hier, une situation qui pourrait s’étaler durant toute cette période. Telles sont les conséquences directes de ladite grève, sans parler des éventuelles perturbations des examens de contrôle programmés pour le courant de la semaine.

En effet, ils sont plus de 1300 ouvriers relevant des institutions universitaires à Sfax à observer depuis hier une grève prévue pour quatre jours. Motifs invoqués de la grève: les atermoiements du ministère de tutelle concernant leurs revendications syndicales. 

Tout en précisant  que la décision de grève n’a aucune quelconque motivation matérielle, Mohamed Essid, secrétaire général du syndicat des agents des institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, indique que les cinq revendications syndicales portent sur  l’élaboration d’un statut légal pour le secteur, le recrutement de nouveaux effectifs pour au moins remplacer les ouvriers partants pour cause de décès ou de départ à la retraite, la révision des modalités des examens professionnels injustes et frustrants et l’adoption de la formule des promotions systématiques, et enfin la révision du classement professionnel des agents, particulièrement ceux exerçant anciennement sous le régime de la sous-traitance, sachant que l’effectif des ouvriers comprend une quinzaine d’agents titulaires d’une maîtrise ou même d’un mastère.

Comme ci-haut mentionné, la période de la grève coïncide avec celle des examens de contrôle continu dans un certain nombre d’institutions universitaires. À ce propos, une source auprès de l’Université de Sfax assure que des mesures de précaution ont été déjà prises pour éviter d’éventuelles perturbations lors du déroulement de ces examens, minimisant à ce propos l’effet de la grève  à la lumière d’expériences précédentes.

Tout en reconnaissant le faible taux d’encadrement ouvriers dans les institutions universitaires dont les besoins en recrutement sont de l’ordre de 150 agents, la même source indique que plusieurs actions ont été entreprises au niveau de l’université de Sfax pour éviter une telle escalade, entre autres certaines concessions sur le plan disciplinaire, rien que pour aboutir à l’assainissement du climat social, exhortant les ouvriers grévistes à revenir à de meilleurs sentiments, d’autant plus que l’État n’est pas en mesure actuellement de satisfaire les demandes de recrutement et de réaffectation. “ Il est indéniable que le personnel ouvrier a raison de réclamer la révision de la cartographie des ressources humaines de façon à ce qu’elle corresponde au taux d’encadrement adéquat, surtout que les recrutements effectués sont inférieurs aux besoins réels des institutions universitaires et qu’ils ne comblent même pas le vide laissé par les départs pour cause de décès ou de départ à la retraite alors que, parallèlement, on assiste à un accroissement continu du nombre d’étudiants et à l’augmentation de la gamme de services qui leur sont fournis.

Taieb LAJILI