«La pression est permanente. C’est un avantage de pouvoir la supporter» - Le Temps Tunisie
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Interview.. Daniel Sanchez (Entraîneur du CA)

«La pression est permanente. C’est un avantage de pouvoir la supporter»

Jeudi 6 Novembre 2014
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«Nous avons encore besoin d’un attaquant pour honorer nos prochains engagements».. «Le travail effectué par Leekens est très cohérent. Les résultats plaident pour lui»
«La pression est permanente. C’est un avantage de pouvoir la supporter»

Après seulement neuf journées disputées le Club Africain est en tête du classement avec l’Etoile Sportive du Sahel. Nous avons approché l’entraîneur clubiste Daniel Sanchez pour nous parler de début de championnat, de ses objectifs, de ses relations avec ses employeurs, de ses aspirations et bien d’autres choses. Entretien :  

 

Le Temps : Pour commencer, vos impressions générales après neuf journées au terme desquelles vous partagez le fauteuil de leader avec l’Etoile du Sahel ?

Daniel Sanchez : je pense qu’on a fait un bon début de saison. Nous sommes en tête avec l’Etoile et les statistiques sont plutôt bonnes avec sept victoires, un nul et une défaite. On peut considérer ce bilan satisfaisant

Votre avis sur votre colocataire, à savoir l’Etoile du sahel et le Club Sportif Sfaxien qui est champion en titre et bien positionné ?

L’Etoile est avec nous à la première place et cela m’évite d’en dire plus. En outre, c’est une équipe qui nous a battus. En ce qui concerne le CSS, c’est une valeur sûre. J’estime qu’il n’y a pas de surprises. Les grands clubs sont là et il va falloir se battre avec ces deux formations jusqu’au bout pour le titre de champion.

Et en ce qui concerne le Club Africain, vous en êtes ou par rapport aux prévisions ? Certes, vous occupez la première place, mais jusqu’à quel point vous êtes satisfait du rendement de vos joueurs ?

Il y a le plan comptable qui est, comme  je viens de le dire, satisfaisant. Evidemment, on peut faire mieux et je regrette la défaite concédée face à l’Etoile que nous aurions pu éviter. Ce jour là, le partage des points aurait été équitable !

Il y a également la manière et j’estime que nous avons disputé de très bons matches et d’autres un peu moins bons. D’ailleurs, c’est le lot du football car il est très difficile de jouer sur le même rythme et de la même manière d’un dimanche à un autre. J’expliquerais ce rythme et cette manière qui sont en dents de scie par les changements opérés et qui sont nombreux. Il faut que l’amalgame se fasse et c’est loin d’être le cas aujourd’hui. Le dernier match en date (face au CSHL) est un exemple puisque nous avons remporté les trois points de la victoire sans briller. Il faut dire que devant des gradins vides, il est difficile de motiver les joueurs…

Qu’est ce qui manque au Club Africain pour être encore plus fort ?

Certainement du temps pour travailler encore, pour qu’ils y aient plus d’automatismes et d’homogénéité dans l’équipe. Du temps pour que les principes de jeu soient bien ancrés dans chaque joueur. Cela nous permettra de gagner en confiance et en sérénité. Vous savez comme moi que la pression est permanente au Club Africain et j’estime que c’est également un avantage, mais pour pouvoir la supporter, les joueurs doivent être armés pour cela et pour l’être, il faut beaucoup de travail physique, technique et mental.

On a beaucoup parlé d’un attaquant de pointe, d’un avant-centre qui n’est jamais arrivé. Après neuf journées, on a l’impression que vous pouvez vous en passer. Qu’en pensez-vous ?

Je suis mitigé. Au départ on a beaucoup parlé d’un attaquant car il était acquis que Djabou devait partir. A partir du moment où Djabou est resté, c’et devenu moins important. Sur cette première partie du championnat on a pu s’en passer car on joue tous les quinze jours, mais je pense que pour la suite, et si l’on considère que nous allons enchaîner les matches en championnat et coupe de Tunisie et puis la coupe de la CAF, les choses vont indéniablement changer. Dans ce cas, on aura certainement besoin d’un attaquant et durant le mercato d’hiver et en fonction de beaucoup de choses on tranchera…

Les techniciens n’aiment pas généralement ce genre de question, mais je vais la poser quand même. Y a-t-il un joueur qui a jusque là déçu et un autre qui a étonné ?

Je ne peux pas parler de déceptions parce que je n’en ai pas eu. Certains joueurs ont fait d’excellents matches, alors que d’autres ont un peu moins brillé. De là à parler de déception, je pense que c’est exagéré. Pour ce qui est des satisfactions, je citerai plutôt l’état d’esprit qui règne dans cette équipe car les joueurs ont la volonté de faire quelque chose et ils savent ce qu’on attend d’eux. Sinon, sur la régularité, un garçon comme Bilel Iffa me semble être le plus régulier depuis le début de la saison. 

Le turn-over que vous imposez ne risque-t-il pas de perturber le rendement collectif et de ralentir l’entente entre les joueurs ?

Il faut d’abord préciser que les changements ne se font pas au cours de chaque match. Depuis le début de la saison on a cherché de garder une certaine constance. Il faut savoir que le turn-over a ses avantages et ses inconvénients. Quand les joueurs savent que la formation peut changer, ça les met en concurrence et c’est une bonne chose qui fait avancer. Ça donne plus de motivations. Quand les joueurs savent que ce n’est pas rigide et qu’il y a le turn-over est une bonne chose. Il faut toutefois éviter d’exagérer car si on n’arrête pas de changer, les automatismes seront moins bons. Il faut toujours trouver le bon équilibre 

Comment sont vos rapports avec le directeur sportif Montassar Louhichi et le président des « Rouge et blanc » Slim Riahi ?

Ils ont très bons. Depuis que je suis à la tête du Club Africain, on discute, on se concerte notamment avec Montassar que je vois tous les jours ou presque. Et si on ne se voit pas, on s’appelle. Nos échanges sont constants et bien évidemment, ils concernent les activités du club. Pour ce qui est du président slim Riahi, je le vois assez peu et vous savez mieux que moi qu’il est pris avec la Présidentielle. Ceci étant, il est très au fait de tout ce qui se fait au club.

Que pensez-vous du parcours du onze national Qui est à un point de la qualification à la prochaine coupe d’Afrique des Nations ?

J’ai regardé les matches de la Tunisie et c’est sans aucun doute positif jusque là. Elle est bien partie pour se qualifier à la prochaine coupe d’Afrique des Nations. Ce que fait Georges Leekens au cours de chaque match est cohérent. Les résultats plaident pour lui. 

Et que pensez-vous de la position du Maroc qui veut que l’on reporte de quelques moins cette même CAN à cause du virus d’Ebola ?

On peut comprendre cette décision des autorités marocaines. C’est quand même quelque chose de grave et ça ne doit pas passer avant le foot. Maintenant la question est de savoir si un report de quelques mois pourrait résoudre le problème. Je n’en suis pas sur et on risque même d’être dans la même situation. C’est une question difficile et on va faire confiance aux dirigeants qui ont toutes les données pour prendre la bonne décision. J’avoue toutefois que je n’aimerais pas être à leur place.

Est-ce que vous vous intéressez à ce que l’on dit de vous et de vos choix sur les journaux tunisiens ?

Evidemment que je m’intéresse et cela ne concerne pas que le sport ou ce que l’on dit de moi. Je m’intéresse à la vie tunisienne, à tout ce qui se passe en Tunisie. Quand je lis un journal tunisien, je ne me jette pas directement sur les pages sportives pour savoir ce qu’on écrit sur moi. Et si je ne le fais, c’est tout simplement parce que je sais qu’en Tunisie et comme dans tous les pays du monde, il y a des millions d’entraîneurs et si je devais prendre en considération tout ce qui se dit, je ne m’en sortirai pas ! En outre, je ne suis pas obnubilé par la presse…

En dehors du football, comment occupez-vous vos journées en Tunisie ?

Beaucoup de football et très peu de temps libre car je suis pris entre la préparation des matches, les séances d’entraînement et le visionnage des matches. Ceci m’oblige à ne pas faire grand-chose d’autre. Lorsque je peu, et quand j’ai un peu de temps libre, j’essaie de voir un peu les alentours de Tunis qui sont beaux et ça serait dommage de ne pas en profiter.

Le mot de la fin ?

Le travail m’attend. Je m’apprête à effectuer la séance matinale du mercredi. Comme quoi, le temps libre il faut en trouver. On prépare le match de ce dimanche face à Kairouan et j’espère que l’on continuera à bien faire. Mon objectif, c’est d’aller le plus loin possible avec le Club Africain

Propos recueillis par

Mourad AYARI