Bas niveau - Le Temps Tunisie
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2018

L’éditorial

Bas niveau

Mercredi 5 Novembre 2014
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On en est aux premiers jours de la campagne électorale pour la présidentielle et on est déjà édifié sur le bas niveau qui devrait la caractériser et l’ambiance délétère qui devrait y prévaloir jusqu’à la clôture le 21 novembre.

Les débuts s’avèrent révélateurs de la nature des hommes en course pour la magistrature suprême et les parties qui s’y tiennent derrière.

A quelques exceptions près, ce sont le siège et les privilèges de la fonction qui prennent le dessus sur l’intérêt suprême de la Nation s’ils ne sont pas la principale préoccupation.

Ainsi, la campagne ressemble plutôt à des joutes d’invectives et d’attaques sur fond de basses manœuvres qu’à une concurrence saine et loyale basée sur la solidité des programmes et la force de l’argument.

Il n’est pas étonnant, dès lors, que les discours versent dans le culte de la personnalité et les superlatifs tels « le président unificateur », ou « président rassembleur ».

Et comme la présidentielle arrive après les législatives et après la victoire de Nidâa Tounes, le mot d’ordre chez les partis dits centristes et démocratiques est de barrer la route au candidat et président du parti sous prétexte d’empêcher le retour de l’hégémonie du parti unique et de la dictature.

A vrai dire, le risque qu’ils invoquent en argument majeur est relatif. Parce tout simplement la Constitution de la 2ème République et les institutions constitutionnelles de contrôle se dressent en rempart contre le retour à un temps honni par les Tunisien depuis l’avènement de Révolution.

Et même si leurs intentions sont bonnes, comment pourraient-ils réaliser leur objectif si chacun tire sur la corde sans concession aucune ?

Attendraient-ils un coup de main d’Ennahdha qui n’a pas présenté de candidat et qui pourrait cautionner l’un d’entre eux. Attendons voir.

Sauf qu’il s’agit maintenant de redonner à la fonction de président de la République la symbolique et le prestige qu’elle a perdus au fil des années post-révolution.

Et c’est aux Tunisiens de choisir leur président sans aucune tutelle ni confiscation de leur volonté.

Lotfi OUENNICHE