L’un des nôtres… - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 14 Novembre 2018

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Nov.
14
2018

L’éditorial

L’un des nôtres…

Mardi 4 Novembre 2014
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Alors que quelqu’un (ou quelques uns) taxait notre métier de « journalisme de la honte », sans bien sûr parler d’un certain livre, voilà au moins un monsieur, qui a pourtant les valises déjà faites, qui tend la main aux femmes et hommes de médias, annonçant des mesures « révolutionnaires » en leur faveur. En décrétant ces mesures sociales, Mehdi Jomâa, montre d’abord qu’il a beaucoup de respect pour ce métier et il met aussi son fauteuil dans le sens de l’histoire et des mutations sociétales, institutionnelles même de la Tunisie. De facto, il lance un message « codé » à nos futurs gouvernants : la presse est bel et bien un quatrième pouvoir qui s’est concrétisé dans les faits et qui figure parmi les véritables conquêtes de la Révolution.

Avant, les largesses du système étaient «  le fait du Prince ». Le Palais avaient ses journalistes et ses largesses ne profitaient qu’à eux. Le syndicat des journalistes était lui-même noyauté de l’intérieur, coupé des aspirations de ses adhérents et de la profession elle-même, dans son esprit et dans sa quintessence.

Nous sommes ici, au Temps, l’un des rares supports à n’avoir jamais flanqué l’appellation « Chef du gouvernement » de l’adjectif  « provisoire », depuis l’avènement de Mehdi Jomâa à la Kasbah. Parce qu’il n’a jamais agi, justement, en « provisoire ». Or tout « provisoire » qu’il est, il aura stabilisé le pays (et nous l’avons toujours dit) et rehumanisé l’Exécutif.

De tous les chefs de gouvernement depuis la Révolution, c’est celui qui a le plus reçu et entendu les journalistes, pas uniquement dans les conférences de presse officielles, mais aussi dans des réunions disons « informelles » et périodiques et dont personne n’était exclu.  

Nous disions plus haut qu’en prenant ces mesures en faveur du vécu et le social des gens de la profession, il lançait un message aux futurs gouvernants.

Il sait en effet que quels que soient ses fondements démocratiques, le pouvoir fait dans la casuistique, qu’il a besoin d’apparats propagandistes et qu’il comptera sur les médias pour l’y aider.

Mais au second degré il s’agit aussi d’un message subtil qu’il distille pour les médias eux-mêmes… Dans le sens de la neutralité, loin de tout asservissement social, et matériel, véhicule privilégié de la dépendance vis-à-vis du système. En fait, Mehdi Jomâa, le chef du gouvernement « provisoire » intègre là la pérennité du journalisme. El il appelle affectueusement les protagonistes du secteur à en faire autant…

Raouf KHALSI