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Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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L’attentat meurtrier contre l’armée en Egypte: Al Sissi accuse « des soutiens à l'étranger.. .L’état d’urgence décrété dans des régions du Sinaï, le terminal de Rafah fermé

Dimanche 26 Octobre 2014
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L’attentat meurtrier contre l’armée en Egypte: Al Sissi accuse « des soutiens à l'étranger.. .L’état d’urgence décrété dans des régions du Sinaï, le terminal de Rafah fermé

Le président égyptien a accusé hier "des soutiens de l'étranger" d'être derrière l'attentat qui a tué 30 soldats dans le Sinaï, où l'état d'urgence a été décrété dans certaines régions tandis que l'armée a mené des frappes aériennes contre les jihadistes.

Vendredi, un kamikaze a lancé sa voiture bourrée d'explosifs sur un barrage militaire situé près d'Al-Arich, le chef lieu de la province du Nord-Sinaï. Trente soldats ont été tués et 29 blessés dans cette attaque, la plus meurtrière contre les forces de l'ordre depuis plus d'un an.

Les autorités ont décrété un état d'urgence de trois mois sur une partie du nord et du centre de la péninsule, dans un périmètre allant de la ville de Rafah, sur la frontière avec la bande de Gaza palestinienne, à la ville d'al-Arich.

Le terminal de Rafah, unique point de passage vers Gaza qui n'est pas contrôlé par Israël, a également été fermé jusqu'à nouvel ordre.

L'Egypte est le théâtre d'attentats quasi-quotidiens visant les forces de sécurité depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013. Ces attaques sont le plus souvent revendiquées par des groupes jihadistes disant agir en représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les partisans de M. Morsi depuis son éviction.

L'attentat de vendredi "a bénéficié de soutiens de l'étranger", a affirmé sans élaborer l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, à l'issue d'une réunion avec le haut commandement de l'armée.

Le président a estimé que cette attaque visait à "briser la volonté du peuple égyptien (...) et de l'armée, le pilier de l'Egypte."

La réunion de M. Sissi avec le haut commandement militaire a conduit à la formation "d'un comité de hauts responsables de l'armée pour étudier les circonstances des récentes attaques terroristes dans le Sinaï et en tirer des leçons, afin de renforcer la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes dans tout" le pays, selon un communiqué de la présidence.

Hier matin, l'armée a mené des frappes aériennes dans des zones du nord du Sinaï considérées comme des bastions jihadistes, tuant huit combattants, selon des responsables de la sécurité.

Et de nouveaux barrages de sécurité ont été installés dans les villes de Rafah et de Sheikh Zouweid, dans le nord du Sinaï, ont indiqué des témoins à l'AFP, s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Pour étouffer l'insurrection jihadiste qui sévit dans le nord du Sinaï, l'armée mène depuis plus de deux ans une vaste offensive dans cette région montagneuse et désertique jouxtant Israël et la bande de Gaza.

Mais même si les militaires annoncent régulièrement avoir tué des dizaines de "terroristes", leurs opérations n'ont pas pour autant enrayé les attaques meurtrières.

"Les forces stationnées (dans le nord-Sinaï) n'ont ni les compétences ni la formation nécessaire pour confronter" les jihadistes, estime Ismaïl Alexandrani, expert des groupes islamistes et du Sinaï.

Quant à l'état d'urgence, "ces procédures sont appliquées de manière informelle depuis un an et demi et elles n'ont fait aucune différence", note-t-il.

Un groupe, basé dans le nord du Sinaï, a revendiqué la plupart des attentats spectaculaires de ces derniers mois: Ansar Beït al-Maqdess, "Partisans de Jérusalem" en arabe, qui dit s'inspirer d'Al-Qaïda, et qui a récemment exprimé son "soutien" à l'organisation Etat islamique (EI) sévissant en Irak et en Syrie. Ce groupe assure lui aussi agir en réponse à la répression des pro-Morsi.

Depuis la destitution du président islamiste, plus de 1.400 de ses partisans ont été tués. Des centaines de pro-Morsi ont été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes, tandis que 15.000 autres ont été emprisonnés.

Les autorités justifient cette répression en accusant la confrérie des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, d’être derrière les attaques, ce que le groupe dément.

L'organisation vieille de plus de 80 ans, qui avait largement remporté les élections organisées après la révolution de 2011, a été déclarée "terroriste" après un attentat pourtant revendiqué par Ansar Beït al-Maqdess.