Le langage du Temps - Le Temps Tunisie
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Le langage du Temps

Dimanche 26 Octobre 2014
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Il y a trois mille ans, Carthage (oui nos racines, notre roman des origines) élisait son Parlement qui avait pour nom « le Suffétat». Trois millénaires en arrière, la Tunisie vivait sous le sceau d’une démocratie représentative. Il est malheureux que nos manuels d’histoire systématiquement réécrits pour glorifier le « fait du Prince » comme dirait Machiavel, occultent cet aspect pourtant sociologiquement génétique. La Démocratie, malgré les dictatures est en effet dans nos gènes.

Aujourd’hui, dimanche 26 octobre 2014, voilà que dans son accélération fulgurante – depuis le 14 janvier 2011 – elle porte en elle les germes de sa propre défatalisation. La démocratie fantasmée, pour laquelle ont lutté les militants et qui s’est libérée parles effusions de sang « incantatoires » des martyrs, versé pour elle, tend la main aux Tunisiens. Elle est généreusement là, mais son regard sera sévère.

Sévère d’abord parce qu’en ces temps de hautes turbulences, de périls terroristes qui guettent le pays, elle n’aura guère de clémence envers ceux qui la boycotteront. C’est-à-dire ceux parmi nos compatriotes qui, au nom de la suspicion et des préjugés réducteurs à l’endroit des politiques, adopteront la politique de l’autruche, et n’iront pas voter.

Sévère ensuite à l’égard des âmes faibles qui marchanderont leurs voix, par cupidité, par manque de discernement et de sens des responsabilités.

Sévère enfin à l’endroit de ceux qui ne saisiront pas cette opportunité pour se libérer de tous les dogmatismes, des mauvais déterminismes idéologiques versant dans le fanatisme et la non acceptation de l’Autre, c’est-à-dire la règle démocratique dans ses fondements. Car il s’agit plutôt, dans l’isoloir, autant de prêter l’oreille aux chuchotements du cœur que d’être pragmatique, réaliste, privilégiant les programmes et non la fascination pour les personnes.

Les hommes passent en effet, les institutions restent. Ici, à Dar Assabah, tous supports confondus, nous avons fait de la neutralité, de la fidélité aux faits rapportés, notre ligne de conduite éditoriale et, même notre sacerdoce. Nous avons sillonné avec tous les candidats la République en long et en large. Nous demeurons de ce fait conscients quant à la faculté des Tunisiens à saisir cette opportunité historique de se reconstruire, de croire en un avenir radieux où, même, le meilleur sera possible.

Et alors, la Démocratie nous interpelle. Ne la trahissons pas.

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