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Défendue désespérément par les forces kurdes: Ain Al Arab, symbole de la résistance à Daech

Dimanche 12 Octobre 2014
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Défendue désespérément par les forces kurdes: Ain Al Arab, symbole de la résistance à Daech

Le groupe ultraradical Etat islamique (EI) renforçait hier son emprise sur une grande partie de la ville syrienne de Kobané défendue désespérément par des forces kurdes moins bien armées, l'ONU disant craindre pour la vie de milliers de civils.

Les avions de la coalition dirigée par les Etats-Unis ont mené deux nouvelles frappes avant l'aube sur les positions jihadistes dans l'Est et le sud de cette ville kurde clé, située à la frontière turque, selon une ONG syrienne.

Alors que la campagne aérienne contre l'EI est entrée dans son troisième mois en Irak et dans sa troisième semaine en Syrie, sans parvenir à entamer la capacité du groupe à s'emparer de nouveaux territoires, les chefs militaires de 21 pays de la coalition doivent se réunir mardi à Washington pour évaluer leur stratégie.

Dans Kobané, devenue le symbole de la résistance à l'EI, les forces kurdes ont réussi dans la nuit à repousser, au terme de combats acharnés, un assaut des jihadistes en direction du centre-ville, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis son entrée lundi dans cette troisième ville kurde de Syrie, l'EI en a pris 40% après s'être emparé de secteurs dans l'est, le sud et l'ouest de la ville, et avoir pris le contrôle vendredi du QG des forces kurdes dans le nord de la cité, à un km environ de la frontière turque.

Son objectif est de prendre le poste-frontière et s'assurer ainsi la maîtrise sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque.

Du côté turc de la frontière, les journalistes de l’AFP ne pouvaient voir Kobané le matin en raison d’une brume couvrant le secteur mais entendaient les tirs ainsi que le survol des avions de la coalition, peut-être en prévision de frappes.

Selon Mustafa Ebdi, un militant kurde originaire de Kobané, ville d'une superficie de 6 à 7 km, les forces kurdes, de plus en plus désespérées, voient leurs munitions diminuer et réclament plus de frappes.

"Nous entendons le bruit des combats. Cela ne s'arrête jamais", a-t-il dit à l'AFP. "Les combattants sont résolus à combattre jusqu'à la dernière balle".

Depuis le début le 16 septembre de l'offensive jihadiste, plus de 500 combattants ont péri selon l'OSDH, et quelque 70 villages sont tombés aux mains de l'EI. En outre 300.000 habitants ont pris la fuite, dont plus de 200.000 en Turquie.

Profitant de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis plus de trois ans, l'EI, fort de dizaines de milliers d'hommes dont des Occidentaux, a réussi à s'emparer de larges pans de territoires dans le nord et l'est du pays. Il contrôle en outre de grandes zones dans l'Irak voisin.

Connu pour son extrême brutalité, ce groupe sévit dans les régions sous son contrôle en commettant viols, exécutions, décapitations, rapts et persécutions.

L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura, a d'ailleurs dit craindre un "massacre" à Kobané.

Jusqu'à 700 civils se trouvent encore dans le centre-ville, dont une majorité de personnes âgées, et entre 10.000 à 13.000 sont rassemblés tout près de la frontière, a-t-il dit. Si la ville tombe, ces civils seront "très probablement massacrés".

Il a en outre appelé la Turquie à "autoriser le flot de volontaires" qui avaient trouvé refuge en Turquie à retourner défendre leur ville. Mais Ankara a estimé que renvoyer des civils vers la guerre serait "un crime".

Les Etats-Unis, frustrés par les hésitations turques, ont fait état d'avancées avec la Turquie pour qu'elle s'implique davantage dans le combat, notamment grâce à son appui pour former et équiper les rebelles syriens modérés combattant le régime de Bachar al-Assad et l'EI.

Que ce soit en Syrie ou en Irak, ce qui fait la force de l'EI est avant tout la faiblesse de ses opposants.

Excluant des troupes au sol, les Etats-Unis ont préconisé dans leur guerre contre l'EI de renforcer, en entraînement et en équipements, les troupes irakiennes et la rébellion syrienne modérée.

Selon des responsables américains, les forces pro-gouvernementales se trouvent dans une position "fragile" dans la province occidentale irakienne d'Al-Anbar, où l'EI contrôle de larges secteurs. Grâce au soutien aérien américain, ces forces "conservent de l'avance mais c'est difficile et éprouvant", a assuré l'un d'eux. "Ce n'est pas une bonne situation", a dit un autre.

Selon les experts, au lieu de décimer l'EI, les frappes semblent au contraire galvaniser les jihadistes qui engrangent les ralliements d'autres groupes extrémistes comme symboles de la "résistance à l'Amérique".

Dans ce contexte, les Etats-Unis ont dit redouter des attentats perpétrés dans le monde contre des intérêts occidentaux, après les menaces jihadistes de représailles.

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