Mosquées «rebelles» : où en est-on ? - Le Temps Tunisie
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L'éditorial

Mosquées «rebelles» : où en est-on ?

Samedi 11 Octobre 2014
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La problématique des mosquées « rebelles » rebondit en cette période de campagne électorale. C’est qu’elles sont capables de distiller un discours qui n’est pas à proprement parler « partisan », mais plutôt, outrancier, dérivatif et, pour tout dire, obscurantiste.
Dans la feuille de route, injonction (oui, injonction), a été faite au gouvernement de technocrates de « récupérer » les mosquées sans foi ni loi et qui s’éloignent de Dieu pour pactiser avec Satan. C’est qu’en cette ère de dépérissement du culte, d’instrumentalisation de la religion, d’idolâtrie macabre pour les coupeurs de têtes « mécréants », on n’est plus vraiment dans la vieille dialectique du religieux et du politique ; on n’est plus, non plus, dans l’antagonisme entre athées (ou simplement, laïcs) et croyants. Et d’ailleurs, même le concept d’Islam démocratique, ou de l’Islam politique, n’apaise pas les relents haineux de ces obscurantistes de la cinquième dimension. Ils sont dans la logique aveugle du « jihad » comptabilisant chaque jour les « conquêtes » de Daëch (leur nouvelle religion), versant dans les réminiscences d’un califat fantasmé au détriment des réquisits de l’Etat/Nation et allant même jusqu’à appeler les jeunes à rejoindre le triangle daechiste de l’apocalypse, à coups de « Fatwas » pour le meurtre, les exécutions sommaires, et le Jihad du Niqah.
Tout en mettant en place un dispositif sécuritaire pour faire reculer le terrorisme et, à terme, pour l’éradiquer, le gouvernement a, quand même, normalisé cent-quarante-neuf mosquées (ce qui n’est pas une mince affaire), mais il en reste encore près d’une trentaine ou plus, capables du pire parce que l’étau de la démocratie se resserre autour d’elles tandis que les prédicateurs intensifieront encore davantage le venin de l’outrance dans une ultime tentative de défigurer la foi, de défigurer l’Islam, de défigurer la Chariaâ elle-même, à laquelle ils se réfèrent fallacieusement.
Sauf qu’en cette période décisive de l’histoire de la Tunisie, tant pour ses fondements républicains que pour la sauvegarde de ses valeurs identitaires et pour la naissance d’une véritable démocratie, c’est toute la société civile, ainsi que les partis d’obédience religieuse qui doivent épauler le processus de récupération enclenché par le gouvernement. Il faut dissuader, par un élan citoyen, les âmes faibles, proies faciles pour le lavage des cerveaux, d’aller écouter les prêches déviationnistes, révisionnistes et dangereusement haineux.

Raouf KHALSI