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Fraudes électorales

Un énorme haut-le cœur saisit les citoyens

Mercredi 8 Octobre 2014
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• Le Temps recueille le sentiment de quelques victimes « squattées »

A quelques jours des Législatives, une grande polémique s’installe et fait trembler tout le processus électoral. Dans la course vers Carthage, sur les 70 candidats à la Présidentielle qui ont déposé leurs dossiers, seuls 27 demeurent encore  en course. Sauf que, coup de théâtre, et pour étoffer leur dossier de candidature, certains auraient usé sans scrupule de manigances amorales. Sept parmi les présidentiables auraient recouru à la tricherie via la manipulation informatique.
Des figures de l’ancien régime, aux magistrats, en passant par les grands militants politiques qui ont marqué l’histoire politique tunisienne moderne,  les Tunisiens ont vraiment l’embarras du choix. Jusque-là tout allait bien. L’attention commençait à se tourner enfin vers l’essentiel, à savoir les Législatives quand un soubresaut a frappé telle une foudre l’opération électorale et a ébranlé l’opinion publique. Les parrainages figurant dans les dossiers de candidatures de certains prétendants à la Présidentielle, indépendamment de leur appartenance et de leur statut, étaient tout bonnement frauduleux.
Une nouvelle qui offusque, rebute et choque les futurs électeurs. Peut-on faire confiance à des personnes qui pillent vos informations personnelles, violent votre liberté de décider et vous dépossèdent, à votre insu, de votre identité ? Pis encore, des signatures outre-tombe  de personnes mortes figurent dans ses listes de parrainage ! Aujourd’hui, on les compte, désormais, par milliers, les citoyens qui ont eu la malheureuse surprise de voir leur identité volée. Outre les morts et enterrés, des artistes, des militants et même des bases de données informatiques d’universités et d’institutions ont été piratées.
L’histoire a commencé quand l’ISIE a par erreur, publié les listes de parrainages des candidats avant d’être retirées quelques heures plus tard. Cela avait suffi pour qu’un bon nombre de citoyens se rendent compte que leurs noms et signatures figuraient dans ces listes-là.  Le premier à réagir était le parti Pirate tunisien qui  avait mis en ligne une application permettant de vérifier. Dans ce service, il n’y avait que les 9 candidats dont les listes étaient publiées le 26 septembre pendant quelques heures par l’ISIE.
La réaction de l’ISIE ne s’est pas fait attendre. Pour assurer la transparence de l’opération électorale, l’instance a mis à la disposition des Tunisiens un code gratuit pour vérifier si l’on a utilisé leur identité dans le parrainage des candidats à la Présidentielle. C’est là que le nombre des plaintes s’est accru à la vitesse de la lumière!
Dans le code pénal, l’article 175 autorise à toute personne ayant subi un tort  dans cette opération  de poursuivre l’escroc  qui peut écoper pour plus de 5 ans de détention.  De son côté, le spécialiste  en Droit électoral, Chokri Azzouz a précisé que l’article 158 de la loi électorale stipule que toute opération de fraude dans les signatures incluses dans les dossiers de parrainage à la Présidentielle est passible  de 6 mois de prison et d’amende.
Dans la foulée, Le Temps s’est adressé à quelques-uns des citoyens victimes de cette Kermesse électorale à la fois parodique et pathétique.
I.C, 30ans, ingénieur informatique :
«On est terriblement scandalisés par cette «découverte». On s’inquiète quant
à la protection de nos données personnelles et notre  vie privée.»
«Ce matin, on croyait faire le devoir citoyen de vérifier si nous avions parrainé l’un des candidats à la Présidentielle via le service SMS de l’ISIE *195*N° CIN#, question d’avoir le coeur net et à ma grande surprise voilà que je tombe sur l’arnaque de l’année!
Pour mon compte je découvre que je parraine un certain Y. Chennoufi à mon insu!!!  Une véritable honte pour le processus démocratique!! Que devrait-on attendre de tels candidats! La course au trône n’étant pas encore commencée et on en a déjà plein les yeux!! Quel avenir pour le rêve la souveraineté du peuple Tunisien!? La démocratie ne serait-elle pas qu’un beau mirage pour nous, les Tunisiens! On se dit que les têtes changent mais les pratiques sont toujours les mêmes!! Le plus scandaleux c’est que je ne suis pas la seule !  Un grand nombre de mes amis et ex camarades de classe principalement. Le plus choquant dans tout cela c’est que comme par hasard, et je pèse bien mes mots, nous nous sommes rendu  compte que le point commun entre nous et ce M. Y. Chennoufi n’est autre que l’établissement où nous avons poursuivi nos études!! Comment un établissement de Technologie peut-il divulguer les données personnelles de ses étudiants!? Qu’elles aient été piratées ou vendues ceci est inadmissible de la part d’une école qui donne des cours de sécurité informatique, de protection des données numériques etc…On est terriblement scandalisés par cette «découverte» et on s’inquiète quant à la protection de nos données personnelles et notre  vie privée!!Ceci dit, je pense que le devoir de tout citoyen est de dénoncer ces deux pratiques illégales, l’une étant plus grave que l’autre, à savoir la fraude politique et le vol et la divulgation des données personnelles!! La démocratie se construit à l’aide d’une conscience citoyenne et c’est notre responsabilité à tous!  D’ailleurs, on ne compte pas se taire, nous sommes en train de former un collectif pour déposer une plainte collective ! INDIGNONS-NOUS !»
Leila Toubel, artiste :
«Dans mon pays, des voyous sont candidats aux présidentielles».
Après les bonds et rebonds des parrainages qui ont agacé nos vies pendant des jours, comme une bonne citoyenne j’ai composé *195*mon N° de CIN. A ma grande surprise, incrédule, je ne croyais pas à ce que je lisais : j’aurais parrainé BahriJelassi aux élections présidentielles sans que je le sache! J’étais abasourdie. Je me suis senti salie, trahie, violée parce que mon identité a été usurpée, parce que ma voix a été confisquée, mon libre arbitre outragé et ma volonté piétinée… Je me suis senti dépossédée, déracinée parce que mon identité n’est plus mienne, parce que ma personne n’est plus qu’un numéro livré aux mains sales des criminels et des voyous… parce que dans ce pays que j’aime tant, il est insoutenable de sentir qu’un minable a joué avec ta dignité. Ceux qui te volent aujourd’hui ton identité, t’arracheront demain, sans scrupules, tes rêves et ta vie. Vous voyez, c’est loin d’être le gag de l’Aïd. Dans ce drame, parce que c’en est un, il se trouve que mon nom soit introduit particulièrement dans la liste de Bahri Jlassi, je voudrais bien croire que c’est un pur hasard, mais si ce n’est qu’une minable manigance, je dis à ces «honnêtes» gens, faites un petit effort, essayez de ne pas descendre plus bas que la poussière. D’ailleurs, j’ai fait une réclamation auprès de l’ISIE et lundi je portera plainte contre Bahri Jelassi.»
Dans cette guéguerre pathétique, la société civile et l’ISIE ont vite fait de réagir pour démanteler ces réseaux montés de manière perfide et menaçant tout le processus électoral. De son côté l’organisation ATIDE a lancé en ligne un formulaire destiné aux personnes concernées par cette «traîtrise» et deux numéros verts. Quant à l’ISIE, Chafik Sarsar a déposé une plainte auprès du ministère public du tribunal de première instance de Tunis. Une enquête est ouverte. Pourvu que la loi soit rigoureusement appliquée sur toute personne sans vergogne impliquée dans cette affaire de fraude.

Melek LAKDAR

 

Baromètre… Baromètre…

 

 

Le niet de l’ISIE, contre Abir Moussi, à Béja

Malgré sa tentative de déployer  électorale à son parti, en présentant une demande  dans ce sens  par télécopie à l’ISIE, le 3 septembre dernier, Abir Moussi  s’est heurtée au refus catégorique de cette dernière qui y a opposée son véto l’empêchant par là même d’organiser une conférence de presse prévue dans le cadre de sa campagne électorale.
Abir Moussi a considéré cette décision comme affectant les conditions de transparence et de loyauté électorale requises.
Pour sa part  Lassâad Kthiri de l’IRIE s’est contenté de déclarer que Abir Moussi n’a pas respecté les formalités requises par la loi électorale, notamment concernant les demandes qui doivent impérativement être déposée au guichet unique, seul organisme compétent en  la matière  pout toutes les doléances et toutes les réclamations.

 

Charité bien ordonnée….. Mehdi Ben Gharbia (Alliance démocratique), commence par son fief, Bizerte

La campagne  du parti de l’Alliance démocratique a commencé dès le deuxième jour de l’Aïd à Bizerte, avec l’affichage de la liste et  le manifeste électoral.
Présisant  une assemblée générale au local du parti à Bizerte et devant une assistance nombreuse parmi les adhérents et les militants à Bizerte nord et Bizerte sud, Mehdi Ben Gharbia le chef du parti a dans son allocution mis en exergue la nécessité de se déployer par tous les moyens afin de résoudre les problèmes d’infrastructure et  de marginalisation notamment à Bizerte dont une bonne majorité des jeunes sont demandeurs d’emploi. Il n’a pas manque visiter, par la même occasion les locaux du parti à Zarzouna et Menzel Abderrahmane

Lente cadence à Monastir

Le nombre des listes dans cette région a atteint le nombre de 20, alors que le premier jour de la campagne il n’y avait que 4 listes. Le troisième jour il a atteint le nombre de 13 dans les quatre délégations de la région.
Une lenteur considérable de la campagne électorale est enregistrée à travers les quatre  grandes délégations de la région.
Les réunions électorales entamées à Monastir, dimanche dernier, par Ennahdha,à Monastir, la prochaine réunion électorale  du même parti était programmée pour hier dans l’après-midi à Beni Hassen , tandis que la réunion d’aujourd’hui elle a lieu à Menzel Kamel.
Quant à Nidaa Tounés, il  a organisé une réunion électorale hier dans la soirée à Ksar Hellal.
De son côté le courant Al Mahaba a organisé une réunion électorale  le même jour à Bennan, délégation de Ksibet El Mediouni.
Al Moubadara a décidé de multiplier les visites sur terrain en commençant par les régions de Sidi Bennour, Chrahil, et Menzel Fersi, de la délégation de Moknine, puis elle enchaîné  le quatrième jour par des visites dans les égions de Aâmira, El Fhoul,Aâmiret Ettouazra, et Aâmiret El houjjaj.

Destruction des affiches au gouvernorat de Kairouan L’IRIE porte plainte

L’IRIE à Kairouan a déposé une plainte  devant le procureur de la République près le tribunal de  première instance de Kairouan, suite aux multiples destructions des affiches électorales dans la région, qui ont été déchirées, ou griffonnées de manière à rendre l’écriture qu’elles comportent illisible.
La délégation a été la plus affectée par ce phénomène, qui n’a d’autres buts que de semer le trouble.
Pour le moment seule Ennahdha à Tataouine
Le Gouvernorat de Tataouine s’est distingué par une lenteur de la cadence électorale, qui a débuté après l’Aid, par des réunions du mouvement Ennahdha dans les cités, au cours desquelles ont été distribués des dépliants et des manifestes électoraux.
Pour sa part Sami Hamzi,membre du bureau régional de ATID, a déclaré après sa visite à l’IRIE, que les activités inscrites au registre de l’Instance, concernent le mouvement d’Ennahdha, alors que les 20 autres partis ainsi que les 5 listes des indépendants  les 4 listes de coalition n’ont pas encore entamé leur campagne.
Quant à l’ambiance générale elle ne présente rien de spécial, comme si le citoyen n’était pas encore au parfum  estime le membre de l’IRIE précité,

 

Le Mouvement Wafa présente son programme électoral  à Sfax 1 et Sfax 2
Nida Tounès et « l’interventionnisme français »

Le Mouvement Wafa a présenté  mardi ses listes pour Sfax 1 avec à sa tête  Anis Ben Messaoud et Sfax 2 chapeautée par Anis Ellouze. Présentation a été faite des grandes lignes  du programme électoral s’articulant autour de l’édification d’un Etat moderne capable de contrer les résidus du régime déchu, la suppression des lois  réactionnaires  dans le cadre de ce que le Mouvement appelle « l’édification d’un Etat révolutionnaire ».
Des propositions d’ordre économique ont été formulées insistant sur la nécessité que Sfax prenne sa part dans le marché  touristique. Les têtes de listes ont, par la même, exposé  leur vision d’un « Etat révolutionnaire » parce que, selon eux, il faut développer la Révolution à travers les droits des citoyens, la revalorisation du travail  et la réaction de la plus-value.
Le volet de la santé a constitué un point focal dans les interventions des candidats insistant sur la nécessité de rapprocher les prestations sanitaires des citoyens en créant des pôles sanitaires tout en palliant les dérives au niveau des corps des médecins, tout en formulant des propositions de lutte contre l’évasion  fiscale, dans ce domaine.
Sur le plan  politique,  Anis Ben  Lassoued a affirmé : « Notre problème n’est pas avec Nidaa Tounès, même s’il représente un ennemi politique. Mais, le problème c’est les figures Rcdistes. Enfin, Anis Ben Lassoued a déclaré qu’une « intervention française est en train d’infléchir nos choix nationaux ».

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