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L’Organisation 23_10 énumère les «ratés» du processus électoral

Pour elle, ça ne tourne pas rond au sein de l’ISIE

Jeudi 2 Octobre 2014
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- « Partialité des agents de l’ISIE, marginalisation de la présidentielle, absence de mécanismes de vérification des parrainages… »

L’organisation 23_10 d’appui au processus de transition démocratique a réitéré, dans un rapport relatif à «l’observation deuxième processus électoral post-révolution en Tunisie» entre le  10 mai et le 29 septembre 2014, ses doutes sur la capacité de  l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) d’organiser les prochains scrutins législatif et présidentiel dans les délais impartis et d’une manière digne d’un pays en pleine transition qui a réussi à organiser des élections transparentes et crédibles le 23 octobre 2011.
Rappelant que l’ISIE a échoué à garantir la participation d’un grand nombre de citoyens en âge de voter aux prochaines élections, l’organisation reconnaît, cependant, que cette instance s’est globalement bien acquittée de sa mission lors de la présentation des candidatures aux législatives et, à un degré, moindre à la présidentielle.
Lors de la présentation de candidatures à la présidentielle, l’organisation présidée par Sami Ben Slama, membre de l’ancienne instance  qui avait organisé avec brio les élections de l’Assemblée nationale constituante (ANC), a brocardé l’absence des membres de l’actuelle ISIE. «Des simples fonctionnaires ont été chargés d’accueillir les candidats à la présidentielle alors que les membres de l’ISIE étaient totalement absents malgré la grande symbolique et l’importance du scrutin présidentiel. Cela a été interprétée comme étant une politique de marginalisation des grandes échéances nationales»,  écrit-telle dans son rapport.
L’organisation 23_10 d’appui au processus de transition démocratique aussi noté que l’opération de présentation des dossiers de candidature à la présidentielle a été marquée par «une certaine anarchie» et «un manque d’organisation et de professionnalisme» de la part de l’ISIE. «Ces manquements ont abouti à la présentation de candidatures fantaisistes et folkloriques et à la présentation de dossiers incomplets et sans parrainages », précise-t-elle.
L’organisation a, d’autre part, dénoncé l’absence de mécanismes légaux et techniques permettant de vérifier la véracité des parrainages à l’instar de la réception des parrainages par l’intermédiaire des huissiers notaires.

 Partialité

En ce qui concerne la présentation des candidatures aux législatives, l’organisation 23_10 a pointé du doigt le «manque d’impartialité de certains membres et agents de l’ISIE», rappelant que le président de l’instance régionale des élections de Gafsa limogé a été invité par le président de l’ISIE, Chafik Sarsar, à déclarer aux médias qu’il a démissionné de son plein gré, chose que l’intéressé a nié estimant avoir été écarté injustement en raison de sa neutralité et de son impartialité.
S’agissant de l’opération d’inscription sur les listes électorales,  l’organisation souligne que l’ISIE n’a pas déployé un grand effort en matière de sensibilisation comme en atteste  la diminution de 66%  du budget réservé à la communication. Elle indique aussi que l’instance  a compté lors de cette opération sur 2500 agents, dont certains sont des militants de certains partis politiques, tout en écartant des jeunes expérimentés dans ce domaine.
L’organisation 23_10 a, par ailleurs, accusé l’ISIE d’avoir «cherché à diminuer de plusieurs centaines de milliers le nombre des électeurs potentiels», qui était estimé en 2011 à 8018048 personnes, selon les données de l’Institut  national de la Statistique (INS).  Ces divers manquements ont incité l’organisation à accuser l’ISIE d’avoir «cherché délibérément à préserver la carte politique apparue au lendemain des élections de l’ANC».
Sur un autre plan l’organisation 23_10, qui avait appelé dès août dernier,  alors que l’opération d’inscription sur les listes électorales battait son plein au  limogeage du président et de certains membres de l’ISIE en raison de leur «incapacité à garantir le déroulement des prochains scrutins législatif et présidentiel dans un cadre de transparence», révèle que l’instance chargée de piloter le deuxième processus électoral post-révolution rencontre de grandes difficultés pour acheter les équipements et signer les contrats nécessaires dans le domaine de la logistique.
L’organisation a,   par ailleurs, jugé inadmissible le fait que l’ISIE ne dispose pas à ce jour d’un appareil exécutif permanent et compétent.

Walid KHEFIFI