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L’éditorial

L’éditorial: Sauvez Djerba !

Dimanche 28 Septembre 2014
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Gustave Flaubert écrivait dans « Salammbô » : « Cette île couverte de poudre d’or, de verdure et d’oiseaux, où les citronniers sont hauts comme des cèdres et où l’air est si doux qu’il empêche de mourir ». Flaubert désignait Djerba, l’île des rêves, l’île des Lotophages.

Cette île de la Méditerranée, n’a cessé de séduire à travers l’histoire. Tous ses visiteurs, depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours, ont succombé à son charme et rares sont ceux qui ont pu résister à la tentation d’y rester et de s’y installer pour la vie.

Le plus célèbre de tous est sans doute Ulysse qui a y vécu une magnifique aventure et qui a eu beaucoup de peine à persuader son équipage à monter à bord et à partir, tellement ils étaient captivés par la beauté de l’île. C’était l’époque où la nature s’affichait dans toute sa splendeur, à l’abri des nuisances de l’homme et de ses caprices dévastateurs.

Mais, malgré cela, Djerba a su quand même garder à travers les siècles son aspect de terre paradisiaque, de repos et de tranquillité ainsi qu’un havre de paix et de coexistence pacifique entre communautés de confessions religieuses différentes.

Nos pères et grand-pères ( étant moi-même natif et originaire de l’île), nous décrivaient la douceur de vivre qui y régnait et comment ils laissaient derrière eux tous leurs soucis dès leur « retour » à Djerba.

La beauté du paysage, la pureté de l’air et la salubrité de l’environnement le permettaient. Tout cela s’est-il évaporé ? Non ! L’île continue et continuera de fasciner. Mais il faut avouer qu’elle a perdu de sa splendeur d’antan et de son attrait magique. Il faut chercher les causes peut-être dans la surexploitation des capacités de l’île dans le tourisme de masses, dans la dispersion de la diaspora djerbienne de son incapacité à constituer un lobby influent apte à peser sur les centres de décision pour défendre les intérêts de l’île et surtout d’avoir fait preuve d’un laxisme face a l’invasion du béton et des constructions anarchiques.

Cette situation est allée s’aggravant pour atteindre son point culminant après la Révolution.

Le résultat est que chacun en fait, aujourd’hui, à sa tête dans un silence total des autorités frisant l’indifférence.

Si Djerba croule, aujourd’hui, sous les ordures et les odeurs nauséabondes c’est qu’il n’y a pas une réelle volonté politique à imposer des solutions et à appliquer la loi contre les réfractaires.

Chose qui suscite la colère des Djerbiens et l’inquiétude des amoureux de Djerba, même parmi les étrangers. Et tout retard est synonyme d’une exacerbation des tensions, des troubles sociaux et de l’agonie de la poule aux œufs d’or, le plus gros pourvoyeur de devises fortes au pays.

Lotfi OUENNICHE

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