«L’amour de la République doit l’emporter sur tout le reste!» - Le Temps Tunisie
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Si je suis élu.. Le magistrat Ali Chourabi dans la course

«L’amour de la République doit l’emporter sur tout le reste!»

Mercredi 24 Septembre 2014
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«L’amour de la République doit l’emporter sur tout le reste!»

Les candidats à la présidentielle se suivent et ne se ressemblent pas. Il  y en a pour toutes les tendances et pour tous les goûts. De l’extrême droite conservatrice à l’extrême gauche populaire ou même populiste en passant par la gent féminine en la personne d’une femme d’affaires et d’une magistrate dynamique et motivée. c’est cette diversité qui matérialise la démocratie et qui est susceptible de la consolider, bien que certains estiment que cette diversité engendre l’éparpillement qui pourrait aboutir au chaos.

En tout état de cause, chaque candidat est tenu de réunir un certain nombre de voix, 10 mille au minimum. Mais tout le problème est là! Comment réunir les signatures? 

Pour certains c’est très facile, ça se monnaye paraît-il. Enfin bref il est inutile de nous étendre là-dessus, car déjà cette manière est contraire aux valeurs de la République. Celui qui nous a accordé un entretien se dit de cette trempe, sans se montrer ni présomptueux ni pédant, du genre trop sûr de lui. Il est  d’un naturel, qui inspire confiance et il a l’apparence de quelqu’un qui a confiance en lui-même. Bref il est simple sans être simpliste.  c’est un magistrat à la cour de cassation ayant les fonctions de juge à la chambre d’accusation. Ali Chourabi , est en effet un magistrat qui a derrière lui une longue carrière au cours de laquelle il a comme tous ses collègues rencontré des difficultés et dut faire face aux risques du métier et aux aléas des  interventions «venant d’en haut» plus qu’aux vides juridiques dans des situations souvent délicates .

Le Temps : Mais qu’est-ce qui vous a incité à vous présenter à la présidentielle?

Ali Chourabi : J’ai  d’abord longuement réfléchi avant de décider de présenter ma candidature. J’ai régulièrement manifesté mon envie à travers ma page de réseau social et cette envie se consolidait chaque jour davantage  à chaque fois que je constatais les indices d’une déstabilisation dans les rouages  de l’Etat et un relâchement dans ses structures, amenant à une absence d’autorité au sein de ses institutions. La dérive sécuritaire qui alla crescendo depuis la Révolution  et la menace frappant le système républicain sont là pour étayer mes propos.

Le terrorisme devient de plus en plus  menaçant aussi bien pour le peuple que  pour les forces de sécurité et les militaires. Nous sommes arrivés à une situation alarmante à laquelle nous n’étions pas habitués. Nous n’avons pas  connu auparavant une violence d’une telle envergure et des crimes tendant à éliminer physiquement les éléments considérés comme étant  gênants à cause de leurs idées. C’est une situation à laquelle nous ne sommes pas habitués.

C’est cette conjoncture qui m’a incité en tant que magistrat et homme de loi  à participer à l’élection présidentielle, afin d’oeuvrer à la consolidation des principes de respect de la loi et des valeurs de la République. 

Quelles ont été les réactions de vos proches ?

La réaction  de mes proches et de mes amis a été entre l’étonnement  et l’inquiétude, puis l’encouragement.

J’ai dû auparavant consulter mes amis et procéder à des concertations avec mes proches.Je me suis rendu dans  toutes les régions de la République afin de faire entendre ma voix et faire part de la politique à initier si j’étais élu président. Car c’est le sort de tout un peuple dont il s’agit et non l’intérêt d’un parti. D’ailleurs, je ne représente aucun parti.

Le respect de la Constitution est parmi les priorités. Car c’est la loi suprême en vertu de laquelle tous les principes d’égalité de Justice et de liberté sont consacrés.

Comment jugez-vous la relation argent et politique ?

Je compte sur le bon sens de l’électeur afin de ne pas tomber dans le piège des hommes d’affaires qui se présentent aux élections en achetant les voix. Les Tunisiens ne vendront leur dignité et  ne trahiront pas leur conscience pour une poignée de dinars.

Comment allez-vous agir face aux partis politiques ?

Certes les partis politiques ont une machine électorale qui fonctionne sur le plan local et régional. Toutefois les électeurs se sont habitués aux promesses sans lendemain depuis les précédentes élections. C’est la raison pour laquelle, ils sont devenus méfiants et ils peuvent de toutes les façons faire la part des choses.

Pour ma part, j’œuvrerai à  tenir mes promesses en accomplissant mon devoir inhérent à l’essence  même de ma fonction, consistant essentiellement à consolider les valeurs de la République et de sauvegarder les acquis de la femme que je m’engage à soutenir afin qu’elle sauvegarde ses intérêts et défende ses intérêts en tant que l’égale de l’homme dans les devoirs et les droits.

Quelle est la place des jeunes et des régions défavorisées dans votre approche ?

Je compte bien sur les jeunes dans les régions marginalisées et déshéritées, pour lesquels j’ai tout un programme tendant à l’amélioration de leur situation  et leur soutien matériel et moral afin de les extirper du carcan du chômage, de la délinquance et de la misère. Ce sont des priorités pour lesquelles je compte bien apporter les solutions nécessaires à l’amélioration de leur situation. La révolution n’avait-elle pas été l’œuvre  des jeunes qui avaient un ras le bol du chômage menant à la délinquance et à la consommation des stupéfiants, une manière de s’évader et d’oublier la réalité amère.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme électoral?

Il s’agit tout d’abord d’œuvrer dans le but de sauvegarder les valeurs républicaines, en sévissant contre la violence et le crime organisé et en incitant par tous les moyens au respect de la loi et des droits de l’Homme.

Il importe par ailleurs de combattre le chômage et la pauvreté et la marginalisation  par tous les moyens.

A côté de cela il importe de développer l’action diplomatique dans le sens de la sauvegarde des intérêts de la Tunisie au sein  la communauté internationale, et le respect des relations de réciprocité, en reconsidérant  les relations avec les pays frères et amis, loin des agendas étrangers  suspects  et préjudiciable pour le pays.

Enfin en tant que magistrat, j’œuvrerai à la consolidation de l’indépendance de la Justice et le respect des droits et des libertés; lesquels sont strictement liés. Il ne peut y avoir de respect des droits de l’Homme sans une Justice indépendante, dont les décisions ne sont pas dictées par une autorité supérieure, mais dans l’impartialité et le respect de la  loi.

Ma candidature constitue un défi, car je suis certain de créer  la surprise.

Propos recueillis par Ahmed NEMLAGHI