Sa rancune le conduit à la mort - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 19 Septembre 2018

Suivez-nous

Sep.
20
2018

Sa rancune

Sa rancune le conduit à la mort

Dimanche 14 Septembre 2014
نسخة للطباعة

 La victime est un individu de caractère nerveux et offensant. Le voilà qu’il tient rancune à un de ses amis pour avoir été tabassé à la suite d’un différend. Il tenait à se venger par tous les moyens et attendait l’occasion  pour mettre à exécution son plan. Il n’avait jamais pensé que cette rancune et cette haine pourrait le conduire à la mort.

 Finalement et profitant d’un jour de fête, il a invité cet ami à partager avec lui quelques verres autour d’un dîner copieux. Tout était bien au début de la soirée. Ils ont assez bu et discutaient autour de sujets de l’heure. Puis le vin aidant, la victime a rappelé à son hôte le vieux différend et la bagarre qui s’en est suivi et surtout la manière avec laquelle il a été humilié devant les gens. Son ami a essayé de le raisonner. Il lui a dit qu’il s’agit d’une histoire ancienne et pourquoi aller rabâcher tout ça au moment où ils jouissaient de ce beau festin. En disant cela il n’avait pas pensé que son ami voulait lui régler son compte et se venger de cette correction qu’il a eue.

Très vite la discussion a dégénéré. Les deux amis sont arrivés aux mains. La victime a frappé fort. Il avait même l’intention de tuer puisqu’il s’est armé d’un couteau. Mais l’inculpé, devant cette situation imprévisible et dans un sursaut rageur, il a tiré un couteau qu’il cachait sous ses vêtements et a asséné un terrible coup à son adversaire. Il lui a carrément perforé le ventre et la pointe du couteau a même atteint un rein. A la vue du sang, il a quitté les lieux laissant le blessé en train de combattre la mort.

 Quelques voisins ont entendu les cris, ils ont accouru pour tenter de sauver leur voisin. Ils l’ont transporté d’urgence à l’hôpital. Il a été dirigé au pavillon des soins intensifs où il a subi une délicate opération chirurgicale. Ensuite il a été placé en réanimation et a suivi un contrôle continu.

  Alertés, les inspecteurs de la brigade de recherches et investigations se sont déplacés à l’hôpital mais n’ont pas pu interroger le blessé. Ils ont ajourné leur enquête. Le lendemain ils ont été avisés que le blessé a rendu l’âme. Il n’a pas pu résister à sa blessure.

 Une équipe judiciaire s’est déplacée à l’hôpital. Le juge d’instruction après avoir fait le constat d’usage a ordonné le transfert du cadavre à la morgue        pour déterminer grâce à l’autopsie les causes réelles du décès. Il a ensuite confié l’enquête aux inspecteurs de la brigade de la direction régionale des affaires criminelles de Sousse.

 Il n’a pas fallu longtemps pour identifier le tueur. Il a été arrêté.

 Il a avoué dès son premier interrogatoire son forfait déclarant qu’il n’avait jamais imaginé cette tournure grave des évènements. Il a expliqué avoir répondu positivement à l’invitation de la victime mais ne pensait pas qu’il s’agissait d’un piège qui lui a été tendu. Il a insisté à dire que la victime voulait le tuer en brandissant un couteau, il était donc dans l’obligation de se défendre. C’est ainsi que le coup est parti. Il voulait mettre son adversaire hors d’état de nuire et non le tuer.

 Il a comparu devant le juge d’instruction et a réitéré ses déclarations données. Son avocat a plaidé la légitime défense. Il a expliqué que son client s’est trouvé menacé de mort donc il a réagi afin de sauver sa peau. Malheureusement le coup était fatal. Il a prié le juge de conclure à une agression grave ayant conduit à la mort, mais le juge a conclu au meurtre prémédité. L’inculpé a été placé en détention jusqu’à sa comparution devant une chambre criminelle pour être jugé.

  AA

Mots-clés: