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Contrariée par sa mère, elle tente de la tuer

Dimanche 14 Septembre 2014
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Contrariée par sa mère, elle tente de la tuer

 Le Monsieur a quitté son domicile au moment de  l’appel de la prière d’el Fajr. Après avoir fait quelques pas, il a entendu des gémissements et de petits cris de douleur émanant du domicile de sa voisine, une vieille dame vivant avec sa fille unique. Il s’est rendu chez elle mais la porte de la maison était bien verrouillée, il est revenu chez lui et s’y est rendu à travers la terrasse. Il a trouvé la vieille dame par terre, à moitié consciente, des traces de blessures au niveau de la tête. Sans tarder il a fait appel aux policiers. Une patrouille s’y est rendue et après avoir constaté les graves blessures ils ont transporté la victime à l’hôpital.

  Le diagnostic faisait état de plusieurs hématomes dans différents endroits de son corps. Une fracture du bassin, et une blessure au niveau de la tête. Il a fallu une opération chirurgicale pour sauver la vieille dame. Un suivi continu de plusieurs semaines était donc nécessaire.

 Une fois revenu à son état normal, la vieille dame a été interrogée par les enquêteurs, l’amour de mère envers ses enfants l’a incitée à  donner une fausse version. Elle a prétendu qu’un individu est entré chez elle et qu’il a essayé de lui voler tout ce qu’elle possède mais elle ne se rappelle plus de lui et n’avait pas la possibilité de fournir son signalement. Cette version n’a pas convaincu les enquêteurs car ils n’avaient constaté aucun dégât au niveau de la porte d’entrée et des serrures. Les fenêtres étaient bien closes. Donc impossibilité d’accès au domicile à tout intrus.

 Ils sont revenus à la charge et a interrogé de nouveau la vieille dame. Elle a fondu en larmes et avoué avoir été battue par sa propre et unique fille pour lui avoir refusé une procuration lui permettant l’encaissement de la pension de retraite, aussi elle lui a refusé de lui céder la maison par un contrat de vente. La vieille a trimé toute sa vie pour posséder une maison et ne voulait pas céder son bien pour se trouver éventuellement chassée et mise dans un asile de vieillards.

  Elle a déclaré que sa fille a pris le chemin sinueux de la délinquance. Elle quittait la maison sans informer sa mère et revenait à des heures  tardives pour lui soutirer de l’argent. Elle s’est tue plusieurs fois contre ce comportement mais le soir des faits, ne pouvant plus admettre ces agissements indignes d’une fille envers sa mère qui a trimé dur dans sa vie pour l’éduquer et l’amener à l’âge de maturité. La fille est revenue à la maison et s’est dirigée vers la chambre de sa mère qui dormait. Elle l’a réveillée pour lui demander de l’argent. Devant le refus de sa mère, elle l’a injuriée et insultée en utilisant un langage obscène puis l’a poussée au sol. La chute a été fatale puisque la pauvre dame a eu une fracture du bassin et une blessure sérieuse au niveau du crâne. Après avoir accompli son agression la jeune fille l’a laissée ainsi toute seule se débattre contre la mort, a fermé la porte de la chambre et a quitté les lieux. Elle était persuadée que sa mère allait succomber. Heureusement le passage du voisin devant le domicile a sauvé la mère d’une mort certaine.

Les recherches se sont multipliées pour arrêter la fille ignoble et assassine. Interrogée elle a fait mine d’ignorer cette tournure des évènements mettant en cause sa mère qu’elle accuse d’avoir perdu ses facultés mentales. Elle a fourni des attestations médicales prouvant que la mère a été consultée plusieurs fois à l’hôpital Razi de la Manouba pour ennuis psychiatriques. La fille a déclaré qu’elle a été accusée plusieurs fois par sa mère et qu’elle a dû quitter le domicile parental de peur d’être incriminée par sa mère. Confrontée avec sa mère, cette dernière a déclaré que sa fille a tenté de la tuer pour hériter la maison et tout ce qu’elle possédait. Elle a insisté à dire que ce n’est pas la première fois que cela se produisait et qu’elle ne pouvait plus se taire en ayant sa vie constamment en danger.

         La jeune fille a été écrouée.

 Elle a été traduite devant une chambre criminelle pour répondre de tentative de matricide. Son avocat a tenté de persuader les juges que les accusations sont difficiles à admettre car la vieille dame ne jouit pas de toutes ses facultés mentales. Il a demandé l’acquittement de sa cliente. Puis si les juges seraient convaincus de la culpabilité de la fille et  qu’il y a eu réellement une tentative de meurtre, il a demandé un allègement maximal de la peine.

 Après les délibérations la jeune fille a été condamnée à une peine de quatre années de prison ferme avec exécution immédiate.

 Elle a fait opposition et sera de nouveau traduite devant les juges de la cour d’appel. Elle va tenter de voir sa peine allégée. La mère, bien qu’elle voue un amour fou pour sa fille n’a pas voulu se désister des poursuites de peur de mettre sa vie encore une fois en danger.

 AA