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conférence internationale sur l’investissement en Tunisie : start-up pour la démocratie.. Soutien et confiance internationaux en le futur modèle économique de la Tunisie

Mardi 9 Septembre 2014
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conférence internationale sur l’investissement en Tunisie : start-up pour la démocratie.. Soutien et confiance  internationaux en le futur modèle économique de la Tunisie

• Mehdi Jomâa « La Tunisie de demain fait rêver, il faut y croire pour pouvoir  partager demain les dividendes….Investir c’est consolider la paix et la sécurité »

• Manuel Valls : « La Tunisie, cette entreprise d’avenir : je vous invite à lui faire confiance»

• Laurent Fabius : « La Tunisie a tous les atouts pour réussir, reste que l’environnement doit encore gagner en sécurité »

• Abdelmalek Sellal : « Sans stabilité, on ne pourra point  parler de développement économique et social »

• Abdelilah Benkirane : « Nous avons besoin de capitalistes courageux 

et non de poltrons »

 

Dans tout processus démocratique, la transition politique et  la transition économique doivent aller de pair. Sauf que dans une première étape de  la transition démocratique tunisienne les  tensions politiques l’ont emporté pour mettre sous l’éteignoir le dossier économique, élément vital pour tout processus de redressement. Et comme l’a affirmé hier Mehdi Jomâa, Chef du Gouvernement à l’ouverture de la conférence internationale sur l’investissement en Tunisie : « Même si nous avons oublié l’économie, l’économie ne nous a pas oubliés ». Ainsi et après la mise en place de la feuille de route politique, le temps de la relance économique longtemps occultée vient de rappeler à qui de droit que l’heure a véritablement sonné. Et c’est dans ce même cadre que s’inscrit la conférence internationale tuniso-française organisée hier à Tunis.  Un rendez-vous de très grande envergure et qui lance un message au monde entier : C’est parti pour la relance économique et pour une nouvelle vision de l’économie nationale. La communauté internationale a réaffirmé hier sa confiance en le modèle tunisien et son soutien entier à l’économie tunisienne.  

Plusieurs responsables politiques, représentants d’organisations internationales, présidents d’institutions financières et économiques internationales et nationales, hommes d’affaires…  se pressaient pour être au rendez-vous, un rendez-vous de soutien et de fidélité envers notre pays.  Plus de 30 pays  dont la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Canada, la Belgique, la Chine ont pris part hier à la conférence internationale outre les représentants des monarchies du Golfe   et les pays du Maghreb dont l’Algérie et le Maroc. Les hôtes de la Tunisie viennent tous partager avec la Tunisie le moment précieux et décisif celui du  lancement d’une nouvelle vision globale de l’économie tunisienne d’un projet d’avenir et discuter le document de travail préparé par le gouvernement Jomâa  esquissant les bases du modèle économique d’avenir du pays et les priorités stratégiques. Prendre connaissance des  projets structurels ou encore d’infrastructure arrêtés par le gouvernement et ses partenaires et qui sont destinés à impulser l’investissement productif figurait également au table de matière de la conférence. Au total 22 projets dont 18 publics et 4 projets sous forme de PPP (partenariat public/privé). 

Le triptyque confiance ; amitié ; soutien 

« Il s’agit d’un nouveau point de départ pour la Tunisie et d’une lettre de soutien et d’appui international à la Tunisie », affirme Mongi Hamdi, ministre des Affaires étrangères dans son allocution d’ouverture. 

Mehdi Jomâa, Chef du gouvernement annonce dès lors : « L’amorce d’une nouvelle étape celle de la relance économique ». Il s’est félicité par ailleurs de ce précieux capital confiance ; amitié et soutien dont jouit aujourd’hui la Tunisie auprès de ses amis et partenaires  et qui ouvre de nouveaux et larges horizons pour des coopérations bilatérales et multilatérales « win-win ». Ce rendez-vous constitue également pour le Chef du gouvernement, « Le début de la relance économique après la quasi-stabilité politique  réalisée  malgré les  difficultés ». Mehdi Jomâa n’a pas manqué l’occasion pour mettre en avant la portée de la nouvelle Constitution fruit d’un dialogue national et d’un consensus  entre les différentes parties et de présenter l’esquisse du projet d’avenir :

« Nous repartons sur un nouveau projet d’avenir que nous présentons aujourd’hui : un projet qui s’ouvre sur l’extérieur tout en préservant l’authenticité tunisienne. Un    projet qui met en évidence l’édification d’un Etat de droit et des institutions, garant de l’inclusion et de la justice sociale requise…Notre objectif est de créer un vrai Etat, prémunir le pays d’un éventuel retour de la dictature, mettre en place un nouveau style de gouvernance et assurer une démocratie pérenne ». 

Le Chef du gouvernement n’a pas omis au passage les défis auxquels continuent de faire face la Tunisie dont ceux inhérents à la sécurité. « Face aux graves menaces sécuritaires, l’Etat se renforce et se consolide et ce grâce à l’entente et au dialogue national », ajoute-t-il.  

Dans ce même ordre d’idées Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et du Développement international  a salué la forte capacité de résilience de la Tunisie qui a su contrer une série de présages funestes via la force de la société  civile et la persévérance des forces vives du pays, en accomplissant la rédaction d’une  constitution avant-gardiste  et la fixation  d’un calendrier électoral. « Et puisqu’on ne peut pas parler de démocratie sans prospérité et développement humain et durable. D’où notre co-organisation de cet événement…Nous voulons mettre en évidence le soutien international, créer un choc de confiance pour stimuler l’investissement en Tunisie. La Tunisie a tous les atouts pour réussir reste que l’environnement gagne encore en sécurité…Tout le monde vous fait confiance », affirme Fabius.   

Après la trêve politique, l’heure est à la relance économique. D’où l’ouverture d’un dialogue national économique autour  des défis économiques  et qui s’est soldé par la promulgation de la LFC 2014 afin de mettre un terme aux dérapages des équilibres globaux et de mettre en place des réformes conjoncturelles tout en présentant un avant-goût des réformes structurelles. 

« Investir : c’est consolider la, paix et la sécurité. La Tunisie de demain fait rêver, il faut y croire pour pouvoir  partager demain les dividendes », conclut le Chef du gouvernement. 

La France : invitée d’honneur au forum ICT 4 all qui se tiendra le 24 septembre courant 

A juste titre, Manuel Valls, Premier ministre français a réitéré le soutien de la France à l’expérience tunisienne tout en félicitant le pays pour le chemin jusque-là parcouru même si pour lui l’économie a été longtemps  occultée durant la phase de transition politique. Il appelle ainsi tous ses partenaires à l’appuyer dans l’élaboration d’une nouvelle stratégie économique.  « La France  est aux côtés de la Tunisie et des Tunisiens  et accompagnera la transition économique du pays… Les entreprises françaises n’ont jamais perdu confiance en la Tunisie, la France demeure le 1er  partenaire économique de la Tunisie qui peut toujours compter sur nous. D’ailleurs, ce premier déplacement hors UE que j’effectue aujourd’hui en Tunisie est un message fort tout en rappelant  la force des liens bilatéraux », proclamait-il.  Et d’ajouter : « L’économie tunisienne est une réalité,  une promesse. La Tunisie est une entreprise d’avenir : je vous invite à lui faire confiance ». Le Chef du gouvernement français a ajouté par ailleurs que la France sera l’invitée d’honneur de la Tunisie au  forum « ICT 4 all » qui  se tiendra le 24 septembre courant en Tunisie. 

De son côté, le Premier ministre Algérien Abdelmalek Sellal, a tenu à réaffirmer pour sa part la solidarité de tous et notamment de l’Algérie avec la Tunisie. « Le succès de la Tunisie est un  succès pour l’Algérie ». Il a mis l’accent sur les intérêts mutuels des deux pays dans le domaine sécuritaire et économique  en affirmant : « Sans stabilité, on ne pourra point  parler de développement économique et social »

Lui emboîtant le pas Abdelilah Benkirane, Chef du Gouvernement Marocain n’a pas manqué de mettre en relief le rôle du « Capital » ou encore des détenteurs de capitaux dans l’œuvre du développement. «  Nous avons besoin de capitalistes courageux  et non de poltrons …C’est à travers le développement économique et social, la démocratie et les libertés que nous pourrons affronter la menace terroriste »

Ainsi et comme l’a bien conclu le Chef du gouvernement du Maroc : « ….Aujourd’hui le message est reçu  par tout le monde». La Tunisie annonce le début d’une nouvelle étape celle de la transition économique en présentant à la communauté nationale et internationale un projet d’avenir dont les grandes lignes ont été approuvées pourvu de poursuivre les réformes nécessaires,  de gagner en terme de sécurité et de stabilité et surtout accélérer l’adoption des textes de loi économiques au sein de l’Assemblée Nationale Constituante. De toutes les manières le message est clair tout le monde semble déterminée à accorder une confiance absolue en la Tunisie et confirme son soutien à une transition économique en gestation. 

 

Les 5 priorités du projet d’avenir du gouvernement Jomâa 

Hakim Ben Hamouda, ministre de l’Economie et des Finances a présenté lors d’un point de presse tenu à l’occasion, les cinq priorités du projet d’avenir. Il s’agit notamment de : Rétablir les équilibres globaux, relancer l’investissement et la croissance, poursuivre les  réformes économiques, le développement régional et la solidarité sociale. 

L’ANC bloque certains articles dont la loi PPP (partenariat public privé)

Indubitablement et hormis les discours officiels, la conférence d’investissement devrait aboutir à des investissements. Sur 22 projets, Nidhal Ouerfelli, ministre chargé des Affaires Economiques et porte-parole du gouvernement a affirmé qu’on dénombre 18 projets publics et 4 projets PPP. Des projets dit-il structurels destinés à relancer les investissements. « Les projets englobent à tous les secteurs prioritaires dont  l’industrie, l’énergie, l’infrastructure, la santé et autres », signale le porte-parole du gouvernement. Et d’ajouter  « La balle se trouve aujourd’hui dans notre camp…Il nous revient  d’accélérer les réformes pour impulser l’investissement notamment celui privé ». Nidhal Ouerfelli  tout comme Noureddine Zekri, Secrétaire d'Etat à la Coopération internationale ont mis l’accent sur le blocage de certaines lois économiques au sein de l’ANC dont celle relative au PPP et au code d’investissement en cours d’affinement.  

Yosr GUERFEL AKKARI