Forum pour un modèle d’avenir - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 19 Septembre 2018

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Sep.
19
2018

L’éditorial

Forum pour un modèle d’avenir

Mardi 9 Septembre 2014
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Une démocratie, sans économie forte n’a guère de chances de s’installer dans la  durée, pas plus qu’elle ne pourra apporter,  à elle seule, des réponses aux impératifs sociaux, et stabiliser le métabolisme du pays.  Force est d’admettre que le volet économique 

avec ses impératifs, ses incontournables fondamentaux et ses axes monétaires et budgétaires a  été relégué au second plan par une Révolution  mue par le besoin pressant de la dignité et de  l’égalité. Il fallait chasser la dictature s’articulant  autour du centralisme d’Etat ; un Etat qui, par ailleurs prétendait apporter des réponses à tout et qui  jouait aussi sur la fibre «socio-économique » : à  savoir un social quantitatif (mais en réalité sélectif), au détriment des grands projets servant de  parade, mais mort-nés. 

A l’époque, le régime déchu était à l’affût du  moindre petit compliment venant de l’Union 

Européenne, de la « comptabilité » tout aussi fallacieuse des agences de notation et même les 

investisseurs étrangers n’étaient pas pour ainsi  dire de gros calibres. C’était la fièvre des délocalisations qui profitaient plus à ces investisseurs  (une loi 72 déguisée) avec de faibles implications  sur le marché du travail. 

Mais trois ans après la Révolution, il fallait  sortir du carcan politique, laisser la fièvre des  élections monter chaque jour un peu plus à sa  guise, et il était aussi opportun de réfléchir à un  modèle économique futuriste et viable pour la  Tunisie. Réfléchir à l’économie de demain, médiatiser les atouts de la Tunisie, et surtout exposer  des projets susceptibles d’attirer les capitaux  étrangers. Bien entendu, la toile de fond reste la  transition démocratique, la sécurité et les réquisits  de la stabilité des institutions et la solennité de la  République. 

C’est que la transition démocratique et la transition économique vont de pair. Mehdi Jomâa 

déclarait hier : « Même si nous avons oublié  l’économie, l’économie ne nous a pas oubliés ». 

C’est qu’on ne peut pas garantir la pérennité de la  Démocratie sans prospérité et développement  humain et durable. Car justement une économie  forte, prospère, égalitaire et transparente permet  de souder le socle social, véritable bouclier contre  les dérives et les menaces terroristes. Rétablir les  équilibres globaux, relancer l’investissement et la  croissance, poursuivre les réformes économiques,  booster le développement régional et, donc, la  solidarité sociale : un pari majeur. Le grand  rassemblement d’hier en tire la quintessence. Ce  sont des axes basiques et qui ne sauraient être  remis en cause, ni éclaboussés quel que soit le  gouvernement qui émanera des urnes. 

Raouf KHALSI