Braquage imaginaire - Le Temps Tunisie
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la recette de la veille

Braquage imaginaire

Mardi 2 Septembre 2014
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Le gérant du magasin remettait à son ouvrier chaque matin la recette de la veille pour la verser dans son compte bancaire. Cela se produisait depuis des années et jamais il n’avait eu à s’inquiéter ou à mettre en cause le dévouement et l’abnégation de son employé.  Tout se passait normalement et la confiance régnait.

Le jour des faits le patron a remis à l’inculpé la somme de vingt cinq mille dinars pour qu’il la dépose à la banque. Une heure plus tard, l’ouvrier revient dans un état lamentable, il était en pleurs et avait des traces d’agression au visage. Il a déclaré à son patron qu’en cours de route il a été attaqué par deux types cagoulés. Ils étaient à bord d’une mobylette. Ils lui ont pris la sacoche contenant l’argent et ont démarré en trombe. Sans perdre de temps, le patron a fait appel à la police pour déposer plainte contre les deux inconnus. L'employé   victime n’avait pas fourni leurs signalements, il s’est limité à donner leur taille dans le vague en assurant ne pas être sur de les reconnaître en cas de confrontation.

Sans le moindre indice, les enquêteurs n’avaient pas pu identifier les deux bandits, mais continuaient à fouiner du côté de l’employé qui a donné la version des faits. Les policiers doutaient de lui surtout qu’à chaque convocation il se présentait dans un  état de perplexité flagrant mais n’avait pas été arrêté pour absence de preuve et aussi parce qu'il  est considéré comme victime.

Mais voilà qu’un jour l’ouvrier a commis l’erreur qui a prouvé sa culpabilité. Il s’est adressé à son frère et lui a demandé de lui remettre une copie de sa pièce d’identité. Puis il lui a ouvert un compte-courant bancaire en son nom dans lequel il a déposé la somme de vingt mille dinars.

Le lendemain il a été appelé à s’expliquer. Il a balbutié, a essayé de convaincre les enquêteurs que l’argent appartenait à son frère, mais après plusieurs heures d’interrogatoires il a fini par avouer son forfait. Le frère appelé à s’expliquer il a déclaré n’avoir jamais possédé cette somme et qu’il est chômeur de son état et qu’il n’a pas été mis au courant de ce qui s’est passé.

L’inculpé  a prétendu avoir été conseillé par un collègue qui travaille au magasin. Ce dernier était paraît-il l’instigateur de ce vol. Il  l’a convaincu de relater cette histoire de braquage imaginaire car son patron croyait en lui et lui vouait beaucoup de respect il avait une confiance aveugle et ne pouvait que croire à cette version. L’inculpé a déclaré avoir pris possession des vingt mille dinars qu’il a déposés dans le nouveau compte de son frère et les cinq mille dinars il les a remises à son collègue qui l’a aidé à réussir son coup.

L’inculpé a été placé en détention en attendant sa traduction devant le tribunal de Bizerte.

 AA

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