La haine le transforme en criminel - Le Temps Tunisie
Tunis Samedi 20 Octobre 2018

Suivez-nous

Oct.
21
2018

La haine

La haine le transforme en criminel

Mardi 2 Septembre 2014
نسخة للطباعة

Cette affaire remonte à quelques années auparavant. La victime et l’inculpé se fréquentaient et avaient des liens d’amitié très solides. Un jour et à la suite d’un différent qui a surgi entre eux, ils se sont bagarrés. Une grande bagarre qui a vu la victime séjourner quelques jours à l’hôpital car il souffrait de blessures et fractures dans plusieurs parties du corps.

A sa sortie de l’hôpital et après sa totale guérison, il a déposé plainte contre son ami pour le poursuivre pénalement. Les séquelles de l’agression lui ont coûté assez chers puisqu’il avait perdu beaucoup de ses activités et avait dû passer une longue période de chômage. Il tenait donc à demander ses droits de poursuites et obtenir des dommages et intérêts pour les pertes subies.

L’inculpé a été traduit devant le tribunal et a écopé une peine de deux ans de prison ferme. Depuis son incarcération, il vouait une haine terrible envers celui qui a été la cause de son emprisonnement et de la perte totale de son travail. Durant les deux années, la haine grandissait à tel point qu’il a décidé de se venger comme il se doit dès sa sortie de prison.

Une fois libre, il a tenté d’oublier le passé et a essayé de trouver du boulot. Malheureusement son bulletin N°3 l’empêchait d’être recruté.

Le jour des faits, l’inculpé a été invité à partager quelques verres avec des amis. La forte dose d’alcool qu’il a ingurgitée a fait rejaillir dans sa tête la perte de son travail et les deux ans qu’i avait passé en taule à cause de l’entêtement de son ami et son acharnement à vouloir le ruiner. Au moment où il rentrait chez lui avec des pensées douloureuses, le hasard l’avait mis devant celui qu’il accusait d’être le responsable de sa situation dramatique.

Une forte altercation a eu lieu. Des insultes réciproques a fait que les deux antagonistes sont arrivés aux mains. L’inculpé fou de rage, a fait sortir un couteau qu’il portait sur lui et a asséné à son ex ami une série de coups dans différents endroits du corps. En voyant le sang jaillir fortement, l’inculpé a eu une grande peur, il a quitté les lieux laissant le blessé se débattre contre la mort.

Quelques voisins qui ont entendu les cris, ont accouru pour secourir le blessé et le transporter à l’hôpital de Sousse. Il a été accepté au pavillon des soins intensifs et a du subir plusieurs opérations chirurgicales puis placé en réanimation dans un état assez critique.

Alertés par les responsables de l’hôpital les auxiliaires de la justice s’y sont déplacés. Aussitôt arrivés, la victime a succombé à ses blessures. Le juge d’instruction a ordonné une autopsie pour déterminer avec précision les causes réelles du décès et a demandé l’ouverture d’une enquête et l’a confiée aux inspecteurs de la Direction régionale des affaires criminelles.

Les investigations ont permis l’identification du meurtrier.

Arrêté, il a avoué dès son premier interrogatoire sa responsabilité dans le drame. Il a déclaré que ce meurtre n’aurait jamais eu lieu si la victime avait fait preuve de modération et compréhension. C’est la victime qui est la cause de la situation dans laquelle s’est trouvé l’inculpé. Il était dans l’obligation de demander quotidiennement  à sa vieille maman de quoi se payer un café et des cigarettes. La haine l’a transformé en criminel.

Il a déclaré en outre avoir évité de croiser l’intéressé ou le voir afin d’éviter tout nouvel malentendu pouvant dégénérer. Mais le jour des faits il l’a croisé. Son état d’ébriété ne lui a pas permis de raisonner et a ravivé les sentiments de haine qu’il lui vouait. Il a tiré son couteau pour lui administrer une série de coups dans plusieurs endroits du corps. Il a regretté amèrement son acte et a demandé l’indulgence des juges pour voir sa peine allégée.

Le juge d’instruction a décidé après la clôture de l’enquête de placer l’inculpé en détention l’accusant d’avoir commis un meurtre prémédité. Il sera traduit dès l’ouverture de l’année judiciaire devant une chambre criminelle du tribunal de première instance de Sousse.

 AA

Mots-clés: