Les Tunisiens n’auront pas paniqué - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 17 Juillet 2018

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Jul.
19
2018

L’éditorial

Les Tunisiens n’auront pas paniqué

Mardi 2 Septembre 2014
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A quelque chose « pépin » est bon : la panne a permis aux Tunisiens de tester leur sang froid en cette époque où les ennemis de la Tunisie cherchent à faire capoter le processus électoral et à empêcher la démocratie de s’installer. Elle aura aussi permis aux services publics, agissant dans le secteur, d’administrer la preuve de leur célérité, de leur professionnalisme et de la capacité à remédier rapidement à tout dérèglement d’ordre technique. 

Aussitôt en effet, la STEG rappelait toutes ses troupes et cela fait que les centrales électriques ont été rapidement réactivées, avec la coordination, entre autres, des autorités algériennes (ce qui a généré 150 mégawatts) et les prédispositions de nos amis libyens d’y participer. 

En trois décennies, la Tunisie aura accusé trois passes de cette envergure. La dernière en date s’était produite en 2002 à l’heure de la finale de la coupe du monde. 

Sauf que celle de dimanche soir ne pouvait ne pas provoquer, un raz de marée de commentaires et, surtout, une véritable déferlante de spéculations, de supputations tantôt timorées, tantôt fantaisistes et au final, quand le courant a été rétabli, des pointes d’humour noir avec pour vedettes les bougies et les dîners aux chandelles. Naturellement, le problème ne se posait pas pour les contrées déshéritées, là où la grande supercherie de « 26-26 » n’avait pas fait parvenir l’eau et, encore moins, l’électricité. 

Il est néanmoins réconfortant de constater, d’après les commentaires à travers les liens sociaux, que les Tunisiens n’ont pas cédé à la panique ; qu’ils n’ont pas cédé au syndrome terroriste sans doute aussi parce qu’ils se sentent plus sécurisés depuis que le bouclier anti-terroriste marque des coups stratégiques déterminants. Sans doute, ne s’est-on pas empêché de penser à la menace vérifiée des terroristes de saboter nos installations électriques la nuit de la Saint Sylvestre et de plonger le pays dans le noir de l’obscurantisme. 

On n’occulte pas non plus la mise en garde du ministre de l’Intérieur, samedi dernier, quant à certains plans destructeurs des terroristes pour le mois de septembre. Mais le fait que, psychologiquement, les Tunisiens n’en fussent pas traumatisés est absolument significatif. 

En temps de guerre contre le terrorisme il est important que le peuple garde son calme et n’extrapole pas outre-mesure. Souvenons-nous de New York lors des années 90 : la ville passait toute une nuit dans le noir. Il s’agit, bien évidemment, de la toute puissante Amérique. 

Raouf KHALSI