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Des hôtels gèrent le surbooking à coups d’entourloupettes.. Délogement des touristes étrangers et vente au prix fort aux autochtones

Mardi 26 Août 2014
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Des hôtels gèrent le surbooking à coups d’entourloupettes.. Délogement des touristes étrangers et vente au prix fort aux autochtones

La saison estivale se déroule à merveille. Les professionnels du tourisme ne manquent pas de sourire. Le taux d'occupation dépasse les 95%. Déjà plébiscitée l'été dernier, la Tunisie s'annonce comme une des stars de l'été malgré une capacité hôtelière devenue insuffisante. Il est impossible de trouver une chambre libre et certains clients sont simplement refusés faute de lits. Beaucoup de touristes arrivés à Hammamet réservation en main, ont eu la mauvaise surprise de trouver leur chambre occupée. Des pratiques mercantiles qui nuisent à l'image de la destination. Certains hôteliers continuent à remplir sans se soucier de leur capacité réelle. Trop de touristes risquent de poser des problèmes à certaines unités hôtelières et le spectre de surbooking plane sur certaines unités. La situation de quelques cas de surbooking enregistrés durant la semaine à Hammamet a obligé certains professionnels de déloger une partie de leur clientèle vers d'autres hôtels et stations. Cette situation s'explique par le fait que certains hôteliers n'ont pas respecté le booking et le contrat d'allotement avec les tour-opérateurs. Wahid Ben Youssef commissaire régional du tourisme à Nabeul-Hammamet nous  explique que la haute saison se déroule selon les états du booking. Mais certains hôteliers et ils  sont peu nombreux ont  rempli leurs unités  sans tenir compte de leur capacité réelle.  Ils ont été obligés de déloger une partie de leur clientèle durant une nuitée  vers d'autres hôtels. Nous avons bien géré ces cas isolés. Il n’ ya pas eu de réclamations des clients. Nous suivrons aussi les taux de remplissage des hôtels et nous veillerons au respect des clauses contractuelles qui lient les TO aux hôtels. Un réseau d'information a été installé et nos bureaux sont ouverts 24/ 24. Nos agents interviennent en cas de besoin pour résoudre les cas de délogement. Nous ne tolérons pas cette situation et nous tenons à ce qu'en cas de délogement, l'hôtel fera en sorte que les clients soient logés dans un hôtel de catégorie similaire ou supérieure» Certains professionnels optent pour cette formule de délogement pour non respect des réservations ou tout simplement pour remplacer cette clientèle internationale par des autochtones ou des maghrébins  qui paient cash  «Le calcul est simple, explique un agencier : les hôtels préfèrent héberger les autochtones qui paient au prix fort. Aussi, les clients des TO, seront éjectés, pour être affectés dans des établissements souvent de qualité inférieure.  Abdelkader Khelil agent de voyage nous explique que ce n'est pas tellement le surbooking qui nous hante mais surtout le manque de disponibilité pour les réservations faites à travers les agences et le TO car beaucoup d’hôteliers bloquent les ventes de ces derniers afin de vendre la capacité restante au prix fort directement aux clients surtout les maghrébins. Ils sont vides pendant 10 mois alors c'est le moment d'en profiter » dit-il. Ce délogement  externe ajoute Kacem un expert en tourisme  reste le dernier recours puisque comme il peut engendrer un mécontentement des clients, il pourra aussi être une source de perte de part de marché si le touriste délogé ne sera pas satisfait dans son deuxième hôtel » , souligne Moez  Kacem expert en tourisme. Il est vrai que les hôteliers dictent leur loi en ce mois d’août en vendant à des prix forts. « Je suis choqué de voir les prix pratiqués par certains professionnels, il y a 6 ans j'y ai emmené des amis italiens, et la chambre était à  70 dinars  !!! Une hausse de prix totalement injustifiéé surtout au vu des prestations plus que minimales proposées. Et après on se demande pourquoi l'hôtellerie tunisienne a une mauvaise réputation «  nous dit Jamel qui a payé la chambre à 200 dinars la nuitée.

 Un client d’Alger, a du mal à trouver  deux chambres dans un hôtel de Nabeul. « Un séjour à l’hôtel avec ma famille me coûte trop cher. C’est pourquoi j’ai opté pour un appartement meublé qui me revient trois fois moins cher qu’un hôtel » Cette location estivale s’est développée en cette période estivale. Plusieurs habitants proposent leur propre habitation à louer afin d’arrondir leurs fins de mois. C’est que tout le monde y trouve son compte. Vive les vacances !

Kamel BOUAOUINA