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2020

Face à l’afflux de réfugiés libyens, le ministère du Commerce rassure contre un risque de pénurie des produits de consommation

A combien s’élèvera la facture ?

Vendredi 22 Août 2014
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A combien s’élèvera  la facture ?

110.000 Libyens se sont installés en Tunisie durant la période allant du 1er juillet dernier jusqu’au 5 août. Ils s’ajoutent à ceux qui se sont déjà établis en Tunisie, depuis deux années pour atteindre environ 1,3 million de Libyens en Tunisie, selon les chiffres avancés par le ministère du Commerce, soit au moins 10% de la population tunisienne. Une présence qui provoque au moins une augmentation de 10% des subventions allouées aux produits alimentaires et aux hydrocarbures. Le ministère du Commerce a vite fait de rassurer les citoyens contre toute pénurie des produits de consommation à l’instar du lait, des produits alimentaires, l’huile ainsi que les eaux minérales. En tout cas, c’est ce que le discours officiel révèle. Un discours apaisant pour dire aussi que les ministères de l’Agriculture et celui du Commerce ont déjà pris leurs dispositions afin d’assurer un approvisionnement régulier et continu jusqu’à la fin de l’année. Le gouvernement écarte tout risque éventuel de pénurie et promet un approvisionnement normal du marché durant une période estivale fort active qui connait une augmentation du nombre des touristes. Le gouvernement promet, mais à quel prix ?

Déficit commercial et inflation !

Le ministère du Commerce explique encore que, durant la période estivale, des mesures ont été prises pour garantir la disponibilité de certains produits qui connaissent un pic de consommation. Le ministère de tutelle collabore avec les industriels pour la création des réserves de 60 millions de litres d’eaux minérales pour éviter tout risque de pénurie.

Quant aux autres produits, les fruits et légumes en l’occurrence, le ministère de tutelle tient à affirmer que la production locale est suffisante durant cette période estivale. Pour les produits alimentaires, le lait et les huiles, le gouvernement se trouve dans l’obligation d’importer d’importantes quantités. Conséquences ? Le déficit commercial du pays devra s’élargir. A vrai dire, ce déficit n’en finit pas de se creuser. Au terme des sept premiers mois de l’année 2014, le déficit commercial s’est accru de 18% par rapport à la même période de 2013. Il atteint environ 7.687 millions de dinars. Selon les chiffres de l’Institut National de la Statistique (INS), cette situation résulte de la baisse des exportations de 1,8% qui se sont établies à quelque 16.270 millions de dinars contre une hausse des importations de +3,8% atteignant ainsi 23.957,5 millions de dinars). A cet égard, il convient de rappeler que le taux d’inflation enregistré au cours du mois précédent, a connu une augmentation de 0,8%. Pour le quatrième mois consécutif, l’indice des prix à la consommation familiale enregistre une augmentation pour atteindre 6% contre 5,7% durant le mois de juin 5,2% en Avril 2014, et 5% en mars 2014, alors qu’il a été évalué à 5,4% en mai de la même année. Cette flambée des prix a touché presque toutes les catégories des produits, en dépit des promesses du gouvernement de stopper ce fléau.

Façon de dire, que la disponibilité des produits aura un coût non négligeable à supporter.

Le déficit commercial devra croître et l’inflation sera appelée à grimper encore. Entre temps, le citoyen continue à supporter le fardeau de plus en plus insupportable. Et la priorité des priorités pour le gouvernement consiste en l’organisation des élections.

Zied DABBAR