Questions à Wahida Djaïet - Le Temps Tunisie
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Directrice générale de l'ONTT

Questions à Wahida Djaïet

Jeudi 21 Août 2014
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Questions à Wahida Djaïet

«Notre souci est de relancer  la plaisance surtout après la création du conseil national de la plaisance».

Filière économique particulièrement active, la plaisance constitue un moyen incontournable pour dynamiser le tourisme tunisien. Mieux connaître les pratiques des plaisanciers d'aujourd'hui, comprendre leurs attentes  et leurs besoins et  s'interroger sur l'évolution du marché de la plaisance, consommation sont autant d'éléments nécessaires à la réussite du développement de l'offre nautique en Tunisie dans un contexte touristique difficile comme l'a souligné Wahida Djaiet (directrice générale de l'ONTT) lors de la clôture de la route des jasmins

 Tout d'abord quel est l'impact de cette régate sur la Tunisie ?

 La route du jasmin, organisée depuis 1991 n'a été suspendue qu'une seule fois, en 2013 . La traversée a permis, depuis sa création, l'entrée en Tunisie de 1800 bateaux à voile, soit près de 10 mille visiteurs. D'où l'importance de cette manifestation dans la promotion du tourisme de plaisance et de croisière. Notre souci est de relancer  la plaisance surtout après la création du conseil national de la plaisance qui comme vous le savez a été présidé le 10 juin dernier par la ministre du tourisme Amel Karboul. Il y a réellement de l'intérêt accordé à ce créneau porteur. La Tunisie a tous les atouts pour développer la plaisance. L'infrastructure maritime tunisienne  est propice au développement de ce secteur. En effet, notre pays dispose de six ports de plaisance notamment  à El Kantaoui (300 anneaux), à Monastir (400 anneaux), à Sidi Bou Saïd (380), à Tabarka (100 anneaux), Bizerte (170 anneaux) et Yasmine Hammamet (750 anneaux) et d'une chaîne de  ports mouillages en plus de mille cinq cents postes d'accostage qui offrent aujourd'hui des possibilités d'hivernage pour les bateaux de plaisance.. Sur un total de 270 mille bateaux de plaisance qui sillonnent les mers, chaque année à travers le monde, la Tunisie n'en accueille que 1%, l'équivalent de 2500 bateaux par an . Des carences en anneaux, il y en a partout sur le littoral méditerranéen  et cela constitue une entrave pour  certains plaisanciers pour mouiller leurs bateaux. Cette pénurie d'anneaux pourra attirer cette clientèle de plaisanciers vers nos ports. Le nombre de places manquantes a été estimé par exemple en France à 54.000 places pour l'ensemble du littoral; la demande est particulièrement vive sur le littoral Méditerranée Est (Provence - Côte d'azur) et sur le littoral atlantique.

Ce tourisme de plaisance est'il porteur pour la Tunisie ?

Le tourisme de plaisance est porteur. Il contribue à améliorer les taux d'occupation en périodes de basse saison en plus une clientèle différente et sans aucun doute plus aisée. Donc aucune fausse note n'est permise, la fidélisation des clients plaisanciers et une bonne bouche à oreille indispensable dans ce métier passe par une qualité irréprochable. Quant aux prix, ils sont compétitifs et très abordables. Cette activité a sans doute un grand impact sur notre économie.

L'étude Créocéan chiffre à 16 millions de dinars par an les recettes que la Tunisie peut en tirer à travers l'accroissement du chiffre d'affaires des ports de plaisance tunisiens, les services générés par cette activité et les dépenses locales des plaisanciers étrangers. Un bateau de 40 mètres peut laisser comme dépenses 50 mille dinars pour une escale de 15 jours. La plaisance constitue un levier important pour le développement du tourisme tunisien. Elle pourra tirer notre produit vers le haut et résoudre le problème de la saisonnalité

 Comment promouvoir plus cette activité ?

 Il faudrait repenser nos formalités et procédures,  voire la plaisance comme un créneau de développement régional. On ne doit pas se contenter uniquement de la fonction du port mais penser à toutes les activités annexes qui accompagnent le produit de la plaisance, un créneau à forte valeur ajoutée. Ces plaisanciers viennent par la mer. Ils partagent la vie de la communauté. Ils dépensent beaucoup d'argent. Leurs équipages viennent de toute l'Europe , il s'agit de familles, de groupes d'amis, des écoles de voiles, tous unis par la volonté de connaître nos sites, notre histoire et de partager la passion pour la mer, pour la fête, pour la navigation au cours de leur  merveilleux parcours

 Pour quand la tenue du prochain conseil national de la plaisance ?

 Il sera présidé par la ministre et se  tiendra en septembre prochain avec une première commission qui se chargera des formalités institutionnelles pour le développement de ce créneau. La deuxième commission s'intéressera au super structure c'est-à-dire  la vie autour d'un port de plaisance,  la dynamisation de  l'animation autour des ports,  les types de transport, l'immobilier portuaire. Ce sont des projets qui peuvent interpeller les investisseurs. Beaucoup de travail nous attend. Il faut y aller car demain, ce produit sera très valorisant pour le développement de notre tourisme et qui nous permettra de nous défaire de cette image balnéaire qui commence à nous pénaliser sérieusement.

Kamel Bouaouina

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