L’éditorial: La Démocratie des volatilités - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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2018

L’éditorial

L’éditorial: La Démocratie des volatilités

Mardi 19 Août 2014
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Par manque d’habitude, par manque d’entraînement et, peut-être aussi, à la faveur d’une méconnaissance totale des aspirations des Tunisiens, la plupart des partis qui se proclament de l’essence démocratique, sont en train de tituber, de s’enfoncer dans le clanisme et de donner l’image d’une autocratie qui est la pire ennemie de la démocratie. Et cela bien plus que les idéologies extrémistes, qu’elles soient de droite ou de gauche.

Le paysage, avec ses forces antagonistes déclarées, mais volatiles, est  pour le moins déroutant, parce que les repères et les balises qui doivent présider au choix des candidats sont devenus évanescents après avoir été pourtant clairs et visibles, il y a un certain temps. Aujourd’hui, bien des partis (et  non des moindres), cachent mal leurs guerres intestines et s’éloignent des principes de leurs socles fondateurs, en proie aux tiraillements et aux antagonismes autour des noms.

On sait que la démocratie porte en elle, et depuis sa genèse, ses propres limites et  ses avatars qui l’ont toujours fragilisée. Il suffit même de secousses venant de l’extérieur pour qu’elle s’en retrouve déboussolée. A ses heures, le grand publiciste Jean François Revel, démontrait dans un ouvrage de référence : « Comment les démocraties finissent », comment celles-ci, à coups de concessions stratégiques, abdiquaient face à la force de percussion de ce Léviathan, que fut l’Union Soviétique.

Chez nous, aujourd’hui, les forces démocratiques ne paraissent-elles pas être déjà essoufflées pour s’être laissé conditionner par une contorsion d’idées  fixes, si ce n’est carrément une obsession : Ennahdha ?

 Et pourtant, elles sont plusieurs parmi les formations démocratiques à avoir cherché (et à chercher encore) des alliances secrètes avec le Mouvement de Rached Ghannouchi.  C’est logique. Le CPR et Ettakattol ont accédé au pouvoir en s’accrochant à Ennahdha. Le scénario du 23 octobre 2011 a, dès lors, toutes les chances de se reproduire, sans doute pas avec les mêmes alliances stratégiques, mais peut-être pas avec cette bipolarité Ennahdha/Nidaâ Tounès, dont l’idée et les prémices, un an en arrière, enthousiasmaient les Tunisiens.

 Raouf KHALSI

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