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Malgré la prolongation de la trêve

La menace d’une reprise des combats plane toujours sur Gaza

Vendredi 15 Août 2014
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La menace d’une reprise des combats plane toujours sur Gaza

La trêve tenait hier entre Israël et le Hamas, après des tirs de roquettes et des raids aériens dans la nuit, signes que la menace d’une reprise des combats plane toujours sur la bande de Gaza, malgré les efforts diplomatiques en cours.

La fragile trêve a failli voler en éclats comme toutes les précédentes, avec de nouveaux tirs de roquettes sur Israël et des frappes aériennes sur l’enclave côtière dans la nuit alors même qu’était annoncée au Caire la prolongation pour cinq jours d’un cessez-le-feu scrupuleusement respecté de part et d’autre depuis lundi.

Mais les armes se sont à nouveau tues vers 00H00 GMT, et Gaza revenait à un semblant de vie aussi normale que possible sous le bourdonnement constant des drones israéliens, dans la dévastation et l’angoisse épuisante du lendemain.

Avant ce retour à un calme précaire, l’aviation israélienne a annoncé avoir visé des «centres d’activité terroriste» après neuf tirs de roquettes palestiniennes, avant et après l’entrée en vigueur de la nouvelle trêve.

Les deux camps se sont comme toujours rejeté la responsabilité d’avoir failli tuer, à peine née, la prolongation du cessez-le-feu.

Un responsable du ministère palestinien de l’Intérieur a ainsi affirmé que les avions israéliens avaient frappé les premiers, faisant état de quatre raids une demi-heure après l’entrée en vigueur de la trêve.

Ces échanges de feu ont rappelé la fragilité de la trêve dans la bande de Gaza, où la guerre déclenchée le 8 juillet par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire les tunnels du Hamas a tué 1.961 Palestiniens, très majoritairement des civils, et 64 soldats et trois civils côté israélien.

Alors que les pourparlers sont prolongés au Caire, l’armée israélienne se tient prête à toute éventualité «parce que les opérations ne sont pas encore terminées». Des bruits de bottes qui «ne font pas peur» au Hamas, a rétorqué un de ses porte-parole à Gaza, Fawzi Barhoum.

Mais malgré les vociférations des deux camps, le médiateur égyptien a annoncé mercredi soir une prolongation pour cinq jours du cessez-le-feu. Depuis, Israéliens et Palestiniens ont quitté Le Caire, où les seconds ont annoncé qu’ils seraient de retour demain soir.

L’Egypte, dont les relations avec le Hamas sont au plus bas, tente d’arracher aux deux parties aux exigences irréconciliables un compromis pour mettre un terme au cycle de violence à sa frontière.

Ses responsables font la navette entre négociateurs israéliens et palestiniens, les premiers réclamant la démilitarisation de l’enclave palestinienne et les seconds faisant de la levée du blocus imposé depuis sept ans par Israël à 1,8 million de Gazaouis une condition sine qua non à tout arrêt des hostilités.

Khalil al-Haya, membre du bureau politique du Hamas, a répété hier les exigences des Palestiniens: «une levée du blocus définitive et permanente» et une ouverture sur la mer, estimant qu’il n’était «pas du droit de l’ennemi de nous priver de notre port».

Il a cependant tenu à souligner qu’il y avait «encore de réelles chances de parvenir à un accord», précisant qu’il fallait pour cela que «l’ennemi cesse de jouer sur les mots». A plusieurs reprises, les Palestiniens ont affirmé que les négociations avaient échoué en raison d’une reformulation de dernière minute opérée les Israéliens.

Les deux parties se sont laissées jusqu’à mardi à 00H01 pour négocier. Un arrêt des hostilités annoncé trois quarts d’heure seulement avant l’expiration de la précédente trêve de 72H.

«Nous avons fini (de discuter de) certaines questions. D’autres questions importantes et fondamentales doivent encore être discutées. Mais même s’il y a une trêve, beaucoup de gens sont encore sous pression, j’en suis», a affirmé Izzat al-Richq, un membre de la direction en exil du Hamas, cité par son mouvement. «Maintenant, tous les regards sont tournés vers les demandes de notre peuple qui doivent être acceptées sans tergiverser».

En fait, les deux parties pourraient se diriger vers un compromis qui confierait à l’Autorité palestinienne, tout juste réconciliée avec le Hamas, la responsabilité des futures négociations et des frontières de Gaza.

Selon un document que l’AFP a consulté, ce que les Egyptiens proposent, c’est avant tout un sursis: après l’obtention d’un cessez-le-feu permanent, ils invitent à de nouvelles discussions dans un mois. Alors seront discutés les principaux points de blocage: l’ouverture d’un port et d’un aéroport et la restitution par le Hamas des corps de deux soldats israéliens tués contre la libération de prisonniers palestiniens.

Le Caire propose enfin que la zone tampon le long de la frontière entre Gaza et Israël soit graduellement rétrécie et placée sous la surveillance des forces de l’ordre de l’Autorité palestinienne. Quant à la levée du blocus, le document égyptien reste vague, se contentant de dire que des points de passage fermés seraient ouverts aux termes d’accords entre Israël et l’Autorité palestinienne.

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