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Poésie

«Sous les Cendres du Silence» de Mohamed Salah Ghrissi.. Pour la tolérance

Mercredi 13 Août 2014
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«Sous les Cendres du Silence» de Mohamed Salah Ghrissi.. Pour la tolérance

Un nouveau recueil de poésie de Mohamed Salah Ghrissi vient de voir le jour. Il s’intitule « Sous les Cendres du silence » et contient 24 poèmes en vers libres et traitant des sujets d’une actualité brûlante, à savoir les conséquences de l’occupation de l’Irak et la Révolution tunisienne : deux événements majeurs qui ont provoqué beaucoup de changements sur le comportement et les mentalités des citoyens aussi bien matériellement que moralement. La poétique et l’esthétique utilisées par l’auteur sont d’une simplicité et d’une clarté faciles à aborder et susceptibles à toucher le lecteur passionné de poésie.

 Certains poèmes sont construits sous forme de complainte où le poète présente l’état des choses que ce soit en Irak ou en Tunisie de l’après-révolution tout en lançant des appels aux propos invitant à l’optimisme et au retour aux situations initiales, normales : un message qui doit avoir son impact dans les cœurs de tous les citoyens. 

 Ce recueil poétique se compose de deux niveaux diamétralement opposés : le premier revêt un aspect qui nous plonge dans le deuil pour le devenir des pays arabes, en l’occurrence l’Irak, et le second aspect consiste envisager l’avenir avec optimisme. En effet, il n’est pas à démontrer que les événements des années écoulées, fortement tragiques et bouleversants, sont profondément ancrés dans la mémoire du poète et l’ont manifestement marqué. C’est ainsi que la totalité des poèmes de ce recueil est empreinte de souffrance et de douleurs, sans pour autant avoir une lueur d’optimisme quant à l’avenir envisagé, puisque on ressent un message d’espoir s’inscrit en filigrane face aux événements tragiques qu’on a vécus : devant de telles situations, inutile d’abdiquer, il faut au contraire chercher à s’aider mutuellement afin de garder espoir et nous réconcilier avec la vie, chose très importante pour les humains. Il est vrai que la blessure est difficile à cicatriser, mais il faut croire en l’avenir.

 On retrouve un appel à l’union et à la tolérance (poème « Missive » p. 14), un poème plein d’espoir « Demain » p.25 où l’on imagine de voir un jour l’Irak renaitre de ses cendres et de revenir à ses jours d’antan, à son passé glorieux. Concernant la Révolution tunisienne, on peut lire : « La Fuite du Tyran » en page 56, « Carthage et le mythe du Feu » en page 67 et la « La Vigne violée », page 81, allusion faite à la mère patrie. De même les répercussions de l’immigration clandestine sont évoquées dans le poème « quand la patrie dévore les siens » p102, dont on peut traduire ce passage : Ô affamés marginaux/ Fantômes vomis par les villes/Transportés par les pirogues de la mort/En pèlerinage vers les pays du nord, en quête d’une patrie alternative/ Il n’y a que le deuil derrière vous et la perdition devant vous…  Le poète évoque également  les jours qui ont suivi la Révolution où des dizaines de nouveaux partis politiques sont nés et qui diffusent leurs manifestes et leurs programmes dans la foule des citoyens qui n’arrivent pas à se décider et ne savent pas à quel saint se vouer, tellement les promesses sont nombreuses, mais creuses et trompeuses, venues de la part des impondérables chefs des partis.

Hechmi KHALLADI

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