Combat au quotidien - Le Temps Tunisie
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2018

L’éditorial

Combat au quotidien

Mercredi 13 Août 2014
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Le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance et avant même l’établissement de la constitution, Habib Bourguiba promulguait le code du statut Personnel. Une révolution, un acte de lèse-majesté peut-être, à une époque où la société était régie par des lois consacrant la suprématie de l’homme et où la femme était considérée comme un être secondaire, juste utile pour « faire » des enfants et s’acquitter des tâches ménagères et des travaux agricoles.

Mais Bourguiba a eu le courage d’aller au bout de ses idées et de celles des réformateurs qui l’ont précédé, de défier les esprits rétrogrades et d’imposer un statut avant- gardiste donnant à la femme la place qu’elle mérite et le rôle qui doit être la sien pour l’essor et le développement de la société où elle vit.

Cette réforme sans précédent dans le monde arabo-musulman et ce changement radical a permis à la femme de recouvrer des droits qu’elle n’espérait pas et d’investir des domaines qui lui étaient interdits.

Une vraie mutation sociale progressiste qui propulse la Tunisie à un rang respectable dans le concert des Nations.

Il faut avouer toutefois que cette mutation ne s’est toujours pas faite sans heurts, ni sans une certaine déviation ou mauvais usage des droits acquis. Ce qui ouvrait une brèche d’où les rétrogrades trouvent l’occasion de s’infiltrer pour critiquer et insinuer une trouvait dépravation de la société.

Ces voix dissonantes ont trouvé en la révolution l’aubaine de se manifester, de critiquer et d’imposer un retour en arrière.

Echec total. Parce que la femme et derrière elle la société civile ne peut céder facilement ou renoncer à des droits acquis au bout d’une longue lutte et d’énormes sacrifices. D’ailleurs la femme a été un élément déterminant dans la réussite de la Révolution. Elle l’était encore plus dans l’avortement des plans rétrogrades. La nouvelle Constitution consolide ses droits sinon lui donne plus.

Sauf que rien n’est définitivement acquis et dans le monde truffé de dangers qui nous entoure la vigilance ne doit pas faiblir et le combat doit rester au quotidien.

Lotfi OUENNICHE