Les impératifs de transparence d’une loi de finances - Le Temps Tunisie
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L'éditorial

Les impératifs de transparence d’une loi de finances

Samedi 9 Août 2014
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Débats trop longs, et usant les nerfs à cause des épanchements passionnels de ceux parmi nos députés qui n’intègrent pas la dimension de l’esprit des lois, et qui s’agrippaient mordicus à ce véritable champ de mines que fut la loi de finances concoctée par le dernier gouvernement de la Troïka.
Au final, le bons sens a prévalu parce que l’argumentaire gouvernemental procède, dans la Loi de finances complémentaire, d’une mise en cohérence destinée à raffermir les équilibres, à rétablir les fondamentaux et à corriger la trajectoire qui s’orientait résolument vers un social quantitatif corrosif, au nom de la correction des disparités et surtout au niveau du pouvoir d’achat et donc de la consommation, levier incontournable, avec la production, de la croissance. Cela répond aussi à un impératif de transparence.
Triomphaliste, le gouvernement Laârayedh versait dans l’optimisme démesuré, affirmant que « sa » loi de finances s’inscrivait dans le long terme. Or Keynes, apôtre du dirigisme d’Etat, se ravisait pour avouer, après s’être rendu compte qu’à elle seule la macro-économie ne saurait faire face aux chocs endogènes et exogènes, « qu’à long-terme nous serons tous morts ».
Cela s’applique à la conjoncture économique difficile de la Tunisie.
Il fallait donc introduire des correctifs urgents, même si beaucoup d’observateurs considèrent que la loi de finances complémentaire est fortement empreinte de prélèvements fiscaux – évoquant la maxime : trop d’impôts tuent l’impôt – et qu’elle pourrait de ce fait aller à l’encontre du but escompté : l’égalité fiscale.
Or la révolution a révélé ce que nous savions déjà. A savoir que la Tunisie était un paradis fiscal et qu’elle s’est transformée en pays d’évasion fiscale. Les biens mal acquis confisqués n’en sont que la face émergée de l’Iceberg.
Sauf que, comme c’est le cas, après toutes les révolutions, des fortunes colossales occultes se forment, indéchiffrables, et dont on ne connaît pas les origines. Et c’est ainsi que dans ce contexte de recrudescence de la contrebande d’amplification tentaculaire du marché informel, est née l’idée de la levée du secret bancaire.
Trop d’argent occulte, trop de blanchiment d’argent et des fonds risquent d’être détournés soit pour corrompre les élections, soit pour être mis à la disposition du terrorisme. Les députés récalcitrants ne sont peut-être pas conscients de ce danger. Il reste que cette Loi de budget complémentaire peut être aussi qualifiée sous cet angle de loi anti-terroriste.

Raouf KHALSI