La BCT s’inquiète.. Le taux de croissance révisé à 2,8% pour l’année 2014 et 3,5% en 2015.. Taux directeur de la Banque centrale, maintenu inchangé - Le Temps Tunisie
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La BCT s’inquiète.. Le taux de croissance révisé à 2,8% pour l’année 2014 et 3,5% en 2015.. Taux directeur de la Banque centrale, maintenu inchangé

Jeudi 7 Août 2014
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La BCT s’inquiète.. Le taux de croissance révisé à 2,8% pour l’année 2014 et 3,5% en 2015.. Taux directeur de la Banque centrale, maintenu inchangé

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) exprime du nouveau ses inquiétudes : les dernières attaques terroristes que le pays a connu récemment, pourraient avoir  des répercussions sur la situation économique  et les équilibres financiers globaux. Lors du son dernier Conseil d’Administration, la BCT lance un appel aux parties concernées  à plus de vigilance pour les contenir. Par la même occasion, la BCT décide de maintenir inchangé le taux directeur de la Banque centrale. Ci- dessous les détails ! 

Croissance de nouveau révisée 

le Conseil a passé en revue les perspectives d’évolution de l’économie mondiale, en examinant les dernières prévisions du Fonds Monétaire International (FMI), publiées à la fin du mois de juillet dernier, signalant un rythme modéré de la croissance économique, surtout dans les pays industrialisés, ce qui a amené le Fonds à réviser ses prévisions du taux de croissance de l’économie mondiale attendue en 2014 de 3,7% à 3,4%, dans un contexte marqué par la montée des tensions géopolitiques et les risques de hausse des prix de l’énergie, alors que le taux de croissance attendu en 2015 a été maintenu à 4%.Sur le plan national, le Conseil a noté la bonne tenue des secteurs de l’agriculture et des  mines, alors que des facteurs de fragilité persistent dans les autres secteurs productifs. En effet, la production industrielle s’est contractée au cours du mois d’avril 2014   (-0,1% en glissement annuel), sous l’effet, surtout, de la baisse de la production des industries non manufacturières, notamment le secteur de l’énergie. De même, l’activité touristique a connu un recul de ses principaux indicateurs au cours du mois de juin dernier, soit -3,3%, en glissement annuel, pour les entrées de touristes étrangers et -4,4% pour les nuitées touristiques, sachant que les dernières données disponibles reflètent une amélioration des recettes du secteur. Suite à ces évolutions, le taux croissance de l’économie tunisienne a été révisé à 2,8% pour l’année 2014 et 3,5% en 2015.

Le déficit courant se creuse encore 

Sur un autre plan, le Conseil a noté la persistance des tensions au niveau du secteur extérieur, avec la poursuite du creusement du déficit courant au premier semestre de l’année en cours, atteignant 5,3% du PIB contre 4,4% sur la même période de l’an passé et ce, suite à la détérioration continue de la balance commerciale, principalement, ses composantes énergétique et alimentaire. Cette situation a contribué à la continuité des pressions sur le niveau des avoirs nets en devises, qui se sont néanmoins consolidés au terme du mois de juillet écoulé  pour atteindre 12.085 MDT ou l’équivalent de 108 jours d’importation à la date du 31 du même mois contre 106 jours au terme de 2013, grâce aux entrées de fonds au titre de l’émission d’un emprunt obligataire d’un montant de 500 millions de dollars avec la garantie du gouvernement américain.

S’agissant de l’évolution des prix, le Conseil a signalé la tendance haussière du niveau de l’inflation depuis le mois d’avril dernier, ayant atteint 6% en glissement annuel au mois de juillet contre 5,7% un mois auparavant, suite surtout à la hausse des prix des produits alimentaires frais. Il en est de même pour l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) qui a connu une accélération, se situant à 4,6% contre 4,2% en juin 2014. A noter  que les dernières données disponibles présageant une poursuite des tensions sur les prix surtout avec l’entrée de la période de grande consommation au cours de la saison estivale et touristique.

 Besoins en liquidités pressants

Lors de l’analyse de l’évolution de l’activité du secteur bancaire, le Conseil a noté les indicateurs positifs relatifs à la consolidation du rythme d’évolution de l’encours des dépôts au premier semestre de l’année en cours (4,3% contre 2% au cours de la même période de 2013), amélioration qui a concerné, en particulier, les dépôts à vue et les comptes à terme et ce, parallèlement à l’affermissement du rythme d’évolution des concours à l’économie durant la même période (5% contre 3,1% une année auparavant), suite à la reprise des crédits à court terme et à la consolidation du rythme d’évolution des crédits à moyen et long termes. Concernant les évolutions monétaires, le Conseil a noté la persistance des besoins des banques en liquidité à des niveaux élevés, ce qui a amené la Banque centrale à intervenir au cours du mois de juillet 2014 afin de réguler le marché à hauteur de 5.489 MDT contre 5.581 un mois auparavant. Corrélativement, le taux d’intérêt moyen sur ce marché est passé de 4,78% à 4,98% d’un mois à l’autre, outre l’effet de la dernière hausse du taux d’intérêt directeur. Sur le marché des changes, le Conseil a enregistré la poursuite de la dépréciation du dinar vis-à-vis du dollar au cours du mois de juillet 2014, atteignant 1,7184 dinar le 31 du mois      (-1,8%), avec une stabilité face à l’euro (2,3031 dinars). Par rapport au début de l’année, la dépréciation a atteint 1,6% contre l’euro et 4,2% vis-à-vis du dollar, étant signalé que le taux de change du dinar a connu récemment une évolution positive en relation avec l’amélioration de la liquidité sur le marché des changes.

Z.D  + communiqué