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Agression israélienne contre Gaza

Une nuit particulièrement terrible

Dimanche 3 Août 2014
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• Israël refuse de participer à des négociations avec le Hamas au Caire

L'armée israélienne a donné hier de premiers signes d'une fin de ses opérations dans des secteurs limités de la bande de Gaza, tout en poursuivant ailleurs un pilonnage qui a encore fait des dizaines de morts.
Pour la première fois depuis le début le 8 juillet de l'opération israélienne, et surtout de sa phase terrestre le 17 juillet, des témoins ont rapporté à un journaliste de l'AFP avoir vu les soldats israéliens se retirer de villages proches de Beit Lahiya (Nord) et de Khan Younès (Sud).
Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé que les civils pouvaient "rentrer en toute sécurité à Beit Lahiya et Al-Atatra", dans l'étroite bande le long de la frontière dans laquelle sont entrés les soldats israéliens, a expliqué à l'AFP une porte-parole de l'armée, laissant entendre que l'armée estime avoir terminé ses opérations dans ces secteurs.
Elle y avait ordonné aux habitants d'évacuer le temps qu'elle mène ses opérations destinées à réduire le danger représenté pour Israël par le Hamas, le mouvement islamiste contrôlant de facto le territoire d'une dizaine de kilomètres de large au maximum.
L'armée israélienne a conseillé aux habitants qui rentreraient "de faire attention aux engins explosifs que le Hamas a disséminés dans la zone".
Un éventuel retour devrait prendre du temps. "Nous ne retournerons pas à Beit Lahiya. Nous avons peur que l'armée nous tire dessus", a expliqué Nadal Salman, 20 ans, qui a perdu deux frères et qui préfère rester dans l'école de Jabaliya, juste au sud, où il s'est réfugié après la destruction de sa maison.
Et le reste de la bande de Gaza était toujours soumis au feu israélien, 24 heures après qu'une illusion de cessez-
le-feu eut volé en éclats.
Dans la seule journée d’hier, au moins 57 personnes ont été tuées rien que dans les environs de Rafah, selon les secours locaux. Depuis l'échec du cessez-le-feu, au moins 114 personnes ont péri dans le secteur, a dit à l'AFP le porte-parole, Ashraf al-Qodra. Quinze des victimes, dont cinq enfants de 3 à 12 ans, appartenaient à la même famille. Des centaines de maisons ont été détruites.
La guerre en cours dans un territoire densément peuplé, ravagé et asphyxié, a coûté la vie à 1.654 Palestiniens, très majoritairement des civils, selon M. Qodra. Côté israélien, 63 soldats et 3 civils ont été tués.
Les environs de Rafah en particulier ont subi un déluge de feu après la disparition, vendredi matin, du sous-lieutenant israélien Hadar Goldin.
Selon l'armée israélienne, le soldat de 23 ans a probablement été capturé vendredi matin lors d'une opération de destruction de tunnel.
Pour Israël, la capture d'un de ses soldats est le casus belli par excellence.
L'armée a assuré avoir poursuivi sa mission contre le Hamas, frappant 200 cibles en 24 heures: tunnels, fabriques d'armes, dépôts, centres de commandement.
Mais elle a dans le même temps continué à fouiller le secteur de Rafah à la recherche du soldat. Tout en disant ignorer son sort, elle ne parle pas formellement d'enlèvement puisque
"personne ne l'a revendiqué", selon son porte-parole.
La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a assuré ne pas disposer d'informations sur le soldat, tout en revendiquant l'implication de ses combattants dans l'embuscade qui aurait mené à sa capture.
Pour elle, le soldat a peut-être été tué en même temps que des combattants
palestiniens.
La rupture de la trêve de vendredi et la disparition du soldat israélien ont compliqué la recherche d'un cessez-le-feu.
Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de son allié le Jihad islamique et du Fatah était attendue hier soir au Caire pour tenter de relancer l'effort de pause dans les combats.
Ces discussions prévues avec des médiateurs égyptiens et associant les Américains étaient programmées vendredi
à la faveur de la trêve annoncée. Elles ont été différées avec les événements de Rafah.
Mais selon la presse israélienne, le cabinet israélien a décidé de ne pas envoyer de délégation au Caire, refusant de traiter même indirectement avec un Hamas considéré comme indigne de confiance.
Le président américain Barack Obama, dont le pays est le principal allié d'Israël, comme le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon ont eux aussi clairement remis en question la crédibilité du Hamas, qu'il ait ou non commandité la capture de Goldin, après l'éclatement du cessez-
le-feu. M. Obama a dénoncé les agissements "incroyablement irresponsables" du Hamas, mais a aussi réaffirmé à l'attention d'Israël la nécessité de veiller davantage à ce que les populations civiles soient épargnées.
Mais l'obtention d'une nouvelle trêve sera "très difficile (...) si les Israéliens et la communauté internationale ne peuvent pas avoir confiance" dans les engagements du Hamas, a-t-il dit.
Le Congrès américain a approuvé quant à lui vendredi le versement en urgence de 225 millions de dollars pour réapprovisionner en missiles le système Iron Dome protégeant Israël contre les missiles palestiniens. La mesure est soumise à l'approbation de M. Obama

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