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Agression israélienne contre Gaza

Trêve mort-née, nouveau bain de sang, un sous-lieutenant israélien capturé

Samedi 2 Août 2014
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La trêve entre Israël et le Hamas a volé en éclats hier dans la bande de Gaza quelques heures seulement après son entrée en vigueur, pulvérisée par un nouveau bain de sang et le probable enlèvement d’un soldat israélien, casus belli par excellence pour Israël.
Le cessez-le-feu entré en vigueur à 8H00 locales (5H00 GMT) et censé durer 72 heures, notamment pour réapprovisionner la population durement éprouvée et lui permettre d’enterrer ses morts, n’aura pas tenu deux heures.
Les chances d’une trêve durable semblent désormais plus éloignées que jamais, après la probable capture par l’ennemi d’un sous-lieutenant de 23 ans, Hadar Goldin, et la mort côté palestinien d’au moins 27 personnes dans des tirs d’artillerie israéliens près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza dévastée et asphyxiée, selon les secours locaux.
Deux soldats israéliens ont été tués au cours de l’affrontement qui aurait conduit à la capture du sous-lieutenant Goldin près de Rafah, dans le sud de l’enclave palestinienne, selon l’armée israélienne.
Israël et le Hamas se sont renvoyé la responsabilité du nouvel échec de cette trêve, la première pourtant que les deux camps avaient acceptée depuis le début des hostilités le 8 juillet.
Selon l’armée israélienne, des soldats engagés dans la destruction d’un tunnel du Hamas près de Rafah ont été attaqués par des «terroristes» sortis de terre.
Un kamikaze s’est fait sauter, a rapporté le porte-parole de l’armée, Peter Lerner, ajoutant que les premiers éléments «indiquent qu’un soldat a été enlevé» dans l’affrontement, ce qui, pour Washington, serait une violation «barbare» du cessez-le-feu.
Dans la foulée et une grande partie de la journée, le secteur de Rafah a été soumis à d’intenses bombardements qui ont tué au moins 27 personnes. La plus grande confusion y régnait, les secours s’employant comme ils pouvaient à essayer de récupérer les blessés et les morts, ont indiqué des correspondants de l’AFP.
L’armée israélienne a prévenu les habitants qu’ils devaient rester chez eux en appelant leurs portables selon un mode opératoire éprouvé. «L’armée poursuit des éléments terroristes à Rafah», dit le message, laissant entendre des opérations au sol, peut-être pour tenter de retrouver Hadar Goldin.
La capture d’un de ses soldats est une ligne rouge pour Israël. Le rapt en juin 2006 du soldat franco-israélien Gilad Shalit avait déclenché cinq mois d’opérations militaires dans la bande de Gaza. Le soldat Shalit avait été libéré en octobre 2011 en échange d’un millier de prisonniers palestiniens.
Interrogé sur le fait que la trêve était terminée, le porte-parole de l’armée israélienne a répondu par l’affirmative peu avant 14H00 locales. L’armée a promis des «actions fortes en réponse à l’agression du Hamas et des autres organisations terroristes dans la bande de Gaza».
Pour le porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhum, «c’est l’occupation (Israël) qui a violé le cessez-le-feu». «La résistance palestinienne a agi au nom de son droit à l’autodéfense pour arrêter les massacres de notre peuple», a-t-il ajouté. Selon un responsable du Hamas au Caire, son organisation n’a pas mené d’opération après le début du cessez-le-feu.
Des négociations étaient censées s’engager hier au Caire pour que le cessez-le-feu puisse durer plus longtemps que les précédentes trêves, unilatérales, dans un conflit dévastateur qui, en 25 jours, a coûté la vie à environ 1.500 Palestiniens, en grande majorité civils, ainsi qu’à au moins 63 soldats et trois civils côté israélien.
L’Egypte a informé les responsables palestiniens qu’elle repoussait les négociations après qu’Israël l’a informée de la capture d’un de ses soldats, a indiqué un responsable du Jihad islamique, organisation qui devait prendre part à cet effort de négociation.
Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de son allié du Jihad islamique et du Fatah se rendra quand même au Caire samedi «quelles que soient les circonstances», a indiqué depuis Ramallah (Cisjordanie) le président palestinien Mahmoud Abbas dans un communiqué.
Avant même d’entrer en vigueur, le cessez-le-feu avait été précédé pendant deux heures par des bombardements intenses et des tirs de roquettes.
L’opération militaire «Bordure protectrice» déclenchée le 8 juillet dans les airs et étendue au sol le 17 vise à faire cesser les tirs de roquettes du Hamas et du Jihad islamique et les attaques menées en Israël par des commandos infiltrés par des tunnels.
Depuis le début des opérations, le Hamas a tiré au moins 2.968 roquettes sur Israël, selon l’armée israélienne.
La population de Gaza, prise au piège des bombardements, est «au bord de la rupture», selon l’Agence onusienne pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNWRA), qui accueille 230.000 réfugiés dans des conditions de précarité extrêmes dans 85 centres à Gaza.
Cette guerre est au moins aussi meurtrière que «Plomb Durci» (2008-2009), qui était déjà censée mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas.
Les pertes de l’armée israélienne, elles, sont les plus lourdes depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.
Des manifestations sporadiques en soutien à Gaza ont éclaté dans les grandes villes de Cisjordanie occupée. Un Palestinien a été tué par les forces de sécurité israéliennes à Tulkarem, près de Naplouse (nord).

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