Manœuvres suspectes - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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Sep.
24
2018

L’éditorial

Manœuvres suspectes

Samedi 2 Août 2014
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Chafik Sarsar et l’ISIE sont pris à leur propre jeu de « sympathies » et, finalement, à leur jeu de connivences. Le président de l’instance qui devra réguler les élections et leur assurer les meilleures conditions d’engagement et de succès, s’insurge contre les critiques qui fusent de partout et qui ne sont pas toutes non fondées. Ce n’est que maintenant qu’il a jugé la date d’ouverture des inscriptions ( le 23 juillet) tardive et « bousculée ».
Mais il manque de franchise sans doute pour ne pas écorcher certaines sensibilités. Pourquoi ne pointe-t-il pas le doigt vers l’ANC laquelle, sous l’emprise du bloc d’Ennahdha auquel s’ancrent les alliés chroniques au sein de la défunte / future Troïka ? aura tout fait pour étirer le coup d’envoi des inscriptions ?
On pourra objecter qu’il fallait d’abord produire la constitution et qu’en son sein on devait aussi fixer les dates des élections. Dans une démocratie naissante, la date de la campagne des inscriptions, selon les règles techniques, devait être aussitôt fixée. Ce ne fut pas le cas.
Plutôt les forces occultes qui, entendant façonner nos vies au sein de l’hémicycle, se sont évertuées à donner le temps à leurs partisans d’entreprendre et d’intensifier leurs campagnes électorales avant terme. Conditionnement des électeurs avant d’aller aux urnes, travail d’embrigadement, corruption des âmes : cela prend un minimum de temps.
Et puis hop ! Les bureaux des inscriptions s’ouvrent le 26 juin.
Canicule, séance unique, rampée du Ramadan, démobilisation populaire parce qu’on exècre la politique et surtout le syndrome terroriste. Depuis, de délai en délai, à coups de mièvres comptabilités, les Tunisiens ressentent comme l’impression peu grisante qu’ils sont conditionnés pour ne pas voter, justement surtout avec ces slogans creux et abrutissants.    

Raouf KHALSI