Un jour, sur la plage - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 14 Octobre 2018

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Un jour

Un jour, sur la plage

Dimanche 27 Juillet 2014
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Un drame que le temps n’a pu effacer. Un cauchemar vécu par l’inculpé depuis qu’il avait l’âge de sept ans. Il vivait dans une grande maison en famille composée de ses propres parents, de son oncle marié et père d’enfants, une  tante également mariée.
 Le jeune garçon avait l’habitude de jouer et de se distraire avec son cousin paternel qui était à l’époque plus âgé que lui. Des fois ils s’évadaient à la plage de Boukornine pour respirer l’air frais et courir sur la plage. Une distraction  que vivaient généralement les jeunes habitants des villes côtières. Le jeune se rappelle qu’un jour il a été contraint par son cousin de subir le pire des actes. Un attentat à la pudeur. Son cousin a profité de son  jeune âge sans défense pour le violer.
   Cette scène n’a jamais voulu quitter la mémoire de l’inculpé, bien que son cousin soit devenu beaucoup plus proche de lui en épousant sa sœur mais n’empêche que la blessure n’a jamais été cicatrisée. C’est que l’inculpé avait pris rendez vous avec l’histoire en décidant qu’un jour il se vengera de celui qui a souillé son honneur.
         Les années sont passées, le petit garçon a grandi. Etant devenu le beau frère de son cousin, il a pris l’habitude de partager avec lui quelques verres dans un dépôt situé derrière la maison. Le mal rongeait l’inculpé, il tenait à rappeler son cousin de son abus de confiance et de lui avoir fait subir le pire des sévices, il voulait le tabasser très fort, il voulait le faire souffrir et le regarder implorer son pardon. Il voulait une vengeance à la même échelle que l’acte qu’il avait commis.
 Un jour en sortant de chez lui, une voiture l’a percuté. Il a été amputé d’une jambe. Ainsi il s’est vu encore amoindri. Il n’arriverait jamais à avoir le dessus contre un type de forte musculature.
 Un jour alors qu’il était dans un kiosque à essence, il a croisé son cousin et beau frère. Après les salutations, le cousin lui a proposé de passer chez lui passer de bons moments autour de quelques verres. C’est ce qu’attendait l’inculpé. Il a promis d’amener avec lui la dotation habituelle en vin et bière.
  C’est donc vers midi qu’il s’est rendu  chez sa sœur. Elle l’a accueilli à bras ouvert. Son époux lui a demandé de lui donner à déjeuner.
   L’inculpé a donc demandé à son cousin beau frère de se rendre au dépôt habituel pour boire quelques verres car il a amené une bonne dotation avec lui.
L’inculpé était décidé à mettre fin à son calvaire. La raison est que à part la haine profonde qu’il vouait à son beau frère et qui demeure cachée en son fort intérieur, il a su par des tiers que son cousin faisait circuler aux habitants de la ville  que son beau frère est homo et il n’a pas caché de parler de cet acte. Ils ont trop bu et au cours de la conversation l’inculpé a demandé à son cousin s’il se rappelle de ce qui s’est produit un jour lorsqu’il avait sept ans, la réponse était claire. Oui je me rappelle t’avoir contraint à me céder et j’ai obtenu de toi ce que je voulais en te forçant à le faire !!!
Cette réponse était le déclenchement de l'agression. L’inculpé a brisé une bouteille en deux et a cogné son cousin. Il lui a asséné un coup qui a atteint la nuque. Le sang a jailli et petit à petit le cousin perdait connaissance car l’hémorragie était forte. Il l’a trainé à l’extérieur du dépôt et l’a déposé près d’une conduite d’eau usée. Il a brisé toutes les bouteilles et a commencé a taper dans plusieurs endroits du corps. Des blessures profondes qui n’ont laissé aucune chance à la victime. Il est vite passé de vie à trépas.
Tandis que son mari se soulait avec son frère au dépôt, l’épouse de la victime regardait une série de télé. Son fils est venu lui demander où se trouve son père elle lui a dit qu’il est au dépôt mais au même moment des voisins sont arrivés chez elle pour l’informer que son mari a été trouvé mort près d’une conduite d’eau.
Alertés par des tiers, les agents de la brigade des recherches et investigations se sont déplacés sur les lieux accompagnés du juge d’instruction qui, après avoir effectué les constats d’usage, a ordonné l’ouverture d’une enquête. Le cadavre a été transporté à la morgue pour autopsie et l’enquête a été confiée aux inspecteurs de la brigade criminelle.
Arrêté, l’inculpé a avoué son crime donnant les raisons qui l’ont poussé à le commettre. Il est actuellement interrogé et l’enquête se poursuit.
Il sera traduit devant une chambre criminelle du tribunal de Tunis pour répondre de crime prémédité.

AA