Ceux qui se sacrifient ; et ceux qui se la coulent douce - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 11 Novembre 2018

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13
2018

L'éditorial

Ceux qui se sacrifient ; et ceux qui se la coulent douce

Samedi 26 Juillet 2014
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Ils sont déjà par dizaines de milliers entre armée et forces de sécurité intérieure à être sur le pied de guerre contre une menace terroriste latente et même vérifiée pour les jours de l’Aïd. Aucun officier, aucun soldat, aucun élément des forces sécuritaires ne bénéficiera de permission pour la fête. Grand sacrifice en cette période de guerre ouverte qu’a déclarée le terrorisme à la Tunisie, mais un sacrifice inéquitablement partagé.
Où en sont les partis politiques et la classe bien-pensante de tout cela, alors même que bien des leaders de partis sont menacés d’être assassinés ? Et cette honteuse apathie, cette nonchalance des travailleurs dans tous les secteurs, ce qui ruine les indices de croissance dès lors qu’il n’y a pas de production et qu’il n’y a pas de productivité non plus ? Et les édiles de l’ANC qui font s’étirer le temps, s’improvisant financiers et économistes pour faire obstruction à la loi de finances complémentaire et manifestant,
en même temps, une mauvaise volonté avérée dans l’examen et l’adaptation de la loi anti-terroriste, dont le bloc d’Ennahdha ne veut pas ?
Ni les assassinats politiques, ni les carnages répétés de nos vaillants soldats, ni encore la descente aux enfers de l’économie nationale (alors que la société devient violente et névrosée),
rien de tout cela n’a pu sceller l’union nationale face au péril terroriste. L’Etat n’a pas attendu que les Tunisiens aient un sursaut qui ne viendra jamais, ou qui ne se meuve que lors des célébrations, désormais mondaines des assassinats, pour décréter une veille sécuritaire à son plus haut niveau. Les services de renseignements auraient, en effet, eu vent d’un plan d’actes terroristes, visant des personnalités, les édifices sécuritaires dans certains centres dans les agglomérations. Le redéploiement sécuritaire
brasse, désormais, tous les points névralgiques visés par le terrorisme, à commencer par le Chaâmbi et les villes adjacentes et plus particulièrement au niveau de nos frontières avec la Libye et l’Algérie. Tout cela, se fait, alors que nous dormons sur nos lauriers. Des enfants de la patrie ont juré de donner leur vie, alors que nous, nous continuons à nous la couler douce. Pourquoi se déranger au fond : l’Etat fait la sécurité pour nous, sinon nous l’accuserons
d’incompétence. Et les leaders politiques façonneront notre avenir à notre place. Vive la Révolution.

Raouf KHALSI