Pour qui roule Chafik Sarsar ? - Le Temps Tunisie
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L’éditorial

Pour qui roule Chafik Sarsar ?

Samedi 26 Juillet 2014
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Chafik Sarsar ne peut pas éternellement se draper de la Constitution, ni des prérogatives inhérentes à sa fonction à la tête de l’ISIE (fonction qu’il aura vite fait de transformer en attributs), pour ne pas prendre en considération des revendications de presque tous les partis (sauf Ennahdha, bien sûr), consistant à proroger les délais d’inscription aux élections. A croire que la mécanique des ordinateurs, programmés pour voter pour nous, est souveraine et qu’elle ne doive pas être reprogrammée.
C’est justement au bout de plusieurs semaines de revendications, d’implorations, de suppliques  même que l’ISIE a daigné proroger le délai jusqu’au  29 juillet. Une semaine de plus. Tout juste ça. Et, de surcroît, la semaine où le peuple connaît un grand  redéploiement et une forte migration à travers le territoire, avec la fin de Ramadan et les fêtes (longues jonchées de ponts) de l’Aïd.
Non seulement il n’y a pas eu de campagnes – réelles – de sensibilisation populaire aux élections, mais la période y afférente est tombée au mauvais moment : été, canicule, démobilisation ramadanesque, séance unique, consulats presque toujours fermés à l’étranger…
A la limite, Kamel Jendoubi, président de l’ISIE en 2011, avait montré bien plus de dextérité  que n’en ait manifesté Chafik Sarsar.
Du coup, cette indolence, cette apathie et ce choix de dominer le paysage politique confus depuis sa tour d’ivoire, lui valent de sérieuses réserves formulées par bien des observateurs tunisiens et étrangers.
Et l’interrogation majeure n’a pas manqué : « pour qui roule Chafik Sarsar ? ».
Les présomptions convergent toutes vers Montplaisir.
Jusque-là, la physionomie de la campagne d’inscriptions conforte l’électorat acquis d’Ennahdha. Les adeptes de celle-ci ne changeront pas de « conviction » - même si le rachat des âmes faibles et démunies n’y manque pas.
Et alors, à coups d’entourloupettes, de bureaux qui s’ouvrent quand il n’y a personne et qui ferment quand il y a du monde, d’horaires rigides et impraticables, l’ISIE cultive bien le métabolisme des Nahdhaouis… Chafik Sarsar  est content : il ira au « paradis ».

Raouf KHALSI